Le lauréat

Laurie Blouin: le triomphe de la «petite guerrière»

Rarement a-t-on vu la même personne nommée lauréate deux fois. Encore moins deux années de suite. Mais certains exploits sont impossibles à ignorer.

Comme remporter une médaille d’argent aux Jeux olympiques. Ce qu’a fait Laurie Blouin, dimanche dernier (lundi en Corée), lors de la compétition de slopestyle disputée en pleines rafales, à PyeongChang.

Contrairement à la grande majorité de ses rivales, l’athlète de Stoneham y a dominé le vent, choisissant la prudence lors de son dernier saut. Un calcul payant.

Elle a aussi maîtrisé l’imposant parcours du parc à neige Phoenix. Une descente aux rampes de six pieds de hauteur et aux sauts gigantesques. Un monstre, même sans le vent. La petite blonde de 5’4’’ a dompté la bête.

Tout ça après une dangereuse chute en fin de parcours à l’entraînement, trois jours plus tôt. La planchiste et ses proches ont craint le pire. Un œil au beurre noir et une petite coupure à la joue sont demeurés les seules preuves de l’accident. Et n’étaient sans doute pas étrangers au commentaire de la championne de la compétition, l’Américaine Jamie Anderson : Blouin est une «petite guerrière».

Son entraîneur, Maxime Hénault, parle d’une athlète à la détermination incroyable. «Laurie, ce n’est pas quelqu’un qui va s’en faire, qui va hésiter. […] De se diriger vers ce saut-là et de le faire de cette façon, ça prend toute une drive», l’encense celui qui la dirige depuis près de 10 ans, en parlant du troisième envol de la descente olympique.

«C’est juste fou ce qui m’arrive, c’est malade», avait dit la guerrière en question, une fois sa médaille au cou. «Ça me prendra encore quelques jours pour le réaliser.»

Quelques jours plus tard, justement, impossible de l’ignorer : sa performance et toute l’attention médiatique vont changer sa vie, du moins un peu. La planchiste de 21 ans a constaté avoir beaucoup de partisans. «C’est fou! Je ne pensais pas qu’autant de personnes étaient derrière moi», a-t-elle dit au Soleil dans un échange virtuel. «J’ai vraiment reçu beaucoup de messages pour me féliciter. J’apprécie énormément!»

La médaille d’argent décrochée par Blouin a peut-être des allures de consécration, mais elle est aussi une confirmation. Celle de son indéniable talent, déjà manifeste depuis son titre aux Mondiaux 2017, qui lui avait valu sa première sélection comme lauréate, il y a moins d’un an.

Malgré son statut de championne du monde, Blouin n’était pas parmi les grandes favorites, en Corée. Peut-être en raison de quelques résultats moyens dans les mois précédents. Peut-être à cause de l’importance encore relative des Mondiaux dans ce sport aux nombreuses compétitions prestigieuses non gérées par la Fédération internationale de ski, comme les X Games ou le Dew Tour. Une question de constance et d’expérience, résume Maxime Hénault.

Mais la voilà médaillée olympique. Et les doutes, s’il en restait, sont dissipés.

Désormais, Blouin fait partie de la prestigieuse liste de médaillés olympiques d’hiver de la grande région de Québec. En compagnie notamment des Gaétan Boucher, Myriam Bédard, Philippe LaRoche, François Drolet, Manon Rhéaume, Dominique Maltais, Kalyna Roberge, Simon Gagné, Marie-­Philip Poulin, Patrice Bergeron, Kim Lamarre...

Et Blouin pourrait ajouter du précieux métal à sa collection: dimanche soir, heure de Québec, s’amorce la compétition de big air (grand saut), avec les qualifications.

Le lauréat

Pierre-Alexandre Bédard: objectif PGA

Le golf fait partie de la vie de Pierre-Alexandre Bédard depuis son plus jeune âge, affirme-t-il. Son père était directeur général du club de golf de Chibougamau, alors les allées, les verts et les bâtons de golf font partie de son univers.

L’homme de 23 ans, professionnel associé au club de golf de Cap-Rouge, vient de voir sa jeune carrière récompensée par le prix Mike-Weir de la PGA du Canada le couronnant comme meilleur professionnel de l’année 2017 au pays. Il était professionnel depuis août 2016 seulement, et il obtient son prix après sa première année professionnelle.

