Le lauréat

Jacques Corbeil: la recherche des bonnes bactéries

Jacques Corbeil aime comprendre. Cet appétit de savoir l’a mené à une carrière dans la recherche de pointe dans un secteur que la plupart des gens connaissent peu : le microbiome (ensemble des micro-organismes vivant dans un écosystème donné).

Il cherche à comprendre l’interaction entre le microbiote humain et celui de l’environnement. L’interaction peut tout aussi bien être une cause de maladie qu’un moyen de soigner. Mais pour cela, il faut des données, des tonnes de données pour analyser, voir les modèles d’interaction et dégager des lignes directrices.

«Nous en sommes encore au début des recherches sur le microbiome, car nous avons maintenant la technologie et de nouvelles méthodes d’analyses. Nous pourrions découvrir ce qui permettrait d’améliorer la santé par exemple avec l’ajout d’oméga-3 ou de bleuets dans l’alimentation. Il nous faudra séquencer le microbiome de plusieurs individus pour savoir ce qu’est le microbiome québécois, car il dépend de l’alimentation. On pourrait influencer tel ou tel types de bactéries», explique-t-il en exposant son inquiétude sur la résistance aux antibiotiques.

Un rêve

Son rêve serait de pouvoir séquencer à grande échelle le microbiome humain pour y dégager des similitudes et comprendre les différences. Les analyses du microbiome des humains présentent 40 % de similitudes et 60 % de différences typiques. C’est aussi personnel que l’empreinte digitale, illustre le DCorbeil.

L’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire de la classification et de la prédiction est aussi à ses débuts. Plus il y aura de données, plus les actions pourront être ciblées et précises. «Classifier, c’est plus facile. Prédire, c’est un peu plus difficile, mais prescrire en sachant comment agir, c’est plus complexe. À chaque étape, il faut davantage de données» pour y voir clair, insiste le chercheur.

Pour l’instant, la médecine effectue des transplantations de selle (microbiome intestinal) dans les cas de la maladie C. difficile avec un taux de succès pour la guérison variant de 90 à 95 %.

Retour à Québec

Jacques Corbeil a passé 25 ans de sa vie hors Québec. Il a d’abord terminé son doctorat à Sydney en Australie, où il a travaillé plusieurs années avant de passer 15 ans à l’Université de Californie à San Diego (UCSD). Il est revenu au Canada à cause des chaires de recherche sur les maladies infectieuses.

Le fil conducteur de ses recherches concerne les micro-organismes et, depuis quelques années, il s’intéresse aux données de masse (Big Data) et à l’intelligence artificielle pour aider au diagnostic avec l’analyse du séquençage du génome, pour faciliter le pronostic et optimiser le traitement des maladies infectieuses.

«Nous sommes de plus en plus conscients que nous vivons dans un écosystème avec des interactions entre le génome environnemental et le génome humain. Il faut analyser les interactions. Il faut connaître l’influence du microbiome humain sur l’environnement et l’inverse aussi.»

Le DCorbeil est impliqué dans le projet Sentinelle Nord (tinyurl.com/y98vv2q8) qui analyse des bactéries dans l’environnement nordique pour comprendre l’influence de cet environnement en mutation et son impact sur les humains. «On veut voir les microbes présents dans l’environnement qui pourraient être les sentinelles de ce qui pourrait survenir plus tard. Nous avons inventé avec une équipe un système pour recueillir des échantillons et effectuer nos analyses. Ce sont des marqueurs de réchauffement climatique, de l’influence humaine et de la pollution», expose-t-il.

Son laboratoire est composé de nombreux mathématiciens et informaticiens qui travaillent avec les systèmes de calcul informatique de pointe de Calcul Canada et avec des dizaines de milliers des processeurs.

Le Lauréat

Normand Voyer: un chimiste passionné et passionnant

Normand Voyer adore son métier. Il en parle avec verve, passion et détermination. Pendant que le photographe prépare la mise en scène, il tient deux schémas de molécule dans ses mains qu’il prend le temps de décrire. Expliquer, illustrer, faire comprendre, c’est dans sa nature.

Le chimiste professeur-chercheur prend le temps d’expliquer, de donner des exemples simples. Il explique les phénomènes chimiques qui permettent aux humains de sentir l’orage avant de le voir : la foudre produit une réaction chimique qui crée de l’ozone. 

«Ça sent comme le linge frais qui a séché sur la corde à linge dehors. Dans les détersifs, il y a un produit qui se décompose à la lumière en produisant l’ozone. Ça sent le propre. C’est cela que l’on sent à l’approche de l’orage», répétait-il.

Si la majorité de son temps est consacré à la recherche et à l’enseignement, il se garde des moments pour la vulgarisation et la promotion de la science durant 282 conférences dans des écoles au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick pour parler de la chimie de l’amour d’un point de vue scientifique. 

