Dès son arrivée comme directrice générale, Elisabeth Farinacci a jugé essentiel de revoir l'image des Grands Feux, qui avaient «perdu leur âme».

Elisabeth Farinacci: briller de tous ses feux

De toute évidence, Elisabeth Farinacci ne semble pas être femme à faire les choses à moitié. Ainsi, après avoir accepté en début d'année de prendre les rênes des Grands Feux Loto-Québec, s'est-elle inscrite à un cours d'artificier, histoire de bien saisir les rouages d'un spectacle pyrotechnique. «J'avais besoin de comprendre», glisse-t-elle.
La relation entre les Grands Feux et la Marseillaise d'origine tient de «l'histoire d'amour». Mais comme c'est parfois le cas avec une longue relation de couple, il a fallu ranimer la flamme, explique-t-elle. «Une sorte de reconquête» s'imposait entre la population et les Grands Feux.
Installé depuis 1995 à la chute Montmorency, l'événement avait souffert au fil des ans d'un déficit d'exposition. Les spectateurs le découvraient souvent «par hasard», en roulant sur l'autoroute Dufferin-Montmorency.
Après le déménagement entre les deux rives, où les feux sont maintenant tirés depuis une barge retenue par deux remorqueurs, s'est imposé cette année le concept de soirées musicales où la danse était reine sur les quais. Disco, musique traditionnelle, country, hip-hop, danse sociale et latino, tous les styles ont été à l'honneur pendant trois semaines, à la place des Canotiers et au quai Paquet de Lévis.
Accroître la notoriété
Arrivée au Québec il a 17 ans, la mère de trois enfants a travaillé dans quelques agences de publicité, dont la firme Cossette, avant de se retrouver aux relations de presse pour les Fêtes du 400e de la Ville de Québec, en 2008, «l'événement qu'on a d'abord détesté, puis adoré».
Un an plus tard, et jusqu'en 2017, on la retrouve à l'Université Laval, où elle travaille à développer «l'image de marque» de l'établissement, au sein du service des communications. Lorsqu'un chasseur de têtes l'approche pour la direction des Grands Feux, elle réfléchit un moment. Même si elle apprécie son travail sur le campus, elle ne se sent pas «suffisamment heureuse» pour continuer. Un changement de cap s'impose. «Si on ne m'avait pas approchée, je n'aurais pas postulé pour le poste. Je ne m'étais jamais considérée comme une directrice générale, mais il y avait un intérêt.»
Dès son arrivée, elle considère essentiel de revoir l'image des Grands Feux, qui avaient «perdu leur âme». Le lien avec la population semblait «très superficiel», explique-t-elle. «Il fallait accroître leur notoriété, les remettre sur la map afin qu'ils deviennent incontournables.»
Plusieurs chapeaux
Forte d'un budget de 1,6 million $, la nouvelle directrice générale a dû cependant composer avec seulement 200 000 $ supplémentaire pour l'implantation de la nouvelle formule de six spectacles pyrotechniques avec thématiques dansantes. «J'ai coupé dans tout ce que je pouvais. J'ai fait le pari d'enlever beaucoup de fournisseurs.»
La directrice générale éprouvait «une très forte intuition» que la proposition plairait au public, mais pour en être certaine, elle a choisi de s'entourer de personnes «meilleures que moi dans leur domaine». 
L'effort a été gigantesque - «J'ai fait en six mois ce que j'avais fait en deux ans au 400e» - et les chapeaux, nombreux à porter, mais en fin de compte, le résultat a été au rendez-vous, lance-t-elle fièrement. «C'était la condition sine qua non pour que ça marche», ajoute Mme Farinacci, soulignant au passage l'implication des membres de son équipe, la gestionnaire d'événements Karen Vallée, le directeur des opérations maritimes Richard Hébert, le metteur en scène Richard Aubé et le conseiller artistique Nicolas Bégin.
«On ne pourra jamais revenir en arrière, il faut avancer. Nous avons créé une machine et il faut maintenant la nourrir», termine-t-elle.