L’objectif ultime sera d’évoluer dans le circuit majeur de la PGA.

S’il passe ses étés à Cap-Rouge, l’hiver se passe au chaud en Floride pour continuer la pratique du golf et les entraînements. «C’est 13 jours sur 14 de golf pendant une dizaine de mois par année, incluant la préparation pour les tournois», explique-t-il depuis Palm Coast, en Floride.

Bien qu’il ait joué au golf très jeune, il jouait aussi au hockey. Mais le «hockey, ça dure un temps, et il fallait que je prenne une décision. J’ai décidé de me concentrer sur le golf. C’est arrivé au moment où je me suis inscrit à l’Université Laval», se souvient-il. Il avait déjà à son actif de nombreux tournois de niveau junior en arpentant les terrains de golf du Québec.

Recrue de l’année

Étudiant en administration pendant une année, il décide de consacrer tout son temps libre au golf avec son entraîneur Mathieu Paradis. 

«J’ai été choisi le joueur de l’année par excellence et la recrue de l’année sous les couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval, en 2015.» Il décide alors de faire le saut dans le circuit professionnel en 2016 après une autre année dans le circuit amateur.

Il s’est inscrit aux qualifications du Mackenzie Tour du circuit canadien de la PGA, qui se tiendront à la fin d’avril, à Lake Land, en Floride. Il se prépare activement pour affronter des golfeurs de partout au monde, alors que, l’an dernier, il n’y avait qu’une vingtaine de participants canadiens. «Ce tournoi fait partie de mon cheminement vers la PGA. C’est mon rêve. C’est mon but», exprime-t-il avec conviction.

Une journée dans la vie du golfeur commence par une matinée d’entraînement en gymnase. Puis, le golf le reste de la journée, incluant quelques heures d’entraînement. Depuis le 3 janvier, il n’y a eu que deux jours sans ronde de golf. 

«Avant la ronde, ce sera au moins une heure d’exercice pour le réchauffement et la mise en situation. Après la partie, il y aura un bloc de deux à trois heures d’éléments à pratiquer en fonction de la préparation spécifique aux tournois. D’une journée à l’autre, ce ne sera jamais pareil», précise-t-il.

Bien entouré

Il est en Floride avec un de ses bons amis, Sonny Michaud, lui aussi professionnel de golf, avec qui il pratique son sport tous les jours. Il est accueilli par un autre golfeur de la Floride qui les héberge tous les deux. «Je suis bien entouré et je reste en contact à distance avec mon entraîneur au Québec de l’Université. J’ai pratiqué en salle avec lui un bon mois avant de venir en Floride», ajoute Pierre-Alexandre Bédard.

Et le début de saison s’amorce bien. Il vient de terminer en huitième position lors d’un tournoi sur deux jours regroupant 102 joueurs. Il se prépare pour une série tournois de deux ou de trois jours à raison de trois compétitions par mois environ.

Après les qualifications du tournoi Mackenzie, Pierre-Alexandre Bédard devrait revenir à Québec en mai. Il espère une bonne position au classement pour entreprendre la tournée sur ce circuit canadien de la PGA.

Le lauréat

Sébastien Bouchard: l’éveil d’un mouvement citoyen

Dans le tumulte de l’attentat au Centre culturel islamique de Québec est né un mouvement d’espoir et de solidarité dans la capitale. Mouvement qui perdure encore à ce jour, porté par des citoyens de tous horizons qui n’ont pas l’intention d’oublier les six victimes, leurs familles, les survivants ou les blessés.

Le lauréat Le Soleil–Radio-Canada, officiellement, est remis cette semaine à Sébastien Bouchard pour l’ensemble de son œuvre dans l’organisation de la Commémoration citoyenne tenue lundi, un an après l’attentat de Québec.

Mais ce dernier a refusé de prendre tout le mérite. Pour l’entrevue, il tenait à avoir à ses côtés celles et ceux qui ont participé à la préparation de la vigile du 29 janvier dernier. Cinq sont venus à très court préavis. Ils auraient pu être une trentaine.

L’histoire de la Commémoration citoyenne a débuté le soir même de l’attentat, le 29 janvier 2017. «J’étais sur les médias sociaux et j’étais complètement affolé par ce qui s’était passé. J’ai eu honte de moi de ne rien faire, normalement je suis toujours dans l’action, alors j’ai pris mon ordinateur et j’ai lancé un appel sur Facebook», a expliqué M. Bouchard.