«Je veux transmettre ma passion de l’importance des sciences. Je veux intéresser une nouvelle génération de jeune à entreprendre une carrière scientifique. Je fais la promotion des sciences avec un aspect de persévérance scolaire», raconte-t-il. «Je suis fier d’avoir tout fait cela en maintenant ma carrière de chercheur de haut niveau.»

Démystifier

Sa passion est contagieuse. Dans les conférences dans les écoles, dans ses interventions à la radio, il transmet sa passion en démystifiant la chimie. C’est sa manière de donner au suivant, de contribuer à l’évolution de la société.

«Je veux contribuer de façon positive au débat public, clame Normand Voyer, en amenant la science au cœur du quotidien. Aussi en montrant aux jeunes comment une carrière peut être passionnante. Pour devenir un scientifique, ça prend de la curiosité et de la passion. La carrière, peu importe le domaine, ne se réalise pas en étant carriériste. Ça prend de la passion. Dans toutes les sphères d’activités, on voit des gens qui se dépassent, qui font avancer des dossiers.»

Il espère avoir contribué «juste un petit peu à faire évoluer la mentalité de ce que peut être un scientifique. J’aurais pu faire que de la vulgarisation, mais j’ai choisi de faire de la recherche. Les deux volets sont intimement liés. Les scientifiques ont la responsabilité de transmettre leurs résultats de recherches, les vulgariser et dire à quoi tout cela peut servir.»

Symposium 

En plus de ses tâches d’enseignement, de supervision des étudiants à la maîtrise et au doctorat et en plus de ses recherches, Normand Voyer s’est aussi lancé dans l’organisation d’un symposium international.

«Ce symposium aurait pu se tenir n’importe où en Amérique du Nord. Chaque année, le symposium se tient dans les plus grandes villes du monde. Pourquoi ne pas réunir ces 450 chercheurs de haut niveau à Québec?» lance M. Voyer.

Il lui fallait d’abord convaincre ses deux coorganisateurs de l’Université du Texas que Québec était la ville idéale pour l’événement. Puis, inviter tout ce beau monde, dont deux lauréats du prix Nobel. Ce n’était pas une mince tâche.

Les planètes se sont bien alignées. Le symposium a eu lieu durant le Festival d’été. Un attrait culturel majeur. Et il y a eu le beau temps pour satisfaire tout le monde. Et les découvertes gastronomiques en prime. Québec n’a rien à envier aux autres villes nord-américaines.

Plus que les retombées économiques pour la ville, il y a eu la crédibilité du milieu, la mise en évidence de l’expertise à Québec. «Tous les chercheurs ont été comblés. Les présentations partageaient les dernières avancées de la science. Nous avions embauché des spécialistes pour gérer le symposium et tous les détails organisationnels de sorte que nous avons eu du succès sur toute la ligne. C’était au-delà de nos espérances», affirme-t-il.

Le Lauréat

Louis Paquet, dans l’ombre de plusieurs succès d’entreprises

Recevoir le titre d’Officier de l’Ordre national du Québec a été toute une surprise pour Louis Paquet. Une grande surprise, insiste-t-il, lorsqu’il a reçu l’appel du bureau du premier ministre. Il ne savait pas que le mécène Pierre Lassonde et Annie Talbot, présidente-directrice générale de la fondation du Musée national des Beaux-Arts, étaient à l’origine de sa mise en candidature.

Mais en se rappelant la lecture des lettres d’appui, la voix devient plus hésitante, la gorge se noue et les émotions font surface, démontrant à quel point il est touché par cet honneur inattendu.

Dans sa vie de gestionnaire de portefeuilles d’investissements, le comportement des marchés, les facteurs de risque, le potentiel de croissance, la capacité d’innover des compagnies faisaient appel à ses capacités d’analyse, à une certaine logique plus qu’aux émotions.

Et pourtant, lorsqu’il décrit son travail, on comprend que ses analyses faisaient aussi appel au côté humain des affaires, à la capacité des grands patrons de bien gérer les relations dans leur entreprise.

«Lorsque je rencontrais les chefs d’entreprise pour la recherche d’investisseurs, 80 % de l’analyse portait sur le management (la gestion de l’entreprise) et 20 % concernait le produit.» C’est ainsi qu’il évaluait le potentiel des investissements à risque qui pouvaient rapporter gros, ajoutant que «90 % des fonds des clients ne sont pas dans le capital de risque. Il n’y a que de 10 % pour les investissements plus risqués, mais ayant un fort potentiel de rendement», explique-t-il.

