Clémence Dallaire a reçu l’Insigne du mérite, la plus haute distinction décernée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Clémence Dallaire: l’influence sur la pratique infirmière

Clémence Dallaire affirme d’entrée de jeu qu’elle ne se destinait pas à la carrière d’infirmière. C’est une religieuse augustine au pensionnat de Roberval qui l’a convaincue de choisir cette voie.

«La religieuse, hospitalière et infirmière elle-même, m’a dit, lorsque j’étais à la fin du secondaire, de m’inscrire au cégep général, puis de faire un baccalauréat en sciences infirmières. Je l’accompagnais déjà dans son travail aux archives médicales et dans les soins. Elle était convaincue que j’aurais plus de possibilités en passant par l’université et que j’aurais une très belle carrière», raconte-t-elle en entrevue depuis le Brésil, où elle participe à un programme de formation des infirmières.

Les faits lui donnent raison, car Mme Dallaire vient d’être honorée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec pour sa contribution aux sciences infirmières dans l’enseignement, la recherche et la gestion des soins infirmiers, autant à l’échelle provinciale, nationale et internationale.

L’Insigne du mérite, la plus haute distinction décernée par l’Ordre des infirmières, est «une belle récompense», souligne Mme Dallaire. «Lorsque j’examine ma carrière, je constate que j’ai pu faire avancer la science et la théorie. Comme infirmière, je pouvais avoir une influence déterminante sur cinq ou six personnes dans une journée. Mais dans l’enseignement et dans la recherche, cette influence positive sur la pratique a été beaucoup plus étendue.»

Enseignement

Après ses études à l’Université Laval, où elle enseigne et supervise une douzaine d’étudiants au doctorat, elle a commencé sa carrière en santé mentale à l’hôpital Robert-Giffard. Travaillant de soir, en dehors du brouhaha de la journée, elle découvre à quel point elle peut aider les patients à se prendre en main et à se donner des moyens de sortir de leur situation d’angoisse et de détresse morale.

Elle ira par la suite à l’hôpital du Saint-Sacrement à l’unité coronarienne, puis aux urgences de nuit. En même temps, toujours attirée par la théorie, elle s’inscrit à la maîtrise à McGill, car, se souvient-elle, «les gens d’influence dans la profession étaient passés par cette institution». Sa maîtrise portant sur la situation des personnes âgées et le maintien à domicile se poursuivra jusqu’au doctorat. 

Entre ces deux épisodes, Olive Goulet, l’une des directrices et des fondatrices de la Faculté des sciences infirmières, lui conseillait de venir enseigner à l’université. «Je disais toujours non. Mais le jour où j’ai dit oui, j’avais un contrat de travail sur mon bureau», relate-t-elle. Enseigner nécessitait l’obtention du doctorat.

«J’ai toujours aimé étudier la théorie concernant les soins», dans le but de transmettre le tout dans les bonnes pratiques sur le terrain. Elle donne un exemple tiré de son expérience avec son père âgé et paralysé. Son expérience comme praticienne lui sert et lui permet de peaufiner la théorie pour qu’elle soit appliquée sur le terrain pour les autres cas semblables.

Lorsqu’on lui a remis son prix de l’OIIQ, on notait que «ses recherches et écrits constituent un apport significatif à l’avancement des soins infirmiers et à la notoriété de la profession. Ils intègrent les enjeux philosophiques, scientifiques, sociopolitiques, culturels et organisationnels de la profession, et font de Clémence Dallaire une source d’inspiration pour des générations d’infirmières et infirmiers, de gestionnaires et de chercheurs à travers le monde».

Doyenne de la Faculté des sciences infirmières pendant un mandat, elle préférait «développer [s]es talents d’enseignante et de chercheure pour le transfert des connaissances». Elle continue ses engagements au pays et à l’étranger, notamment par des formations comme celles qu’elle a données au cours des derniers jours au Brésil.