Rapidement, on lui a indiqué qu’un autre appel avait été lancé au centre-ville, un autre près de la Grande Mosquée, dans Sainte-Foy, où a eu lieu la tuerie. M. Bouchard s’est alors enfermé avec son cellulaire et son ordinateur, dans le sous-sol «pour ne pas réveiller les enfants».

Durant toute la nuit, le citoyen de Limoilou était en communication avec ces quelques personnes qui, comme lui, voulaient montrer «le vrai visage de Québec» par un élan de solidarité. Le groupe a centralisé ses initiatives et convenu d’une veillée aux chandelles près de la mosquée.

Le jour venu, M. Bouchard a profité de la conférence de presse à la mairie de Québec, à laquelle participaient de nombreux politiciens, pour faire part de son plan. «Ils étaient très très heureux.» Le temps de régler certains aspects avec les services de sécurité, dont ceux de Justin Trudeau et de Philippe Couillard, que la vigile se mettait en branle.

15 000 personnes

Et, comme ça, seulement 24 heures après l’attentat, le rassemblement attirait 15 000 personnes. «Je pensais qu’on serait 50», a admis M. Bouchard. «Ça a montré que la ville de Québec et que le Québec, ce n’est pas un attentat, c’est la solidarité.»

Un an plus tard, une soirée similaire a eu lieu à Québec, cette fois organisée dans le calme. Aux côtés de Sébastien Bouchard à l’animation se trouvait encore cette année Kenza Elazzouzi, une amie. Deux choses l’avaient convaincue d’accepter ce rôle qu’elle n’avait pas prévu assumer.

«D’un côté, c’était difficile de dire non à Sébastien, une personne que je respecte énormément. Le deuxième élément est que M. [Azzedine] Soufiane est le mari d’une amie qui m’est très chère» a expliqué Mme Elazzouzi. M. Soufiane est mort dans l’attentat.

Selon elle, la Commémoration citoyenne doit demeurer active, ne serait-ce que pour sensibiliser la population à la réalité de l’immigration. Elle a profité de l’entrevue pour inviter la population et les communautés culturelles à se rencontrer, à se parler. À profiter des événements, comme le Mondokarnaval (septembre 2018), pour établir des contacts.

Effet boule de neige

D’autres personnes se sont mises à s’impliquer au cours de l’année. Comme Maryam Bessiri, qui milite activement pour contrer «le racisme et l’islamophobie». À l’instar de Mme Elazzouzi, elle espère que le comité derrière la Commémoration citoyenne va perdurer.

«Le mouvement de solidarité doit continuer. Après, il va falloir lui trouver une forme. […] Pour les prochaines années, il va falloir y penser, et surtout impliquer [davantage] les familles et voir comment elles voudraient elles-mêmes s’approprier cette date-là et cette commémoration-là. Parce qu’on ne peut pas toujours compter sur l’émotionnel et le réactionnaire pour faire des mouvements», a-t-elle exprimé.

Car à la différence de la première vigile en 2017, les familles des victimes étaient présentes cette année. «Ça a été très généreux de leur part. [...] Après est-ce que ça va être douloureux [de recommencer chaque année], moi je pense qu’il va falloir les laisser décider.»

De ce mouvement citoyen sont nées d’autres initiatives «provenant de la base», comme le groupe Coordination des actions à Québec contre le racisme. On peut aussi penser au projet Lettre à toi, qui a permis aux familles des victimes de recevoir des messages de soutien provenant de purs inconnus.

Les initiatives plus personnelles, comme celles de Zakia Zoukri, sont aussi encouragées et supportées. Cette dernière multiplie les rassemblements entre jeunes Québécois de toutes confessions et origines pour bâtir des ponts. Elle organise également un souper ce 24 février en l’honneur d’Aymen Derbali, survivant de la tuerie, qui s’est précipité sur le tireur pour protéger ses camarades. 

«Plus important que juste dire qu’on veut vivre ensemble, ce qu’on a fait, dans ce comité, c’est de montrer le modèle sur comment on peut parler ensemble. La diversité à [l’intérieur même du comité] est parlante de ce qu’on voulait faire» conclut Nora Loreto. C’est ce genre d’espaces de travail et de réflexion, selon elle, qui devraient être «appliqués dans notre société». 

