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Artisan des changements numériques

Créer de la valeur dans la transformation informatique d’une entreprise en alliant les affaires et la technologie pour produire des bénéfices. Tel est le modèle de travail de l’entreprise Levio Conseils et de son président François Dion.

La compagnie existe depuis quatre ans à peine. Fondée en 2013, elle démarre ses opérations en janvier 2014. Du seul employé au départ, M. Dion est entouré aujourd’hui de 350 spécialistes en gestion et en technologie. «Nous devrions être 450 à la fin de l’année», soutient l’homme d’affaires à la recherche de nouveaux talents pour continuer la croissance de la compagnie.

Le lauréat

François Dion, artisan des changements numériques

PRÉSENTATION: Lauréat : François Dion, président de Levio Conseils.

Occasion : l’entreprise a obtenu deux prix lors du Gala des Fidéides de la Chambre de commerce de Québec, dans la catégorie jeune entreprise et comme entreprise de l’année dans la catégorie moyenne et grande entreprise.

Créer de la valeur dans la transformation informatique d’une entreprise en alliant les affaires et la technologie pour produire des bénéfices. Tel est le modèle de travail de l’entreprise Levio Conseils et de son président François Dion.

La compagnie existe depuis quatre ans à peine. Fondée en 2013, elle démarre ses opérations en janvier 2014. Du seul employé au départ, M. Dion est entouré aujourd’hui de 350 spécialistes en gestion et en technologie. «Nous devrions être 450 à la fin de l’année», soutient l’homme d’affaires à la recherche de nouveaux talents pour continuer la croissance de la compagnie.

La région a beau flirter avec le plein emploi, la rareté de la main-d’œuvre dans le secteur la technologie ne l’effraie pas. «Si la croissance a été rapide», avance-t-il, «c’est que nous avons ce qu’il faut pour attirer les gens. La culture de l’entreprise et nos valeurs font en sorte que les gens veulent venir ici».

Les valeurs

L’entreprise se spécialise dans la transformation numérique dans de projets touchant  les services financiers et les assurances.  Il se souvient de son premier grand projet : l’intégration des opérations de la division canadienne de l’assureur State Farm dans les opérations de Desjardins Assurances.

«C’était motivant un projet comme celui-là. Il y avait des travaux informatiques importants, la refonte des processus d’affaires. Il fallait faire atterrir tout cela dans une gestion des changements pour 4000 personnes», illustre-t-il.

L’orientation de Levio consiste à aider et à accompagner les entreprises dans les projets de transformation numérique ambitieux. Une partie de l’équipe s’occupe du volet «affaires» et une autre du volet  technologique. «Il faut nécessairement un lien entre les composantes du processus d’affaires et des TI pour générer du succès et des bénéfices pour la compagnie», explique-t-il.

Car Levio peut compter sur des spécialistes en gestion comme en technologie, jusqu’à la formation du personnel sur les nouveaux outils, du début à la fin du projet.

Un encouragement

Recevoir deux prix lors des Fidéides, ce fut deux grands moments de fierté. «Pas seulement pour moi, mais pour toute l’équipe», affirme M. Dion. «Nos efforts et notre vision d’affaires sont reconnus par des pairs. C’est une bonne tape dans le dos, une marque d’encouragement à continuer!»

Le siège social de l’entreprise est Québec, une fierté que M. Dion ne veut pas cacher. Levio a un bureau à Montréal, un autre à Toronto, et une filiale verra le jour en Illinois, aux États-Unis. Le premier employé américain est déjà embauché et il entrera en fonction au début de juillet.

Lorsqu’il a fondé sa compagnie, son objectif était de générer de la valeur dans les grands projets d’informatisation. Et le nom Levio, un terme latin qui signifie rendre plus léger, «c’est aussi être plus agile pour amener les gens de TI et des affaires à travailler ensemble de manière efficace pour les changements génère de la valeur et des bénéfices pour le client.»

Il mise sur les talents du Québec pour gérer des projets de 300 ou 400 millions $ en utilisant des méthodologies nouvelles,  en adaptant la recette au contexte du projet et de l’entreprise, et en cherchant à innover constamment.

