Le lauréat

Louis St-Gelais: l’ouverture sur les marchés mondiaux

Se présenter pour la première fois à un concours international de design et remporter le premier grand prix dans sa catégorie fut toute une surprise pour Louis St-Gelais.

Une surprise pour l’équipe de Vitrines Zone, mais surtout des occasions d’affaires avec une grande ouverture sur le marché international pour leur produit, des vitrines spécialisées destinées aux musées et aux grandes expositions.

«Nous avons participé au concours en écoutant les conseils de Québec International, explique le président de la compagnie. Nous n’avions aucune attente, mais ce prix ne pouvait mieux tomber. C’est une possibilité d’expansion de notre marché qui apportera de l’argent neuf dans la région de Québec.»

Ce concours comprend 47 catégories et réunissait 6300 projets, dont ceux de Bombardier qui ont obtenu des prix de design, Ferrari, Apple, Samsung et plusieurs autres parmi les participants réguliers d’année en année.

Une entreprise ne peut être plus québécoise que Vitrines Zone avec ses 35 employés dans le parc industriel de Charlesbourg. «Nos produits sont à 99,8 % québécois. Nos cadres en acier sont produits à Québec, notre verre aussi. Il n’y a que certaines pentures spéciales provenant de la Nouvelle-Zélande et parfois des systèmes d’éclairage achetés aux États-Unis. Toute la conception est faite ici, comme l’assemblage dans notre usine», explique Louis St-Gelais avec fierté.

Un fournisseur majeur

Plus grand fournisseur de vitrines spécialisées sur mesure en Amérique du Nord en 2016, Vitrines Zone est toujours parmi les fournisseurs majeurs. 

Lous St-Gelais mentionne les grands musées du Québec, que ce soit celui de la civilisation, le Musée national des beaux-arts ou encore Pointe-à-Callière à Montréal, sans compter plusieurs autres au Canada parmi les 5000 lieux d’exposition au pays. 

Il n’oublie pas les grands musées des États-Unis avec plusieurs projets dans les pavillons Smithsonian à Washington. Actuellement, l’entreprise travaille sur des projets au Palais présidentiel à Abou Dhabi et d’autres à Dubaï.

Les débuts

L’entreprise Concetti Design, dont Vitrines Zone, a été fondée en 1985 par Louis St-Gelais et trois autres amis finissants de l’école du meuble de Victoriaville. «Nous avons investi chacun 3000 $ pour créer notre compagnie avec notre petit atelier de 600 pieds carrés, se souvient-il. Mais c’est en 2000 que le virage a été pris avec un premier contrat pour le Musée de la civilisation de Québec. 

«En voyant les besoins pour la conception des vitrines pour les expositions, poursuit M. St-Gelais, nous avons développé une spécialité comme entrepreneur en exposition. Notre première vitrine conçue et construite ici a vu le jour en 2000. C’est un de mes amis, Pierre Giguère, qui s’est joint à l’équipe pour développer ce volet de l’entreprise. J’avais le choix de prendre de l’expansion en allant à Montréal, en développant des kiosques pour les entreprises ou prendre le virage dans le secteur de vitrines. Lorsque Pierre a vu ce que nous avions réalisé, c’était clair pour lui que nous devions nous lancer dans la production de vitrine. Je lui en dois une, car c’est lui qui nous a fait prendre la bonne voie pour la croissance de la compagnie.»

Dans les prochains mois, l’entreprise grandira en ajoutant plus d’espace pour développer son volet design de produit. «La conception et le design sont soumis à la fonction. Nos produits doivent être étanches, à atmosphère contrôlée, avec de l’éclairage spécifique. Il faut que nos vitrines soient presque invisibles, car le but c’est de mettre en valeur les artéfacts exposés», conclut-il.

Dans cette aventure, le prix Reddot arrive à point nommé pour donner un élan à la compagnie.

Le lauréat

Roland Martel: toute une vie au service de la musique

Roland Martel a beau dire qu’il range sa baguette de chef d’orchestre, il a toujours la musique dans le sang. La musique, le jazz, la danse, c’est au moins 60 ans de sa vie. Jamais, il ne tournera le dos à la musique. Le feu sacré est toujours vivant.