Lauréats

Marie-Claude Houle: de l’audace pour relever les défis

Marie-Claude Houle est la première femme à la présidence du conseil d’administration de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), en 74 ans d’histoire dans ce secteur industriel composé à majorité d’hommes.

Présentation

Lauréate : Marie-Claude Houle, présidente de EBC Inc.

Occasion : elle est la première femme présidente du conseil d’administration de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ).

Mais les temps changent, raconte Mme Houle. Il y aura quatre femmes dans le nouveau conseil d’administration de l’ACRGTQ. La présidente de l’entreprise EBC ne sera pas la première personne de l’entreprise à cette table, mais la quatrième. Elle prendra la relève de son père Fernand qui a occupé le même poste en 1984, comme Richard Gagné et François Groleau.

Avec les autres femmes au conseil, Mme Houle représente la deuxième génération d’entrepreneurs qui ont pris la relève de leur père.

Les défis

Elle était déjà à la table du conseil d’administration depuis quelques années parce qu’elle voulait prendre part aux débats sur les grands enjeux dans le domaine des grands travaux. Femme énergique avec du caractère, elle avoue son côté audacieux parce qu’elle aime les défis. 

D’ailleurs, au fil des ans, elle a vu l’industrie se transformer à cause des projets de plus en plus importants et comportant plus de risques pour les entreprises. Or, la façon de faire croître l’entreprise consiste à s’engager dans des projets d’envergure, mais pas nécessairement seul.

Elle donne l’exemple du premier barrage pour Hydro-Québec, le SM3, dans lequel EBC était engagé. «Nous avons conclu un partenariat avec une firme française parce que nous n’avions pas l’expérience de tel chantier. Les autres contrats, nous pouvions voler de nos propres ailes,» confie-t-elle.

Des partenariats

Et les partenariats, les fameux consortiums, sont de plus en plus nombreux entre les entreprises étrangères et les grandes compagnies québécoises. Les raisons sont assez faciles à comprendre : l’ampleur des chantiers, les risques financiers élevés et l’expertise nécessaire dans plusieurs projets valant des milliards de dollars.

C’est le cas avec le nouveau pont Champlain à Montréal dans lequel EBC a une petite part avec SNC-Lavalin et des entreprises étrangères. Même chose pour le Réseau électrique métropolitain de Montréal.

«Les grandes entreprises étrangères ont les yeux ouverts sur les projets au Québec, ajoute Mme Houle, parce que les projets d’infrastructures sont nombreux, très gros et très imposants en termes de risques financiers.» Elle craint par contre que des intérêts étrangers veuillent mettre la main sur des fleurons québécois pour se tailler une place dans l’attribution des contrats.

Le génie civil

Pourtant, la présidente d’EBC, lorsqu’elle étudiait en génie civil, ne cherchait pas à dénicher un poste dans l’entreprise familiale fondée par son père Fernand Houle avec son frère Germain en 1968. «Je voulais travailler pour une autre entreprise et prendre de l’expérience. J’aurais voulu développer le côté design de projet. Mais, les circonstances ont fait en sorte que je vienne travailler pour mon père.»

Elle a commencé dans la gestion des projets de bâtiments et d’autres postes. Puis, elle a complété un MBA à l’université Laval, ce qui l’a menée à la direction de la qualité des processus. «C’est comme cela que j’ai pu connaître tous les rouages de la compagnie», affirme celle qui dirige l’entreprise depuis 1999.

L’entreprise compte quelque 375 employés permanents, mais selon les chantiers et les contrats, le nombre d’employés passe à 1500 voire plus de 2000 personnes.

Le sigle EBC signifie Entreprise Bon Conseil, du nom de la petite compagnie fondée par Germain Houle alors qu’il œuvrait à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, près de Drummondville.

Lauréats

Jacques Simard, grand lauréat 2017

Il y a cette formule triste qui dit qu’une personne a «perdu son combat contre le cancer»... Dans le cas du Dr Jacques Simard, c’est tout le contraire.

Le biologiste qui traque le cancer depuis 25 ans s’est vu décerner lundi soir le titre de grand lauréat 2017 par Le Soleil et Radio-Canada pour son travail de recherche inestimable sur le cancer du sein. 

Dr Simard a accepté son prix avec beaucoup d’humilité devant l’ensemble des lauréats Le Soleil–Radio-Canada rassemblés dans le grand hall du Musée de la civilisation. 