Premiers pas

«J’ai bâti ma clientèle de zéro. En 1985, j’ai rencontré Charles Sirois de Télésystème à la demande d’un de mes clients, se souvient Louis Paquet. J’ai fait son premier financement privé de 1,5 million $ distribué au travers de mes clients. Mon idée était de bâtir des portefeuilles sécurisés au maximum avec un petit pourcentage dans des compagnies plus à risque, mais avec de bonnes perspectives d’avenir. La compagnie est devenue un grand succès pour devenir National Paget en 1985 avant de devenir publique en 1986 pour être rachetée par Bell Mobilité. Le rendement a été excellent pour les premiers investisseurs».

C’est ce qui lui a donné la piqûre, de sorte qu’il a participé au premier financement de Franco-Nevada, fondée par Pierre Lassonde. La compagnie était dans l’exploration minière, pour devenir, peu de temps après, une compagnie de redevances minières sur des propriétés. Leur premier achat a été un immense succès, se rappelle M. Paquet.

Des bons coups

«Dans mes bons coups, il y a Mine Virginia avec l’ingénieur-géologue André Gaumont. Je lui ai demandé de prendre la présidence de la compagnie. J’ai mis en place son premier financement et plusieurs autres par la suite jusqu’à la découverte du gisement Éléonore, acheté par Goldcorp. Cette exploitation a créé de nombreux emplois. André Gaumont a généré 1 milliard $ en revenus pour les actionnaires en quelques années.

Médicago fait aussi partie de ses bons coups, comme BioChem Pharma, DiagnoCure, Laboratoires Aeterna et TSO3. Il a canonné de gros coups de circuit, même des grands chelems, mais il précise que la vie courante en finances a été surtout faite de coups sûrs. Parfois quelques échecs aussi concernant les produits, mais de bons rendements boursiers malgré tout.

Louis Paquet a permis la création de richesse, mais il a aussi appris à redonner dans la société. Ça fait partie de ses valeurs. Comme philanthrope, il a soutenu diverses organisations comme le club Kinsmen, la Fondation de l’hôpital Laval, la maison Revivre, la Fondation du MNBAQ et le Challenge Bell.

Louis Paquet a suivi les traces de son père qui avait fondé la succursale de Lévesque-Beaubien à Québec en 1950. À l’âge de 19 ans, en 1969, il travaille avec son père dans différents postes pendant ses études pour l’obtention de sa licence en valeurs mobilières. Conseiller en placements en 1972, il devient directeur de la succursale, en 1981. Elle sera vendue à la Financière Banque Nationale en 1988. Aujourd’hui, sa fille Sophie continue dans le sillon familial.

Le Lauréat

Lucie Grenier: les défis de l’infirmière gestionnaire

Lorsqu’elle a occupé son premier poste de cadre, Lucie Grenier venait d’avoir 26 ans. Elle passe sa carrière dans différents postes de responsabilités alliant les tâches administratives et les soins infirmiers jusqu’à ce qu’elle occupe un poste dans la haute direction du CHA de Québec regroupant les hôpitaux de l’Enfant-Jésus et du Saint-Sacrement en 2006.

Toutes les réformes du monde de la santé, elle les a vécues sur la ligne de front. Aujourd’hui, ayant presque 40 ans de services dans l’univers hospitalier, elle s’attelle à l’intégration des services et du personnel dans la nouvelle entité qui regroupera l’Enfant-Jésus et l’Hôtel-Dieu. Une tâche particulièrement complexe, mais dans laquelle elle met toutes ses énergies et son expertise pour que le projet final soit dans la ligne des meilleurs services dans les meilleures conditions tant pour les patients que pour le personnel.

Carrière en gestion 

Deux ans après avoir commencé son travail d’infirmière, elle songe à se donner des outils pour sa carrière. Pendant qu’elle travaille en soirée dans un régime de sept soirs de travail suivi de sept soirs de congé, elle s’inscrit au baccalauréat en administration à l’Université Laval. «Je voulais ajouter un volet gestion à ma formation d’infirmière», explique-t-elle en ajoutant que le goût de la gestion lui vient certainement de son père qui était dans le monde des affaires.

Après avoir obtenu son diplôme, des postes de gestion s’ouvrent à l’hôpital Saint-François d’Assise. «À cette époque, les postes de chef d’unité étaient occupés par les infirmières les plus expérimentées. J’étais la plus jeune à occuper un tel poste. C’était un virage avec la nouvelle génération qui avait aussi des compétences en gestion. Pour occuper ce genre de poste, ça prend pas mal d’outils; autant des habiletés comme clinicienne que des aptitudes en gestion en plus des qualités personnelles. J’ai eu ce premier poste en 1986», confie-t-elle.

Son plan de carrière se dessinait peu à peu. Elle ira compléter une maîtrise en administration publique à l’ÉNAP pour parfaire ses connaissances. «J’ai eu le meilleur des deux mondes, car comme gestionnaire des soins, je dois connaître autant le volet clinique que la gestion des opérations. Je mets en place de nouveaux services ou je les réorganise. Je parle avec les médecins et je dois être capable de les challenger. J’ai intérêt à connaitre la musique avec un bon bagage clinique pour poser les bonnes questions», affirme-t-elle.

