Anne-Marie Olivier: la quête de sens dans les arts de la scène

Native de Victoriaville, Anne-Marie Olivier consacre sa vie au théâtre comme interprète et comme auteur depuis sa sortie du conservatoire d’art dramatique de Québec en 1997.

«Je ne pensais pas recevoir un tel prix au cours de ma carrière. Je suis très honorée, très reconnaissante. Je pense à tous les gens qui m’ont aidé à obtenir, à tous ceux qui m’ont donné une tape dans le dos pour m’encourager», souligne-t-elle en parlant du Prix du gouverneur général reçu pour sa pièce de théâtre Venir au monde.

Après des études en cinéma à l’Université de Montréal, elle venue pour des auditions à Québec «de façon très naïve», lance Anne-Marie Olivier. «Ici au conservatoire de Québec, il y avait des cours d’écriture et d’interprétation. Ça me convenait parfaitement, car je pouvais écrire et faire de l’interprétation. Cette école était faite sur mesure pour moi. Je ne pensais jamais aboutir ici à Québec», se souvient-elle.

C’est au conservatoire qu’elle a appris à ouvrir ses yeux sur la vie tout en se promenant en ville pour y déceler la matière pour le théâtre comme lui suggéraient ses professeurs. Cette formation l’a mené à créer des pièces de théâtre bâties sur des histoires vraies. «C’est ce qui m’a forgé comme créatrice», avoue-t-elle.

Quant au goût et à la sensibilité aux arts, elle le doit à ses parents qui, bien qu’ils n’étaient pas dans le monde artistique, avaient éveillé son esprit à divers moments. «As-tu écouté cette chanson, comme c’est beau? As-tu vu le coucher de soleil, comme c’est merveilleux», donne-t-elle en exemple pour illustrer les moments qui lui ont permis de développer sa capacité de s’émerveiller en favorisant l’émulation intellectuelle.

Le sens artistique

«Mon père, ce n’est pas un artiste. C’est un patenteux qui invente des solutions originales. Ma mère quand elle fait à manger, c’est aussi de la création. Ils sont professeurs, mais leur soif de connaissance, leur curiosité et leur amour du monde m’accompagnent toujours aujourd’hui dans ce que je fais et dans ce que je vis», ajoute la jeune directrice artistique du Trident.

Le travail dans le domaine des arts n’est pas toujours simple. Bien des artistes s’expatrient vers Montréal ou d’autres villes pour pouvoir vivre de leur art. Pour Anne-Marie Olivier, c’est compréhensible, car il faut de la chance, beaucoup de travail pour arriver à des sommets et de la foi dans ses moyens.

«Une carrière, ce sont des sillons que l’on forge et que l’on creuse sans toujours savoir où cela nous mènera. Alors un prix comme celui-là, c’est un encouragement», poursuit-elle, qui vient apporter un baume sur les périodes plus difficiles d’une carrière que l’artiste tente de bâtir.

Pour elle, les artistes sont des artisans, des chercheurs rencontrant des spécialistes et qui se nourrissent à plusieurs sources pour mener leur projet à bon port. «Dans mon milieu, je ne vois personne qui profite du système. Ce sont des gens qui travaillent comme des fous pour bâtir un monde meilleur. Ce qui m’intéresse dans l’art, c’est la création se sens. C’est une manière de transformer le pire en lumière, de donner du sens à ce qui n’en a pas, et faire en sorte que l’on soit plus sensible et plus conscient des enjeux qui nous entourent. On peut aborder bien des enjeux sous un autre angle sans faire la morale», souligne Anne-Marie Olivier avec beaucoup d’émotions.

Tant et aussi longtemps qu’elle le pourra, elle exercera son métier avec passion. Elle est venue au théâtre sur un coup de dés, se remémore l’artiste : «J’étais toute jeune, je n’avais même pas 20 ans. Si ça ne fonctionne pas, j’aurai essayé. Je suis toujours sur cette lancée. Tant que la vie va me le permettre, je ferai ce métier. C’est un métier passionnant.»

Elle rencontre de jeunes enfants pour les ouvrir au monde du théâtre. C’est comme cela que sont nés les ateliers créatifs Les Étincelles pour les jeunes de 6 à 12 ans. Pendant que les parents assistent à une représentation, les enfants créeront une œuvre théâtrale qu’ils présenteront aux parents et grands-parents à la fin de la représentation qu’ils sont venus voir au Trident. Cette initiative inédite plaît à Anne-Marie Olivier au plus haut point, elle qui veut partager sa passion au plus grand nombre de personnes possible.