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Depuis 15 ans, Denis Lessard vient en aide aux gens dans le besoin avec la Croix-Rouge.
Depuis 15 ans, Denis Lessard vient en aide aux gens dans le besoin avec la Croix-Rouge.

Denis Lessard: 15 ans d’adrénaline, 15 ans au service des gens

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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La pandémie a permis de braquer les projecteurs sur plusieurs travailleurs de l’ombre dont l’engagement se veut essentiel. Avec la présentation du lauréat du mois d’avril, place à un autre groupe d’anges gardiens.

«La Croix-Rouge était présente sur les lieux pour venir en aide aux sinistrés.» Voilà la phrase dédiée à ces bénévoles lorsque les journalistes racontent les interventions des pompiers de Québec. 

Pourtant, «venir en aide aux sinistrés» représente un travail plus qu’essentiel. D’abord, les bénévoles de la Croix-Rouge offrent un toit, des vêtements et une aide alimentaire pour les 72 heures suivant le sinistre. Ils font aussi beaucoup plus : ils rassurent, réconfortent et ils accompagnent les victimes dans le drame.

«On nous connaît de plus en plus. On sait qu’on est là. Mais on ne court pas après ça, on est là pour aider les gens», indique Denis Lessard. 

La Croix-Rouge a souligné les 15 ans d’implication de M. Lessard tout récemment. Si l’aventure a commencé par une envie d’être occupé après la retraite, le lien entre cet homme de Québec et l’organisme international est devenu plus fort au fil des ans. 

Denis Lessard est le superviseur responsable de toute l’équipe de la Capitale-Nationale pour la Croix-Rouge. En 2019, le gouvernement du Québec lui a décerné l’Attestation de reconnaissance de l’engagement bénévole. La Croix-Rouge canadienne lui a aussi remis le prix du Service méritoire exceptionnel.

«On ne s’attend pas à ça, la Croix-Rouge a beaucoup de reconnaissance envers ses bénévoles, mais c’est à l’interne. Ça fait donc chaud au cœur.»

Passion : aider les gens

Le premier service offert par les bénévoles de la Croix-Rouge est le réconfort. 

«Qu’on soit très riches ou démunis, quand notre maison prend en feu, on est en état de choc. Le réconfort est important.» 

Les victimes sont d’abord accueillies dans un autobus du RTC, qui devient une maison temporaire. Les bénévoles observent et écoutent, ils font ensuite le suivi auprès des ambulanciers et des pompiers. 

«Dans un incendie, il faut comprendre que les sinistrés n’ont plus de clés de voiture, plus de portefeuille. Ils perdent leur identité. On est là pour les aider à la retrouver», explique M. Lessard.

Les intervenants en services sociaux sont aussi souvent contactés pour une question de santé mentale ou bien pour des personnes âgées qui ont besoin de services particuliers. 

«La Croix-Rouge ne nous envoie pas sur le terrain comme ça, on a des formations pour adresser les sinistrés, comment analyser leurs besoins. On dit souvent que c’est un bénévolat extrême. On est sur appel et on peut sortir n’importe quand. Ce n’est pas pour tout le monde», confie M. Lessard.

Lui, cet horaire atypique, cette gestion de crise et toute l’adrénaline qui vient avec, ça lui convient. Denis Lessard n’a pas peur des températures extrêmes de l’hiver ni des courtes nuits. 

«Il faut gérer les impondérables et l’inconnu. On a des formations, mais c’est un modèle de base, 80 % de ce qu’on fait, ça change chaque fois. Il faut savoir porter les responsabilités sur nos épaules.»

Denis Lessard en action pendant un incendie à Québec

D’ailleurs, cette nomination comme lauréat du mois, il la partage aussi avec ses collègues, avec toute son équipe. 

«J’ai toujours recherché l’action. J’ai toujours été quelqu’un de terrain, pour répondre aux besoins des gens. C’est ce que je retrouve dans la Croix-Rouge. On m’a donné la chance de gravir les échelons et je l’ai prise», exprime le bénévole. 

Son titre de superviseur l’a amené à intervenir lors de sinistres à l’extérieur de Québec. M. Lessard a notamment dirigé un centre d’hébergement d’urgence lors des feux de forêt à Wemotaci en 2010. Il était également de l’équipe d’intervention de la Croix-Rouge lors des inondations de 2011 en Montérégie et à Saint-Marthe-sur-le-Lac en 2017. 

M. Lessard a aussi été envoyé à Calgary, lors des inondations de 2013. Cette expérience, bien qu’elle soit enrichissante, a fait en sorte qu’il était indisponible pour l’une des plus grandes tragédies du Québec : l’accident ferroviaire de Lac-Mégantic.

«J’aurais aimé aider les gens de chez moi… ça fait un petit pincement au cœur. Mais c’est correct, on avait besoin de moi ailleurs. On a les mêmes principes à travers le pays. On m’a donné des tâches dans l’Ouest canadien, qui étaient sensiblement les mêmes qu’au Québec», confie-t-il. 

Une dernière réalisation notable : M. Lessard était de l’équipe envoyée en Haïti, plusieurs mois après les tremblements de terre qui ont saccagé le pays. 

«On fait autant de bien à l’autre bout du monde. C’est la reconnaissance internationale de la Croix-Rouge qui m’attire. Ce n’est pas un service matériel. On aide les personnes et les communautés dans le besoin, partout.»

La plus belle paie

Les sinistrés qui viennent dire «merci», ça représente la plus belle paie pour cette équipe de bénévolat extrême. 

«Les animaux aussi, les gens y tiennent. On a des situations ou c’est extraordinaire... On fait le lien avec les pompiers et quand on leur ramène leur animal, on voit le bonheur, c’est incroyable. Ça donne des larmes. On prend ça à cœur. Ma paie, c’est ça. Les larmes de bonheur malgré le désastre. Un brin d’espoir.»

Lorsque les pompiers remballent les équipements, ils disent merci. Les enquêteurs du Service contre l’incendie de Québec connaissent les bénévoles aussi, ils travaillent souvent ensemble. Les policiers leur confient des tâches. Cette reconnaissance du milieu se veut aussi gratifiante pour l’équipe de la Croix-Rouge.