Elle occupera différents postes, que ce soit aux urgences ou à la coordination du bloc opératoire, avant de devenir directrice adjointe aux soins infirmiers à l’Hôtel-Dieu de Lévis, puis directrice. Elle aura travaillé dans tous les hôpitaux du CHU de Québec sauf à l’hôpital Laval devenu l’IUCPQ.

Expériences diversifiées

«Dans ma philosophie de vie, révèle-t-elle, je me suis toujours dit qu’il fallait développer son plein potentiel et se rendre jusqu’où l’on veut aller. C’est pour cela que j’ai pris des expériences diversifiées en gestion avec des niveaux de complexité  différents. Ça me sert aujourd’hui» dans la gestion des changements pour le nouvel hôpital en chantier.

Pour savoir ce qui se passe dans l’hôpital, chaque semaine elle est sur le terrain pour visiter un département, rencontrer les gens afin de savoir ce qui se vit au jour le jour. Et si quelqu’un l’appelle, elle se rend accessible, pas question de laisser quelqu’un en plan ou sans réponse.

Recevoir le Prix Rachel-Bureau, c’est une fierté pour Lucie Grenier. «C’est une grande reconnaissance par mes pairs, car ce sont des collègues qui ont proposé ma candidature. Mais c’est aussi un prix que je partage avec ceux avec qui je travaille. Lorsqu’on réussit dans les projets, c’est que l’on travaille ensemble. Je suis entourée d’une équipe de gens compétents qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Je suis fier de mon parcours et, dans les prochaines années, je veux laisser de bons legs à ceux qui suivront.»

Le Lauréat

L’année étoilée d’Hubert Lenoir

Mercredi dernier, devant une foule bien compacte à la place D’Youville, Hubert Lenoir a prouvé qu’il méritait amplement son prix espoir FEQ, remporté un mois à peine après le prix Félix-Leclerc aux Francos de Montréal.

«C’était un spectacle particulier parce que c’était extérieur, gratuit, à Québec, devant beaucoup de membres de ma famille. Je sais bien que tous mes spectacles ne seront pas comme ça», a commenté l’auteur-compositeur-interprète de 23 ans de Beauport, au lendemain de ladite performance. 

Au moment de recevoir le prix Espoir FEQ, remis à un artiste émergeant ayant un potentiel international, il en avait profité pour faire un plaidoyer pour la ville de Québec. «Ça va m’aider à continuer ce que je veux faire en tant qu’artiste, c’est-à-dire aller là où des artistes québécois ne sont jamais vraiment allés et peut-être prouver à tout le monde que c’est possible de faire quelque chose d’exceptionnel et international qui est produit ici», réitère-t-il.

Avec sa fleur de lys tatouée sur une fesse, le jeune homme semble avoir remis le symbole à l’avant-plan. Plusieurs spectateurs en avait orné leur affiches (ou leur seins!) mercredi. «Je crois que ma génération a une conception très différente [de celle des générations précédentes] de ce que c’est d’être Québécois, note-t-il. Pour moi, c’est pour son côté avant-gardiste que le Québec mérite d’être célébré.»

Il était déjà prévu qu’il aille jouer en Suisse, en France et en Allemagne. Le Japon et d’autres destinations canadiennes et européennes viennent s’ajouter à la liste grâce au prix Espoir FEQ. L’année prochaine sera donc marquée par les voyages. 

Il faut dire qu’Hubert Lenoir (de son vrai nom Hubert Chiasson) a l’habitude des tournées, puisqu’on peut l’entendre depuis plusieurs année au micro de The Seasons. Après l’album PULP, le groupe a donné des spectacles pendant près de trois ans. «Je ne crois pas que je referais ça. Les shows, c’est cool, mais c’est vraiment en studio que je suis le plus à l’aise», souligne-t-il.

«Tout est possible»

Entre cette séquence de spectacles et l’écriture de son album (doublé d’un livre) Darlène, Hubert Lenoir a joué sa musique dans les rues, l’été. Se retrouver, un an plus tard, sur une scène du FEQ, est un beau signe que «tout est possible». «Wow, je me sens presque comme un artiste grand public!» a-t-il lancé pendant le spectacle.

Avec sa musique inventive et sexy, Darlène a créé une belle onde de choc. «Noémie [Leclerc, qui signe le livre] et moi, on était un peu face à rien, on venait de quitter la maison de nos parents, donc on avait envie de faire quelque chose de plus grand que nous-mêmes, qui allait avoir un impact dans l’ordre cosmique des choses», se remémore le jeune homme. «Je croyais que si je suivais mes idées les plus folles, il y avait des chances que ça ne fonctionne pas du tout.» Et pourtant…

Outre un deuxième projet multidisciplinaire (dont deux nouvelles chansons, Sucre et sel et Quatre quarts nous ont donné un petit avant-goût mercredi), Lenoir planche sur la musique d’un film et sur un projet d’art-performance. 