Se disant «plus à l’aise dans un laboratoire» qu’au micro, le chercheur a tenu à partager l’honneur reçu avec l’ensemble de son équipe au Québec, au Canada et à l’international.

C’est que le Dr Simard, qui est directeur adjoint du centre de recherche du CHU de Québec — Université Laval et professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval, s’est distingué en faisant paraître en octobre les résultats d’une vaste étude internationale portant sur la génomique associée à la prévalence du cancer du sein. 

L’«outil de recherche» développé par le biologiste et son équipe permet d’identifier dans l’ADN des femmes des marqueurs qui démontrent que certaines sont plus à risque que d’autres de développer un cancer du sein. 

L’identification de ces facteurs de risque permettrait ainsi d’offrir aux femmes une «approche personnalisée» quant au dépistage du cancer — à partir de quel âge, à quelle fréquence et quelle technologie utiliser — et ainsi de diminuer le surdiagnostic, signale le Dr Simard.

En recevant son prix, le chercheur a souligné un succès de taille : celui d’avoir chapeauté une étude regroupant une quarantaine de pays et des centaines d’équipes dans le monde, et le fait que les efforts de tous ont été mis en commun. «On a l’impression que les chercheurs sont en compétition [entre eux]... mais on compétitionne surtout contre le cancer.»

Personnalités marquantes

En plus du grand lauréat, la 14e soirée du lauréat Le Soleil-Radio-Canada a récompensé huit autres personnalités dont l’influence est marquante dans la région de Québec, voire au-delà. 

Le microbiologiste Gary Kobinger s’est distingué dans la catégorie Science et recherche. Les grands honneurs ont été décernés au président de Rendez-vous 2017, François Moreau, dans la catégorie Société, tandis que Byron Mikaloff et Olivier Dufour ont été préférés dans la catégorie Arts et culture. Les sœurs Catherine et Anne Monna sont les gagnantes dans la catégorie Économie et affaires, tandis que la jeune scientifique Victoria Chouinard s’est vue décerner le prix Jeunesse. Enfin, dans Loisirs et sports, c’est le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges Alex Harvey qui s’est démarqué — celui-ci était d’ailleurs absent, fort occupé qu’il est à se préparer pour les Jeux olympiques de PyeongChang.

Le coup de cœur du jury est allé à la Québécoise d’adoption Olga Milena Peña Velásquez, qui a fait preuve d’une ténacité hors du commun depuis son arrivée dans la capitale il y a six ans, après avoir quitté sa Colombie natale. 

Vibrant témoignage

Le musicien Byron Mikaloff, membre du groupe Les Lost Fingers, a livré de vibrants remerciements au moment de recevoir son prix, qu’il partage avec Olivier Dufour (absent de la soirée). Le duo a orchestré en un temps record le spectacle Ensemble, à la suite de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, qui a réuni quelque 160 artistes de la région pour célébrer l’unité et la diversité de façon mémorable. 

«Les vrais gagnants [de cette soirée], ce sont tous les gens qui sont venus au Capitole [pour le spectacle], tous ceux qui ont fait preuve de compassion», a mentionné M. Mikaloff. 

Très ému, le musicien a aussi remercié l’ancien président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, et sa femme, présents dans la salle, qui ont fait preuve «d’ouverture, de résilience et de calme après la tragédie», survenue il y a bientôt un an. 

M. Yangui a d’ailleurs confié au Soleil que Byron Mikaloff et lui-même étaient devenus de bons amis depuis les événements.

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Soirée des lauréats Le Soleil—Radio-Canada

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Lauréats

Lauréats : économie et affaires

GAGNANTES : ANNE ET CATHERINE MONNA

› 2 avril 2017

En les écoutant parler de leur projet, de leur vie de femmes d’affaires, on sent le respect et la complicité des deux sœurs, et la grande touche de poésie qu’elles ont voulu imprimer dans les divers aspects de la compagnie. 

Une touche de charme et d’envoûtement qui se vit autant dans le décor et les relations avec les clients, que dans les valeurs, la philosophie d’entreprise et les relations de travail, voire dans leur conversation.

Actionnaires majoritaires depuis deux ans à peine, Anne et Catherine Monna dirigent les destinées de Cassis Monna et filles depuis 2015. Elles ont pris la relève de leur père Bernard en prenant de plus en plus de place dans l’entreprise familiale depuis les 15 dernières années. 