«Notre vision, expose-t-il, est d’être un leader en transformation numérique dans l’industrie des assurances et de services financiers. Ça passe par une stratégie orientée sur les besoins du client, sur son modèle d’affaires. Nous devons gérer l’exécution du projet de façon agile avec une séquence planifiée des interventions. Nous implantons des technologies modernes incluant le passage par l’infonuagique et les techniques de microservices.»

Le lauréat

Changer le monde, une galette à la fois

L’entreprise Madame Labriski a beau être une micro-entreprise, sa fondatrice n’a pas pour autant une vision microscopique. Au contraire, elle part à la conquête du monde avec une énergie sans borne pour changer le monde une galette à la fois, sans sucre raffiné.

Énergique, enthousiaste, tout sourire, et pleine d’humour, Mériane Labrie a découvert sa voie, pratiquement sa mission, en répondant à un besoin essentiel à sa vie de marathonienne : une nourriture saine capable de la remplir d’une bonne énergie pour finir sa course.

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Quand les finances n’ont rien de sorcier

Même si elle n’a que 17 ans, Marianne Spear veut prendre ses finances personnelles en main et montrer aux autres que ce n’est pas sorcier. Elle se souvient d’avoir commencé à gagner des sous à l’âge de 12 ans en vendant des fraises. Et plus tard en travaillant dans un commerce de beignes et café.

Au début de ses études en septembre dans le programme «conseil en assurances et en services financiers», elle a pris conscience qu’elle aurait pu faire des économies, peut-être même des petits placements. Comme les autres jeunes de son âge, faire un budget, distinguer les avantages d’un compte CELI de ceux des REER, tout cela ne faisait pas partie de son horizon de consommatrice. Elle n’a jamais eu de cours sur les finances personnelles durant son secondaire. Une grosse lacune selon elle.

Le lauréat

Michel Laforest: le secret le mieux gardé à Québec

Michel Laforest, ingénieur et cofondateur de Waste Robotics, dirige une entreprise qui a remporté les honneurs du Défi des startups de Réseau Environnement à titre de «startup la plus innovante et prometteuse».

Même si la jeune pousse Waste Robotics a pu bénéficier de la vitrine technologique de la ville de Québec pour tester son système robotique de tri des sacs des matières organiques au travers des autres déchets, l’entreprise demeure un secret bien caché.

En plus de l’intelligence artificielle pour la gestion des robots et des systèmes de vision des produits sur un tapis roulant de déchets, le système peut faire beaucoup plus. 

Chaque produit de plastique, de bois, de métal ou d’autres composantes ayant une marque distinctive devant l’œil électronique, une multitude de bras pourrait séparer les éléments à récupérer dans des conteneurs différents et laisser passer ce qui ira à l’incinérateur.

Pour l’instant, l’ensemble technologique de Waste Robotic est seul au monde. «Nous sommes uniques. Personne n’a encore mis au point un système semblable même si des spécialistes en Scandinavie ont développé des techniques intéressantes», soutient l’ingénieur Marc Laforest, cofondateur de l’entreprise avec quatre autres Québécois en juillet 2016.

Technologie unique

Michel Laforest sait de quoi il parle. Il a passé sa vie dans la gestion des «matières résiduelles», dans les déchets, pour le ministère de l’Environnement et pour diverses entreprises, jusqu’à la création de Waste Robotics il y a à peine deux ans.

«Je venais de quitter une entreprise qui avait vendu au Français et qui n’avait pas d’intérêt pour le marché nord-américain. Je savais pourtant qu’il était possible de diminuer les coûts de gestion de la matière organique sans passer par les bacs bruns. Les solutions existaient, mais avec du tri manuel,» explique-t-il.

Michel Laforest n’a pas mis de temps à convaincre Pier Grenon, Jean-Pierre Thibodeau, Éric Camirand et Nicolas Bélanger, les cinq cumulant plus de 100 ans d’expérience dans le génie logiciel, en génie mécanique dans la robotique, dans les sciences de l’environnement ou avec l’intelligence artificielle.