Lauréat

Une vie au service de la gastronomie québécoise

Dans la restauration depuis 40 ans, le chef exécutif du AML Louis-Jolliet voue une véritable passion à son métier. À 17 ans, destiné à une carrière dans l’économie, Jean-Claude Crouzet décide de changer de voie et de s’inscrire à l’école hôtelière en France après un été dans la cuisine d’un chef à Montréal. «Je suis entré dans cette cuisine, l’environnement m’a impressionné, mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est qu’il y avait une grosse marmite à vapeur où il y avait sur le dessus des coquilles d’oeuf, une espèce de mélange de légumes et de viandes hachées et bouillies et je me suis dit c’est quoi ça. Et on m’a expliqué que c’était une clarification pour un consommé. À partir de là j’ai été perfusé au consommé et je me suis dit, je veux devenir cuisinier», a-t-il confié.

Après ses études et ses classes en France, Jean-Claude Crouzet revient s’installer au Québec en 1981 pour s’occuper du restaurant de l’hôtel Sheraton à Montréal qui vient d’ouvrir. Après huit ans dans l’entreprise, avec dans ses bagages une formation en gestion, le chef cuisinier démontre ses capacités de chef et de gestionnaire dans différentes entreprises. Il a acquis sa notoriété et son expérience, entre autres, à titre de directeur de la restauration et chef exécutif du Loews Hôtel Le Concorde, directeur de la restauration pour la microbrasserie Archibald et directeur général pour Paillard. Il a également agi comme chef et directeur de La Maison Gastronomique Serge Bruyère de Québec ainsi que de l’Hôtel des Gouverneurs Sainte-Foy.

Retour chez AML et la colonie de vacances

Le chef cuisinier n’arrive pas en terrain inconnu chez AML. Il s’agit d’un retour après un premier passage en 2014. À l’époque directeur de la restauration corporative, Jean-Claude Crouzet s’épanouit dans l’entreprise et développe de nouveaux produits. Ses qualités ne passent pas inaperçues et le propriétaire de Paillard, Yves Simard, l’approche pour lui offrir le poste de directeur général et la possibilité d’acheter à un moment opportun l’entreprise. Mais cette vente ne se fera finalement pas et, en septembre 2017, M. Crouzet quitte Paillard. 

Après un court passage chez Nourcy et une pause pour réfléchir à son avenir, il reçoit il y a quelques mois un appel du patron d’AML, Yan Hamel, qui vient de perdre son chef cuisinier. «J’avais le goût de retrouver cet esprit maritime, de convivialité. C’est différent de travailler sur un bateau. Dans un restaurant, c’est important d’avoir une équipe soudée, mais sur un bateau, on vit en communauté. On dort sur le bateau quand on part plusieurs jours. Il se crée une sorte d’ambiance de colonie de vacances. Tout le monde s’entraide. Et ça, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas forcément dans la restauration conventionnelle», explique-t-il. 

Cuisinier et membre d’équipage

À travers tous ses emplois comme chef cuisinier, enseignant ou gestionnaire, M. Crouzet s’est toujours fait un devoir de transmettre sa passion à ses employés. Encore faut-il en trouver. «Quand j’étais chez Paillard, j’ai mis huit mois à trouver un bon pâtissier», révèle-t-il. 

Sur le Louis-Jolliet, Jean-Claude Crouzet encadre une brigade de 25 personnes. Et comme le restaurant se trouve sur un bateau, la première qualité nécessaire n’est pas forcément d’être bon en cuisine ou en salle, mais d’avoir le pied marin et de réussir la formation avec le capitaine et l’examen de sécurité. «On est moins exigeant au niveau culinaire, on offre une formation en cuisine. On recherche avant tout des personnes capables de partir plusieurs jours et de répondre présentes en cas de problème sur le bateau».

Selon lui, le métier est difficile, mais certains jeunes sortent du lots et c’est ce qui lui donne le goût de continuer.

À la fin de la saison estivale, Jean-Claude Crouzet devrait redevenir directeur de la restauration corporatif comme en 2014 pour amener AML à un autre niveau culinaire. 

Jean Mathieu: l’antidote à une crise du logement

Jean Mathieu a passé sa vie à côtoyer le monde des coopératives d’habitation, des organismes sans but lucratif depuis la fin des années 70, incluant un passage à la Société d’habitation du Québec. Depuis 2002, il travaille pour la Ville de Québec à la division des projets majeurs et de la mise en valeur du territoire en ce qui concerne les logements abordables.

Des logements coopératifs et d’autres abordables, il en a vu naître des milliers dans sa carrière. L’objectif, lorsqu’il était au sein des organismes communautaires ou dans la fonction publique, était toujours le même : faire en sorte que les gens à faible revenu, les personnes seules, les familles monoparentales, les personnes vulnérables puissent avoir un logement convenable.

