Entrepreneure, Annick Kwetcheu Gamo participe à la Table de concertation du mois de l’histoire des Noir.e.s de Québec depuis sa création en 2016. Elle recevra en outre la Médaille du souverain pour souligner son travail bénévole.
Entrepreneure, Annick Kwetcheu Gamo participe à la Table de concertation du mois de l’histoire des Noir.e.s de Québec depuis sa création en 2016. Elle recevra en outre la Médaille du souverain pour souligner son travail bénévole.

Annick Kwetcheu Gamo: entrepreneure d’impact

Annick Kwetcheu Gamo était toute désignée pour être la porte-parole du quatrième Mois de l’histoire des Noir.e.s de Québec. Cette année, la Table de concertation du mois de l’histoire des Noir.e.s de Québec a décidé de valoriser l’apport des Afro-descendants à l’économie québécoise et canadienne. «On est à une époque où l’entrepreneuriat des Afro-descendants se diversifie», se réjouit Annick Kwetcheu Gamo.

Présente depuis la création de la Table en 2016, Annick Kwetcheu Gamo est une entrepreneure, mais surtout une grande bénévole. Il y a une semaine, elle a appris qu’elle recevrait bientôt la Médaille du souverain pour les bénévoles.

«Je le fais parce que c’est une passion pour moi de redonner au suivant, soutient-elle. J’ai tellement eu de personnes qui m’ont tendu la main quand j’en ai eu besoin que maintenant que je peux, c’est à mon tour de tendre la main.»

On pourrait d’ailleurs s’interroger sur le nombre de mains que possède cette femme qui semble en tendre partout à la fois. «Actuellement, je suis sur plusieurs comités», acquiesce-t-elle. La liste est effectivement longue. Il y a le Réseau des femmes d’affaires du Québec, le conseil d’administration du théâtre La Bordée, la Table de concertation, et tant d’autres.

«Ce matin, avec mon groupe de leadership au féminin de la Chambre de commerce, je donnais un atelier sur les finances personnelles», explique-t-elle dès son arrivée à la gare du Palais, où elle devait prendre l’autobus pour se rendre à Montréal à un incubateur de projets, juste après avoir accordé cette entrevue au Soleil.

Sans compter que la veille de l’entrevue, elle était avec le Forum jeunesse afro-québécois, qu’elle a cofondé en 2016 et quitté en 2019.

«On a eu un panel qui s’appelait Vocation entrepreneur afro-québécois, raconte-t-elle. On avait quatre panellistes, des entrepreneurs de divers domaines, qui sont venus parler de leur expérience en entrepreneuriat.» Humble, elle oublie presque de mentionner qu’elle était une des panellistes.

Donner l’exemple

À l’instar de ses collègues à la Table de concertation, Annick Kwetcheu Gamo croit que c’est par l’exemple qu’on peut encourager le changement dans sa communauté.

«Il faut montrer qu’on a des gens qui réussissent très bien dans le monde économique», explique-t-elle en partageant ensuite une expérience concluante. «J’ai participé au programme Leadership au féminin de la Chambre de commerce de Québec l’année dernière, à la deuxième cohorte. J’étais la seule Noire sur 150 participantes», se rappelle-t-elle.

«Mais par après, en parlant avec Julie Bédard, présidente sortante de la Chambre, on a travaillé pour amener d’autres personnes noires. Puis, dans la troisième cohorte, actuellement, il y a huit femmes noires», se réjouit l’entrepreneure, qui possède elle-même sa jeune entreprise à vocation sociale, Code F.

«Par le passé, c’était beaucoup plus l’aspect culturel qui était abordé et l’aspect des luttes pour les droits civils», dit-elle pour justifier le choix du thème de l’entrepreneuriat par la Table de concertation cette année. «Quand il y a des activités communautaires où on va s’assoir, manger ensemble, etc. il y a une forte participation», soutient-elle. Alors qu’à l’inverse, quand vient le temps de parler d’enjeux et d’intégration économiques, la participation laisse à désirer.

«Ce qui est très dommage, mais en même temps, ça montre justement où est-ce qu’on en est», remarque Annick Kwetcheu Gamo.