Elles ont rêvé et elles rêvent encore de faire de ces lieux un havre de paix dans un décor enchanteur, plein de poésie et de douceur. Un lieu à leur image pour découvrir les plaisirs de goûter le cassis sous plusieurs formes, comme vin ou dans divers cocktails, comme crème dans la gelato artisanale aromatisée, ou simplement pour prendre un repas sur l’Île d’Orléans. Cassis Monna et filles a reçu le titre de l’entreprise de l’année au gala des Fidéides.

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Lauréats

Lauréats : société

GAGNANT : FRANÇOIS MOREAU

› 30 juillet 2017

Pendant les jours du Rendez-vous 2017, le secteur du Vieux-Port grouillait de monde. La marée humaine, aidée par le beau temps, a permis de faire de l’événement un succès, 33 ans après Québec 84.

François Moreau, président de l’organisation, a vécu de grands moments de bonheur et de fierté qui lui ont fait pousser des ailes, affirme-t-il. «La population de Québec a embarqué dans l’aventure. Les gens ont fait montre de patience pour visiter les voiliers ou déambuler dans le Vieux-Port. Il n’y a eu aucun incident pendant les cinq jours.» 

Il revivait un grand rêve commencé en 1984 alors qu’il était guide touristique pour Parcs Canada pendant Québec 84, lors de la première venue des grands voiliers. Il avait vécu de grands moments à l’époque et il souhaitait faire vivre une aventure grandiose à la population, comme celle qui a imprégné sa mémoire de jeune adulte.

«Oui, c’était une longue aventure. Une aventure complexe dans sa logistique», signale-t-il. «Il fallait organiser la présence des voiliers dans 35 villes canadiennes. L’équipe a pu abaisser les montagnes et faire en sorte que l’objectif soit atteint», insiste-t-il avec la fierté dans la voix.

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Lauréats

Lauréats : science et recherche

GAGNANT : GARY KOBINGER

› 8 janvier

Non seulement les avancées dans la lutte contre l’Ebola à la suite de l’épidémie de 2014 en Afrique ont permis de découvrir une nouvelle recette contre les infections, mais plus encore les chercheurs, dont Gary Kobinger, sont en train d’écrire «un tout nouveau livre de cuisine et de recettes qui serviront pour la création et la production d’une multitude de vaccins efficaces», illustre le microbiologiste. Le VIH, la malaria, la dengue, les formes d’influenza agressive pourraient bénéficier rapidement du nouveau livre de recettes.

«Avec les techniques de production de vaccins de la compagnie Médicago, nos méthodes de création de vaccins et de traitements, nous pourrions en l’espace de trois mois juguler une épidémie avec des moyens efficaces.»

«Quoi de mieux que de revenir à Québec pour ouvrir de nouvelles voies», raconte le natif de la capitale qui a fait ses études à l’Université Laval. «Je rêvais de revenir à Québec à cause de la qualité de vie, de l’environnement. Les ouvertures se sont créées rapidement alors que j’étais en Afrique», souligne celui qui a pris la direction du centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval au CHU de Québec.

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Lauréats

Lauréats : loisirs et sports

GAGNANT : ALEX HARVEY

› 12 mars 2017

On l’a déjà surnommé le prince de l’équipe canadienne de ski de fond. Et ce dimanche matin finlandais du 5 mars, Alex Harvey a régné sur l’épreuve-reine de 50 km style libre des Championnats du monde FIS, une distance dominée jusque-là exclusivement par des skieurs scandinaves et européens.

Le fondeur de 28 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges est devenu le premier Nord-Américain à remporter cette course mythique, symbole d’endurance depuis 1925.

«Une demi-seconde sur une course d’une heure et 45 minutes, ça peut changer beaucoup de choses. Je m’en suis rendu compte, à Lahti et en Norvège, où les médias étrangers voulaient me parler, où les enfants voulaient prendre des égoportraits avec moi. Je sais que ma victoire aura un impact au Québec et au Canada, et c’est tant mieux», a reconnu le champion du monde.

«Ça ne me changera pas, parce que le ski de fond reste un sport humble, ce n’est pas un monde de “flasheux”. Au Canada, aucun skieur ne s’est jamais pris pour une tête enflée, il n’y a pas de danger pour que ça arrive.»

Alex Harvey constate que le ski de fond progresse au Québec. S’il y est pour quelque chose, il refuse d’en prendre tout le crédit.

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