Cela faisait partie de ses valeurs d’entraide et de respect de la dignité des personnes. Des valeurs qu’il a apprises dès son plus jeune âge dans sa famille immédiate et dans la famille élargie où ses parents, ses oncles et ses tantes prenaient soin des autres dans le besoin ou encore des gens qui vivaient des situations difficiles.

Des sourires

«Mon bonheur, expose-t-il pendant l’entrevue, c’est de voir les sourires des locataires, les clefs à la main, qui prennent possession d’un logement décent dans un milieu sécuritaire adapté à leurs besoins. Je sais que l’isolement sera brisé, que les personnes se sentiront bien dans leur nouveau milieu de vie.»

M. Mathieu prend le temps de raconter son parcours dans ce monde du logement social où les gouvernements fédéral et provincial se sont engagés financièrement, ou se sont désengagés au fil des ans. Un parcours qui est le sien, mais aussi celui de l’histoire des enjeux financiers et politiques variant selon les époques et les priorités des élus.

Et aussi une histoire de la Ville de Québec à une époque où les coopératives ont permis la revitalisation des quartiers, comme Saint-Jean-Baptiste, là où les logements étaient délabrés et soumis à l’appétit des propriétaires.

Il se souvient de l’époque du maire Jean-Paul L’Allier qui avait à cœur la création de logements décents pour la densification des quartiers centraux, de l’aide des programmes fédéraux et provinciaux gérés par la Société d’habitation du Québec. Il note aussi la participation de la Société municipale d’habitation de Québec et les engagements de la Ville. Sans oublier les pressions des groupes communautaires qui avaient à cœur la vitalité de leur quartier.

Et l’actuel maire, Régis Labeaume, montre aussi un intérêt pour les logements sociaux et la densification des quartiers existants. À tel point que la Ville lancera une vaste consultation sur le logement durant les prochains mois.

Un antidote

M. Mathieu souligne les efforts de la Ville. Entre 2002 et 2018, 5100 logements ont été construits par l’entremise du programme québécois Accès Logis. Il ne sait pas encore ce que sera l’avenir du programme, mais sa préoccupation l’amène à souhaiter que les actions entreprises se poursuivent, car les besoins de logements convenables sont toujours aussi présents.

C’était une époque où le taux d’inoccupation des logements était à son plus bas, environ 1 %, laissant les locataires aux prises avec des hausses de loyer difficile à avaler. C’est ce qui a fait dire aux gens d’Action-Habitation de Québec :  «Jean Mathieu est l’antidote par excellence à une crise du logement.» Sa compréhension des enjeux a permis à de nombreuses personnes d’éviter le pire. 

Recevoir le prix Régis-Laurin a étonné et réjoui M. Mathieu. Lorsque la directrice de son département l’a avisé qu’elle soumettrait sa candidature pour cet honneur, Jean Mathieu ne voulait pas. Avec des appuis de l’extérieur, il a finalement accepté que les efforts de sa carrière méritaient d’être reconnus.

Le Lauréat

Jacques Leblanc: un an de travail et d’émotions

Bien avant qu’on lui décerne le prix Paul-Hébert, remis chaque année à un interprète s’étant illustré dans un premier rôle au théâtre, Jacques Leblanc sentait qu’il tenait quelque chose de spécial avec le personnage de Salieri dans la pièce «Amadeus». Il le voyait dans le regard du public, à qui il s’adressait directement à titre de narrateur. Il le sentait dans les applaudissements. Son impression a été confirmée par tous ceux qui l’ont interpellé sur la rue pour le féliciter.

«Au théâtre, c’est rare que ça arrive. Je me fais toujours arrêter pour me faire parler de Monsieur Arrêt-Stop dans Le village de Nathalie ou Monsieur Gazou [dans Sur la rue Tabaga]. Mais là! Évidemment que Montcalm est un bassin important de spectateurs du théâtre du Trident. Mais quand j’allais sur l’avenue Cartier, je me faisais arrêter à tous les trois pas…»

À la fin avril, Jacques Leblanc s’est glissé dans la peau du compositeur Antonio Salieri, qui sera rongé par la jalousie lors de l’émergence d’un jeune rival nommé Mozart (campé au Trident par Pierre-Olivier Grondin). Quatre semaines de représentations arrivées au terme d’un an de préparation pour Leblanc, qui portait le personnage central de cette pièce saluée par la critique. 

Il y avait d’abord ce texte colossal à mémoriser. «Je parle rarement de ça, mais là-dedans, il y en avait tellement! Sur trois heures, je devais parler pendant deux heures et demie. C’était effrayant!»