Depuis l’an dernier, la ville de Delano, au Minnesota, utilise leur technique à l’incinérateur de la ville. C’est une solution de ramassage des déchets organiques avantageuse pour une ville, «moins polluante en termes d’émissions de GES, moins de pertes dans la récupération et moins de désagréments pour les citoyens, notamment avec les odeurs, continue M. Laforest.

Sans bac brun

C’est d’autant plus intéressant pour les citoyens qui n’ont pas à gérer un bac brun, car le sac des résidus organiques est mis dans le bac des déchets pour le tri au centre de déchargement. Quant à la gestion du plastique, il rappelle que les sacs peuvent être récupérés pour refaire des sacs recyclés. À moins que la municipalité opte pour des sacs biodégradables.

«À Victoriaville, la municipalité qui en fait le plus pour la récupération obtient des résultats de 65 % avec les bacs. En France, c’est 95 % de récupération avec les sacs. On pourrait atteindre des résultats intéressants ici avec les sacs, notamment dans les édifices à logements, car il n’y a pas de gestion des bacs ni une collecte additionnelle puis que tout va dans le conteneur des déchets», estime M. Laforest.

L’entreprise est en pourparlers avec plusieurs autres municipalités au Québec pour y implanter sa technologie. Elle est qualifiée pour les soumissions pour répondre aux appels d’offres de Québec. La technologie de Waste Robotics est promise à un bel avenir.

«Nous pouvons faire bien plus avec notre système qui peut analyser toute sorte de matières sur le convoyeur. Nous testons actuellement un système robotique pour traiter les déchets de construction. On peut faire la même chose pour le recyclage sur une même chaîne de convoyeur en ayant plusieurs bras robotisés. Pour une municipalité, il y aurait plusieurs avantages.»

Même si Waste Robotic est une jeune pousse, sa croissance se poursuit, puisqu’elle compte neuf employés et de nombreux projets dans ses cartons.

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Béatrice Lamarche: le plaisir d’être sur la glace

Originaire de Sainte-Foy, âgée de 19 ans, Béatrice Lamarche se souvient qu’elle chausse des patins depuis l’âge de 4 ou 5 ans. Elle suivait des cours de patinage avec son frère. Sa jeune sœur, elle aussi, pratique le patin dans les épreuves de courte piste.

Le sport semble être inscrit profondément dans la génétique familiale, car son père a chaussé les patins en compétition olympique et sa mère est une adepte d’athlétisme.

S’entraîner tous les jours ou presque, ce n’est pas un fardeau, mais un plaisir. Entre les cours, la glace et le gymnase, elle semble s’amuser. Cela paraît dans sa voix, elle sait où elle va, sans pression, avec le désir de progresser, de s’améliorer compétition après compétition.

Plus encore, elle note la complicité entre ses partenaires sur la longue piste et l’autre groupe de la courte piste avec qui elle s’entraîne sans participer aux épreuves. «C’est une belle gang d’amis. Tout le monde s’encourage. On a du plaisir ensemble dans les entraînements comme dans les sorties.» 

Pas de jalousie, que des encouragements

Il n’y a pas de jalousie, pas de compétition pour savoir qui fera le meilleur temps, mais un climat où chacun et chacune s’encouragent et applaudit lorsqu’un membre de l’équipe réussit un bon coup. 

«Je suis chanceuse, avoue-t-elle. Mes parents ne m’ont jamais mis de pression. C’est plus facile de progresser de cette manière-là. Ils m’ont toujours dit de faire de mon mieux pour m’accomplir», confie-t-elle. Ils étaient au bord de la piste lorsqu’elle a gagné le championnat. «C’était le fun d’avoir mes parents et mes grands-parents avec moi. C’était aussi vraiment bien de voir aussi les familles des autres compétiteurs.» C’était la fête!

Championne du monde junior du départ de groupe, elle passera chez les seniors lors de la prochaine saison. Cette année, son début de saison était en dents de scie jusqu’en janvier. 

Le vent a tourné au début de l’année. «Je me sentais mieux, lance-t-elle pendant l’entrevue. Tout allait bien. Je n’étais pas nerveuse pour les championnats canadiens ni pour la compétition» des Mondiaux à Salt Lake City.

