Gabriel Tremblay et une employée

Gabriel Tremblay: le travail c'est le bonheur

«Je ne sais pas quelle cellule fait en sorte que j’ai ça dans le sang, ça doit venir de ma mère qui a toujours aimé aider les autres.» C’est ce que répond le patron du Groupe TAQ lorsqu’on lui demande d’où vient sa motivation à travailler avec des employés souffrant de handicaps.

Alors qu’il a commencé sa carrière en tant que fonctionnaire, Gabriel Tremblay s’est rendu compte rapidement que sa vocation devait être orientée vers une cause sociale.

«Quand j’ai vu qu’une entreprise adaptée de Mont-Joli se cherchait un directeur général et que c’était une entreprise à des fins sociales, je me suis dit : “Wow c’est ça que je veux!”», lance M. Tremblay en parlant de son emploi chez Centrap.

Depuis maintenant cinq ans qu’il est à la tête du Groupe TAQ, M. Tremblay se fait un devoir d’aider les personnes handicapées à intégrer ou réintégrer le marché du travail.

«De voir leur sourire ça fait ma journée et la leur aussi. Ce sont des gens qui, toute leur vie, avant de venir ici, ont été marginalisés et mis à l’écart à l’école. Mais quand ils viennent ici, on les respecte et toute l’équipe d’encadrement est formée à ça. Je pense à ça en me couchant, j’apporte des idées et j’ai vraiment ça dans le sang et c’est passionnant.»

Il a été naturel pour lui de sortir publiquement pour dénoncer la décision controversée de Walmart de mettre fin abruptement à un programme d’intégration au travail pour personnes handicapées.

Confiance et respect

En plus d’avoir réussi à améliorer les performances de son entreprise, il a établi des liens de confiance avec des partenaires commerciaux très forts, incluant la Maison Simons, Chocolat Favoris et Biscuits Leclerc. Des partenaires qui font non seulement confiance au Groupe TAQ, mais aussi à son personnel.

S’il convient qu’il n’est pas toujours facile pour chaque entreprise d’implanter des mesures pour encadrer les personnes handicapées, M. Tremblay souhaite voir plus d’entrepreneurs emboîter le pas en recrutant davantage ce type de personnel.

«Quand on rencontre un client le jour 1, on leur fait un plan d’affaires leur montrant qu’on peut livrer la marchandise. Dès qu’on fait nos preuves et qu’ils réalisent qu’on fait un travail impeccable et qu’on comble leur problème de personnel, il y a un effet boule de neige et la confiance est renforcée.»

La productivité de ses employés, il la doit en grande partie, selon lui, au respect qu’il leur accorde et à la relation de proximité qu’il entretient avec eux.

Répondre à la pénurie de main-d’œuvre

Dans une situation de plein emploi, la région de Québec souffre d’une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.

Gabriel Tremblay est convaincu qu’une partie de la solution passe par une intégration accrue des personnes handicapées sur le marché du travail.

S’il est conscient que certaines d’entre elles ne peuvent pas travailler, il estime que si 10 % de plus décrochent un emploi, ce sera un pas dans la bonne direction.

En attendant le jour où ces personnes seront mieux intégrées dans le marché du travail, Gabriel Tremblay continuera d’offrir le plus d’emplois possible au sein de son entreprise, qui déménagera dans de nouveaux locaux prochainement.

Il s’est d’ailleurs engagé à recruter 150 employés handicapés de plus d’ici cinq ans.

Un objectif ambitieux, de son propre aveu, mais qui l’aide à être toujours plus motivé au travail.