Personnage complexe

Le chemin vers Amadeus a aussi été chargé d’émotions, confie l’homme de théâtre. «Dès le moment où Alexandre Fecteau m’a appelé pour me demander de jouer le rôle, j’étais renversé, raconte-t-il. C’était pour moi une histoire formidable que je connaissais parce que j’avais vu le film plusieurs fois. J’aimais particulièrement ce personnage-là, que je trouvais très complexe. Quand Alexandre m’a appelé, je me suis mis à pleurer. C’est bizarre! C’est comme si je n’avais jamais eu de rôle...»

Le comédien ajoute que la musique l’a souvent ému pendant les répétitions. Et si les représentations ont été exigeantes — surtout qu’elles coïncidaient avec la fin de l’année au Conservatoire d’art dramatique de Québec, dont il est le directeur depuis deux ans —, elles ont aussi été émotives pour lui. Notamment parce que son père et de nombreux frères et sœurs (il vient d’une famille de 10 enfants) sont venus de Trois-Rivières pour le voir jouer.

«C’est comme s’ils venaient célébrer avec moi la beauté de ce rôle dans cette pièce si touchante et si grande. J’étais toujours très pris avec cette émotion d’avoir ma famille dans la salle», note-t-il.

Apprendre encore

Comédien d’expérience et metteur en scène aguerri, Jacques Leblanc dit continuer d’en apprendre sur son métier. Le défi relevé dans Amadeus lui a notamment permis de régler un problème de voix. «C’est un stress qui m’a suivi toute ma vie. Tout à coup, dans ce rôle-là, j’ai appris à me dégager de cette affaire-là», observe l’artiste.

Après cette «grosse année», Jacques Leblanc s’éloignera un peu des planches dans les prochains mois. Il jouera bien dans Les contes à passer le temps en décembre. Mais pour le reste, c’est sur son rôle de directeur du Conservatoire qu’il compte se concentrer. 

«Il faut que ça continue à être une école de haut calibre», tranche celui qui dit travailler pour que son établissement soit une école aimée du public. «C’est important qu’on ne dise pas: “le Conservatoire, c’est une école d’élite”. Ce n’est pas vrai! Ça ne coûte pas cher, n’importe qui peut entrer là. Et n’importe qui peut avoir envie de faire du théâtre ou de la musique dans sa vie…»

Le lauréat

Yvon Fortin: la science en toute simplicité

Yvon Fortin est un vulgarisateur incroyable. Dès la première question, il s’envole dans un discours où, tout d’un coup, la science paraît d’une grande simplicité.

Professeur de physique au Cégep Garneau pendant 35 ans, il est animé par la science, par l’histoire de la science, par les débats que les découvertes et les affirmations scientifiques ont suscités au fil des âges.

Il joue avec les concepts scientifiques comme d’autres jouent avec les mots, comme s’il s’agissait d’un exercice de jonglerie dans lequel tout devient cohérent au fur et à mesure que la discussion avance.

Ce n’est donc pas sans raison que l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) et Radio-Canada lui ont remis le premier prix Thérèse-Patry en raison de son talent de vulgarisateur.

Abordant la gravitation selon Newton, il souligne que l’histoire du scientifique assis au pied du pommier recevant une pomme sur la tête relève plus de la fable que d’un fait. Il relate alors le questionnement de l’homme de science pour faire un détour dans le monde littéraire.

Science et littérature

«Saviez-vous que c’est Voltaire qui a fait connaître Newton aux Français?» Il expose alors le passage de l’homme de lettres en Angleterre au moment des funérailles du scientifique. Et le poème qu’il a écrit sur le personnage. Poème envoyé à la marquise Émilie du Châtelet. Elle écrira à son tour sur la loi de la gravité. Les Français avaient Descartes comme homme de science bien en vue, mais c’est à cause de Voltaire que la France a connu Newton.

Puis, il parle de Galilée, des forces politiques et religieuses en présence qui contestaient le scientifique, des discussions voilées qui reconnaissaient en coulisse la véracité des découvertes, mais qui n’étaient pas approuvables publiquement à cause de la sacro-sainte dogmatique de l’époque.

Il saute dans le monde de l’éducation pour décrire son travail de professeur, les contraintes des programmes, le plaisir d’enseigner, surtout de la nécessité de l’école. Des études, en fait, plus que les institutions d’enseignement. Car faire école, c’est le vrai monde de l’éducation, un processus lent et continu, et surtout durable puisque cela laisse une trace. «Le savoir n’est pas suffisant, clame-t-il. Il faut comprendre, réfléchir.»

«Il faut comprendre et saisir la beauté des théories en science», c’est la phrase dans le programme des cours qui l’a convaincu que l’enseignement serait son monde pour plusieurs années.

Les débats

«Les études, c’est ce qui transforme le monde», avance-t-il en montrant d’un long geste du bras tout ce qui meuble la salle de rédaction du Soleil. Les ordinateurs, les chaises, les téléviseurs, le papier sur les bureaux, «tout cela existe parce que des gens ont étudié» ceci ou cela pour créer des objets. Ily a de la science dans ces objets du quotidien.