Si l’entraînement physique compte pour beaucoup dans les performances, le côté psychologique, l’équilibre et l’esprit clair ont aussi une grande importance pour affronter la pression des épreuves sportives. «Nous sommes très bien entourés, exprime-t-elle, autant par les entraîneurs, le support des pairs et l’aide des spécialistes de la psychologie sportive au besoin.

Étudiante en science de la nature au cégep, elle réussit à concilier le sport et les études. «Je fais mon cégep sur trois ans au lieu de deux ans. C’est une quinzaine d’heures de cours par semaine. Si j’ai un cours le matin, l’entraînement aura lieu le soir. Tout est organisé pour me permettre d’étudier», raconte-t-elle.

Même lors qu’elle est en compétition à l’extérieur de la ville ou du pays pour quelques jours ou quelques semaines, les études font partie des priorités. 

«Je ne peux pas me permettre de retard. Je dois garder le rythme, sinon ce sera plus dur de faire du rattrapage au retour.»

Elle sait que la prochaine année sera différente, mais dans sa voix et son discours, on ne sent aucune inquiétude. Elle sera dans l’équipe pour apprendre, pour s’améliorer, pour aller plus loin. 

Dans quelques semaines, elle prendra un peu de repos. Ce sera l’entraînement estival, le vélo surtout, et le patinage sur courte piste. 

Puis le départ pour le camp d’entraînement à Calgary en août jusqu’au début de la nouvelle saison dans un nouveau groupe.

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Martin Thériault: conjuguer passion et convictions

En 2010, ils étaient trois pour lancer Eddyfi Technologies. Huit ans plus tard, ils sont 260 travailleurs, dont la moitié travaille à Québec. Les autres sont au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, à Dubaï, aux États-Unis.

Dans quelques mois, toute l’équipe de Québec déménagera dans de nouveaux locaux pour la prochaine étape de croissance de l’entreprise spécialisée dans les tests non destructifs avec la technologie des courants de Foucault.

Choisi pdg de l’année de l’Association québécoise des technologies (AQT), Martin Thériault se souvient des débuts de la compagnie et des rêves du départ qui se réalisent maintenant dans une perspective planétaire.

«Lors de la récession en 2009, la multinationale pour qui nous travaillions a décidé de laisser tomber certains secteurs. Nous avons vu [les associés du départ] une opportunité pour nous lancer en affaires», relate-t-il. L’entreprise n’a cessé de croître. Les revenus aussi. De presque rien, le chiffre d’affaires passe les 100 millions $ cette année.

La croissance, organique au départ, s’est accélérée avec les acquisitions. C’était la meilleure manière d’acheter des technologies complémentaires, de nouvelles idées et des ressources talentueuses pour amener les nouveaux produits à des niveaux supérieurs.

Les convictions

Pour en arriver là, Martin Thériault parle de ses convictions, de la passion et de la vision d’aller toujours plus loin. Un peu comme un athlète qui découvre son potentiel pour passer aux compétitions olympiques, l’homme d’affaires a su saisir les opportunités pour aller plus loin dans le développement de son marché. Il ne faut pas lésiner sur les efforts pour être sur la plus haute marche du podium.

«Avant d’acheter l’entreprise en Afrique du Sud, il n’y avait pratiquement pas moyen de faire des affaires ou de proposer nos produits et nos technologies. Maintenant, nous avons une équipe sur place. Ce sont des gens du pays qui connaissent tous ceux avec qui nous voulons faire des affaires», illustre M. Thériault.

C’est la même chose à Dubaï et au Royaume-Uni. Ce sont des gens bien implantés dans leur milieu qui permettent d’ouvrir des portes pour saisir les bonnes occasions et faire valoir l’expertise d’Eddyfi. Les nouveaux marchés sont l’occasion d’investir en recherche et en développement dans ces pays et à Québec pour perfectionner les produits et la technologie qui supportent le tout.

Être plus efficace

Améliorer, peaufiner, arranger, c’est dans la nature du patron d’Eddyfi. Depuis aussi longtemps qu’il se souvient, lorsqu’il voit un concept, un appareil, une technologie, il essaie de comprendre son fonctionnement, critique la conception en se demandant s’il n’y aurait pas moyen de faire mieux, d’être plus efficace.