Il a cédé la baguette de chef à sa fille Katee Julien, mais celle-ci veut qu’il dirige encore son band avec elle pour un temps.

Formé au conservatoire de musique comme trompettiste et en chant classique, le chef d’orchestre est aussi un excellent conteur. Des souvenirs, des histoires sur son amour de la musique, sur ses succès, mais aussi celle d’un incident qui a failli lui couper tous ses espoirs de musicien.

Lorsqu’il était gardien de but pour les Citadelles de Québec, à l’époque de Jean Béliveau, un joueur adverse décoche un puissant lancer frappé au lieu de tenter de le déjouer.

Fracture de la mâchoire supérieure, du sang partout. Il doit se faire opérer. Un prof du conservatoire lui dit qu’il ne jouera plus de trompette : impossible. Dans la tête de Roland Martel, les rêves s’assombrissent.

Pourtant, un rayon de soleil vient raviver les espoirs. Marc Boivin, un musicien de son orchestre et pour le Royal 22e Régiment lui dit : «Tu vas rejouer de la trompette.» Il lui raconte l’histoire d’un trompettiste des États-Unis qui a continué à jouer en déplaçant l’embout sur un côté de sa bouche.

Persévérance

«J’ai vécu trois mois difficiles. Trois mois de persévérance à cause de Marc Boivin. J’ai rejoué de la trompette, relate-t-il. Et j’ai continué de garder les buts. J’ai même joué deux parties hors concours pour les As de Québec.» Rien ne pouvait plus l’arrêter.

Il raconte alors sa passion de la musique. Sa mère jouait du piano. Son père, du violon. Lui, à 16 ans, pendant son travail dans un restaurant au Colisée, écoutait les grands orchestres et les revues musicales qui se produisaient dans l’amphithéâtre.

Pendant Expo-Québec, alors que l’orchestre de Samy Key se produisait, il y avait un concours. Les jeunes étaient invités à diriger l’orchestre pour une pièce musicale. Le gagnant remportait une coutellerie.

«J’avais déjà mon band, se souvient-il. Mon patron me dit d’enlever mon tablier et d’aller sur scène. J’avais le rythme, je connaissais le morceau. Je me lance et les musiciens avaient les yeux grand ouverts d’étonnement. Ils m’ont suivi et ils m’ont fait signe de continuer.»

Qui a gagné la coutellerie? Roland Martel. Plus encore, Samy Key lui a remis sa baguette de chef. «Je l’ai donnée à ma mère en arrivant à la maison», lance-t-il, tout sourire.

Les succès

Et les succès s’enchaînent. Sa notoriété s’établit peu à peu au travers des autres orchestres de Québec. À 21 ans, sa carrière prend une nouvelle tournure. «Les soupers dansants avaient commencé au Château Frontenac dans la grande salle Jacques-Cartier. Moi, je jouais dans une petite salle. Le directeur de l’hôtel, M. Jessop, n’était pas satisfait du genre de musique de l’orchestre. Ce n’était pas le style pour la danse. Il congédie l’orchestre. Il téléphone à la maison vers 22h pour me demander si j’étais libre avec mon orchestre pour le lendemain soir.»

Sa carrière était lancée. Il jouera pendant des années au Château Frontenac, pendant le Carnaval de Québec devant les grands de ce monde. «Lors du Bal de la Régence, Grace de Monaco arrive. Oui, Grace Kelly. Alors j’ai joué sa pièce préférée, True Love, pour qu’elle entame la valse. À la fin, elle a demandé à me voir. Elle m’a donné la main en me disant dans un français impeccable : ‘‘Vous êtes merveilleux. Votre musique me plaît !’’ Le chef du protocole a même permis à mon frère de filmer ce moment.»

Les succès se suivront les uns après les autres. Il se rappelle avoir fait un tabac à Paris, à l’Hôtel Méridien. C’est ce que les journaux ont rapporté.