Et le voilà parti dans une nouvelle direction pour raconter comment les débats entre des scientifiques aux idées opposées ont fait évoluer la science.

Il revient avec Galilée pour montrer comment, des siècles plus tard, un débat analogue refait surface et hante les tribunes dans le même style d’obscurantisme. «On parlait des problèmes de la couche d’ozone en 1892. On sait depuis longtemps que les scientifiques ont raison quant aux changements climatiques.» Mais comme à l’époque de Galilée, les opposants refusent d’accepter les faits prouvés hors de tout doute dans la cohérence de la science.

Pour lui, au-delà du prix Thérèse-Patry, il y a d’abord eu le choix de ses pairs qui ont soumis sa candidature. Le regard des gens du milieu valait déjà beaucoup à ses yeux. La décision du jury sur sa carrière, il l’a accueillie avec plaisir en disant : «j’espère que mes années d’enseignement auront eu un effet sur tous ces adolescents devenus des adultes».

Le lauréat

Maxime Laviolette: les valeurs au cœur du travail

Maxime Laviolette savait qu’il serait sur le podium au moins une fois lors du Gala Les Pléiades pour la Grande distinction remise par Desjardins, c’était connu.

L’entreprise Dessercom était en nomination dans deux autres catégories. Une fois sur deux pourrait être plausible. Il est pourtant remonté sur scène deux autres fois.

Mais la quatrième fois n’apparaissait sur aucun radar. Rien à l’horizon. Une fois de plus, il se lève. Cette fois, les émotions sont à leur comble. Quatre prix le même soir, c’était fabuleux et bouleversant.

Des émotions

«Je ne m’y attendais pas. D’autant plus que le travail ne se fait pas pour remporter des prix, mais par passion. C’est à cause de mes valeurs que je m’implique dans des causes sociales. Alors, cet honneur venait aussi combler un vide à cause de mes absences auprès de la famille, car j’ai trois jeunes enfants. Le prix montrait que mes engagements valaient la peine», souligne-t-il en se rappelant la montagne d’émotions qui l’avait envahi à ce moment.

Depuis dix ans chez Dessercom, après avoir passé quelques années chez Garda, puis chez Exfo, c’est un chasseur de têtes qui l’a recruté pour diriger l’organisme sans but lucratif (OBNL) œuvrant entre autres dans les services ambulancier et le transport de patients.

Ce n’était pas un mariage de raison, mais une véritable connexion, l’entreprise et le futur dirigeant partageaient les mêmes valeurs, la même volonté de faire une différence pour les clients sur le terrain, et l’importance de s’impliquer dans les communautés où l’entreprise a pignon sur rue.

Les valeurs

«J’aime les gens, j’aime les causes. Je me suis toujours impliqué dans les milieux où j’étais et je vais continuer à le faire», répète Maxime Laviolette. «Me retrouver dans un OBNL qui est très présent dans les communautés et dans la philanthropie, je me retrouvais au bon endroit pour continuer dans la continuité de mes valeurs.»

Il continue donc son engagement dans les causes sociales, notamment dans le secteur de la santé avec Dessercom, en plus de diriger une organisation de 1000 employés répartis un peu partout dans la province.

Il souligne que l’entreprise est la plus importante dans son domaine au Québec et au Canada. Elle compte sur 220 véhicules sur la route, des ambulances et des véhicules de transport médical entre établissements. L’OBNL gère aussi des services accessoires dans les établissements du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches.

Donner au suivant

«Ce que je veux que les gens retiennent de Dessercom, c’est plus que des opérations commerciales au service des patients, mais plus encore c’est de redonner aux communautés dans le secteur de la santé. Nous voulons faire notre part dans l’amélioration des soins de santé au Québec en donnant à des causes et à des projets qui agissent dans cette optique», précise M. Laviolette. 

C’est ainsi que Dessercom a mis en place des programmes pour aider les employés à s’engager dans leur milieu et faire une différence.

Il rappelle que si l’entreprise dans son ensemble est grande, dans les milieux où elle est présente comme en Estrie, dans Chaudière-Appalaches ou en Abitibi, elle est toute petite dans le milieu. «Il faut avoir la même attention pour les gens de ces communautés que celle que nous déployons à Lévis ou à Saint-Hyacinthe», continue l’homme d’affaires.

Au lendemain de la remise des prix, tous les employés étaient fiers des honneurs remportés, raconte-t-il. «Dans la salle des employés, on avait sorti le champagne pour célébrer les succès, car deux des prix reconnaissaient le travail colossal accompli dans les deux dernières années. C’était le fruit des efforts collectifs. Cela voulait dire “mission accomplie” pour tout le monde», conclut-il.