C’est aussi ce qui le préoccupe pour l’entreprise : comment augmenter les revenus récurrents? Or, la technologie, la dématérialisation des processus, les capteurs et les logiciels qui se perfectionnent avec l’apport de l’intelligence artificielle, tout cela vient ouvrir une nouvelle porte vers la croissance.

«Nous sommes dans les équipements haut de gamme avec une concurrence internationale. Alors, la recherche d’occasions d’acquisition à l’étranger permet d’aller plus loin dans notre développement. Mais ce sera toujours une croissance réfléchie. Nous ne voulons pas d’une entreprise qui serait un château de cartes. Chaque acquisition et chaque projet, ce sont de nouvelles possibilités de répondre aux besoins des clients. Cela se traduit par des emplois ici à Québec et de l’argent neuf à Québec aussi», avance-t-il.

Et ce prix du pdg de l’année lui fait d’autant plus plaisir que la reconnaissance vient des gens du milieu de la technologie. Rien ne semble lui faire plus plaisir que d’avoir été honorés par ses pairs.

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Jean-Marie Lebel: le curieux voyageur dans le temps

L’historien Jean-Marie Lebel a déjà reçu des prix et des mentions. Il a même été honoré par l’Assemblée nationale. Des honneurs qui lui ont fait un grand plaisir. Mais le Prix des Dix, c’est autre chose; comme un cran de plus dans l’indice du bonheur, car ce prix annuel lui a été remis par ses pairs pour souligner l’ensemble de sa carrière.

Enseignant, auteur, chercheur, chroniqueur, Jean-Marie Lebel a exercé différentes facettes de son métier d’historien. Il définit ainsi sa passion : «Je suis un curieux voyageur dans le temps. Je raconte ce que j’ai observé, ce qui m’a étonné, indigné ou émerveillé».

Pour raconter l’histoire, il faut savoir apprendre. Justement, c’est ce qui le motive depuis l’enfance. «Enfant, les livres que je préférais étaient les manuels d’histoire. Je voulais apprendre tout ce que je pouvais sur l’histoire», affirme-t-il avec conviction.

Il a donc continué d’apprendre inlassablement jusqu’à l’université, et encore plus après. Même aujourd’hui, il ne cesse de vouloir apprendre. C’est ce qui a coloré la première partie de sa carrière.

Pourquoi apprendre tout le temps? «Il faut apprendre pour savoir transmettre», précise-t-il. «J’ai mis 20 ans à maitriser mon métier. Et c’est à 41 ans que j’ai compris que je maîtrisais ce que j’avais accumulé comme savoir et comme connaissances. Pour transmettre, il faut aussi apprendre à communiquer, mais ce n’est pas en trois années d’université que l’on apprend cela.» Cet art s’est développé au fil des ans.

Apprendre et transmettre

Il faut savoir communiquer non seulement pour transmettre, mais aussi pour vulgariser l’histoire, pour lui donner une âme. S’il parle de personnages morts depuis longtemps, admet-il, ceux-ci prennent vie dans ses discours, dans les traces qu’ils ont laissées dans leur quotidien jusqu’à aujourd’hui.

À 61 ans, apprendre et transmettre sont encore les deux mots marquants de sa carrière qui se poursuit toujours dans différents milieux, dans des conférences, dans des écrits. Il le fait aussi pendant l’entrevue dans la classe où il se prépare à parler des premiers ministres canadiens et québécois. Dans sa présentation, il redonnera une voix aux personnages historiques, car ceux et celles qui arrivent dans l’auditorium veulent eux aussi en apprendre plus.

«Il y a deux manières de raconter l’Histoire», ose celui qui aime apprendre depuis toujours. «On peut donner des faits bruts et laisser les gens se faire une opinion. Ou encore, exposer les faits, les mettre en contexte, raconter ce que j’y ai découvert. Lorsque je raconte la pendaison de Louis Riel, je suis indigné aujourd’hui, comme je l’aurais été si j’avais été sur place. Je constate que les gens veulent les faits et mon opinion. Et je sais très bien qu’ils sauront construire leur propre opinion dans tout ce que j’aurai exposé».

Dans l’ère de l’instantanéité, des nouvelles en continu et des réseaux sociaux, il constate un engouement plus grand que jamais pour l’histoire. Il en donne pour preuve les 21 400 abonnés et amis de la page Facebook de la Société Historique de Québec. Sans compter les activités des 13 sociétés d’histoire des municipalités fusionnées de la grande ville de Québec, elles qui n’ont jamais cessé d’attirer des milliers d’amants de l’histoire dans leurs activités. Depuis 20 ans, son enseignement se poursuit à l’Université du troisième âge de Québec de l’Université Laval devant des centaines de personnes session après session.

Comme Jean-Marie Lebel ne cesse d’apprendre, il ne veut pas arrêter de transmettre ses découvertes. Il prépare un nouveau livre qui s’intitulera Mes fantômes du Vieux-Québec pour faire vivre d’autres personnages méritant d’être connus.

Le lauréat

L’incroyable calcul d’Alex Beaulieu-Marchand

Dans le sport, les plus savants calculs ne donnent pas toujours les meilleures réponses. Et une équation mystère peut parfois mener à la consécration.

Alex Beaulieu-Marchand s’était quasiment convaincu, il y a quelques semaines à peine, qu’il lui valait mieux prendre sa retraite. Que les pirouettes du ski acrobatique en style libre, «si c’est trop dangereux, si ç’a pas de bon sens, je ferais mieux d’arrêter ça là», se disait-il du fond de son divan, pendant que le temps effaçait les symptômes d’une sévère commotion cérébrale.

Mais la suite s’est avérée aussi inattendue qu’inespérée. L’athlète de 23 ans de Saint-Augustin-de-Desmaures s’est acharné à revenir d’une énième blessure. Et il se balade avec une médaille de bronze olympique au cou depuis une semaine.

«J’ai fait tellement de sacrifices, juste pour retrouver la santé et me rendre aux Jeux. Mon objectif était de faire ma meilleure performance possible, mais ç’a dépassé toutes mes attentes. J’ai si peu skié dans les derniers mois, je n’en reviens toujours pas! C’est incroyable!» a-t-il dit au Soleil, mercredi, en direct de la Corée du Sud, dans ce qu’il espérait être sa dernière entrevue après quatre journées de tournée médiatique.

Beaulieu-Marchand roulait alors à bord d’un autobus qui le ramenait de la compétition de bobsleigh, à laquelle il venait d’assister avec ses amis Mikaël Kingsbury et Philippe Marquis, des bosseurs du Québec, et Evan McEachran et Teal Harle, des slopestylistes comme lui. Les boys du freestyle canadien se promettaient d’autres activités comme supporteurs et comme touristes avant le retour au bercail, lundi, dans le cas de Beaulieu-Marchand.

Oui, l’état de sa tête l’a inquiété. Mais il y a aussi son genou, qu’il fera bientôt opérer pour retirer un fragment de cartilage, avant de voir si l’œdème osseux persiste à lui causer des problèmes. Puis, il y a cette tige de métal à faire enlever à la clavicule.

Celui que tous surnomment ABM, par ses initiales, assure ne pas être à plaindre. Il estime que cette reconnaissance olympique lui permettra de mener la suite de sa carrière à sa manière.

C’est-à-dire poursuivre ses projets de films de ski, commandites à l’appui, et participer dans les prochaines années juste aux compétitions dont il a envie,
X Games, Dew Tour et Championnats du monde.

«Je vais probablement aussi faire la Coupe du monde [de big air] de Québec [22 et 23 mars pour le ski], parce que c’est à la maison», ajoute-t-il, parlant de plus d’un voyage de... ski à venir, mais «pour le plaisir, dans la poudreuse».

Toujours zen

À part quelques suiveux de plus sur les réseaux sociaux, ABM croit qu’une médaille olympique ne changera pas sa vie. Il reste fidèle à son style zen, posé, calme, terre à terre, même si son talent consiste à plus ou moins voler avec une paire de skis aux pieds.

«Il est très terre à terre, cet enfant-là», a d’ailleurs confié sa mère, Andrée Marchand, au collègue Jean-Nicolas Patoine, lors de la soirée de compétition. «Il est l’fun, sensible et calme. Tout le monde me dit: “Ça doit être un casse-cou, un énervé?” Pas du tout! Il n’est pas casse-cou. Il ne se lance pas dans le vide sans calculer. Il calcule, mais il n’est pas peureux.»

Un calcul qui le place pour l’éternité au sein du cercle restreint d’une douzaine d’athlètes de la région de Québec élargie à avoir rapporté une médaille des Jeux olympiques d’hiver. Un incroyable calcul.

Le lauréat

Laurie Blouin: le triomphe de la «petite guerrière»

Rarement a-t-on vu la même personne nommée lauréate deux fois. Encore moins deux années de suite. Mais certains exploits sont impossibles à ignorer.

Comme remporter une médaille d’argent aux Jeux olympiques. Ce qu’a fait Laurie Blouin, dimanche dernier (lundi en Corée), lors de la compétition de slopestyle disputée en pleines rafales, à PyeongChang.

Contrairement à la grande majorité de ses rivales, l’athlète de Stoneham y a dominé le vent, choisissant la prudence lors de son dernier saut. Un calcul payant.

Elle a aussi maîtrisé l’imposant parcours du parc à neige Phoenix. Une descente aux rampes de six pieds de hauteur et aux sauts gigantesques. Un monstre, même sans le vent. La petite blonde de 5’4’’ a dompté la bête.

Tout ça après une dangereuse chute en fin de parcours à l’entraînement, trois jours plus tôt. La planchiste et ses proches ont craint le pire. Un œil au beurre noir et une petite coupure à la joue sont demeurés les seules preuves de l’accident. Et n’étaient sans doute pas étrangers au commentaire de la championne de la compétition, l’Américaine Jamie Anderson : Blouin est une «petite guerrière».

Son entraîneur, Maxime Hénault, parle d’une athlète à la détermination incroyable. «Laurie, ce n’est pas quelqu’un qui va s’en faire, qui va hésiter. […] De se diriger vers ce saut-là et de le faire de cette façon, ça prend toute une drive», l’encense celui qui la dirige depuis près de 10 ans, en parlant du troisième envol de la descente olympique.

«C’est juste fou ce qui m’arrive, c’est malade», avait dit la guerrière en question, une fois sa médaille au cou. «Ça me prendra encore quelques jours pour le réaliser.»

Quelques jours plus tard, justement, impossible de l’ignorer : sa performance et toute l’attention médiatique vont changer sa vie, du moins un peu. La planchiste de 21 ans a constaté avoir beaucoup de partisans. «C’est fou! Je ne pensais pas qu’autant de personnes étaient derrière moi», a-t-elle dit au Soleil dans un échange virtuel. «J’ai vraiment reçu beaucoup de messages pour me féliciter. J’apprécie énormément!»

La médaille d’argent décrochée par Blouin a peut-être des allures de consécration, mais elle est aussi une confirmation. Celle de son indéniable talent, déjà manifeste depuis son titre aux Mondiaux 2017, qui lui avait valu sa première sélection comme lauréate, il y a moins d’un an.

Malgré son statut de championne du monde, Blouin n’était pas parmi les grandes favorites, en Corée. Peut-être en raison de quelques résultats moyens dans les mois précédents. Peut-être à cause de l’importance encore relative des Mondiaux dans ce sport aux nombreuses compétitions prestigieuses non gérées par la Fédération internationale de ski, comme les X Games ou le Dew Tour. Une question de constance et d’expérience, résume Maxime Hénault.

Mais la voilà médaillée olympique. Et les doutes, s’il en restait, sont dissipés.

Désormais, Blouin fait partie de la prestigieuse liste de médaillés olympiques d’hiver de la grande région de Québec. En compagnie notamment des Gaétan Boucher, Myriam Bédard, Philippe LaRoche, François Drolet, Manon Rhéaume, Dominique Maltais, Kalyna Roberge, Simon Gagné, Marie-­Philip Poulin, Patrice Bergeron, Kim Lamarre...

Et Blouin pourrait ajouter du précieux métal à sa collection: dimanche soir, heure de Québec, s’amorce la compétition de big air (grand saut), avec les qualifications.