Plusieurs fois pendant l’entrevue, celui qui a quatre fois 20 ans répète que si l’orchestre Roland Martel a pu exister et durer si longtemps, «c’est à cause des musiciens. Sans eux, il n’y aurait jamais eux d’orchestre» portant son nom.

Maintenant, sa fille reprend la baguette pour que l’histoire se perpétue.

Le Lauréat

Marie-Philippe Benoît: l'engagement comme mode de vie

Lorsqu’elle regarde son agenda chargé de notes et de rendez-vous tous les jours, Marie-Philippe Benoît affirme qu’elle aura une belle semaine. Ce sont des activités, mais aussi des rencontres. Pour elle, l’engagement ce n’est pas du temps partiel, c’est un mode de vie.

Lorsqu’elle arrive pour l’entrevue, la jeune femme de 17 ans marche d’un pas déterminé, le feu dans les yeux. On sent dès le départ qu’elle a du tempérament et qu’elle veut aller le plus loin possible.

Chose certaine, toutes ses activités sont tournées vers les autres, que ce soit les Sentinelles de l’aide pour favoriser l’intégration des jeunes de première secondaire dans la polyvalente. Ou encore les Aidants secrets, ceux et celles qui dénoncent l’intimidation, voire la Fondation de la polyvalente de L’Ancienne-Lorette, un organisme qui lui tient à cœur, car c’est un moyen d’aider les élèves ayant des difficultés financières.

«Fais suer ton prof»

Elle a organisé une campagne de financement originale : «Fais suer ton prof». Ce sont des défis sportifs amicaux lancés aux profs par les élèves qui mettent un 2 $ dans la cagnotte. Si le prof réussit à battre l’élève ou à égaler sa performance, tant mieux. Sinon, il y aura une conséquence composée de redressements assis, de push-ups, et quoi d’autre pour faire suer l’enseignant un peu plus.

«Rien dans les défis ne doit humilier ou abaisser le professeur, lance Marie-Philippe. C’est pour le plaisir de participer, d’amasser de l’argent pour les autres.»

Elle qui a toujours des liens avec la fondation, Marie-Philippe Benoît voit plus loin encore. Elle veut entraîner d’autres écoles secondaires dans son sillage, même des écoles du primaire pour que l’activité «serve à des causes qui leur tiennent à cœur» en faisant suer les profs.

«Il faut que cela s’étende à tout le Québec.» Alors, elle décuple ses efforts pour que tout cela se réalise.

Son secondaire est à peine derrière elle qu’elle s’est déjà engagée dans le Club Entrepreneuriat Sainte-Foy comme vice-présidente au partenariat.

Inscrite en Technique en gestion commerciale au Cégep de Sainte-Foy, elle sait que ce sera une étape vers les études à l’Université Laval en management, ou une autre branche connexe la menant vers l’entrepreneuriat et le monde des affaires. Car le prix de Forces Avenir était accompagné d’une bourse de 10 000 $ pour ses cours universitaires. Travailler dur pour réussir ne lui fait pas peur. Au contraire, elle carbure aux défis.


Plus loin

«L’engagement fait en sorte que je veux pousser toujours plus loin, réaliser de nouveaux projets chaque année, m’épanouir en tant que personne, et grandir à travers les expériences, explique Marie-Philippe. Ça me permet de créer de nouveaux contacts, de rencontrer de nouvelles personnes et de me faire de nouveaux amis.»

Dynamique, elle veut réaliser de nombreux projets. «Pas question de faire toujours la même chose, lance-t-elle. Je veux toujours aller plus loin. Je ne veux pas m’arrêter là, dans un seul emploi, mais découvrir d’autres expériences.»

Habituée aux engagements dans le Programme d’études internationales (PEI), elle croit bien avoir dépassé les 100 heures en bénévolat à l’école et en dehors de la polyvalente. «Je connaissais tout le monde dans l’école. Tout le personnel me connaissait aussi. Le directeur de la polyvalente, Marc Chamard, m’encourageait, il approuvait mes projets et participait aux événements en encourageant les professeurs à participer aussi. Ça créait un sentiment d’appartenance dans l’école et ça mettait une belle ambiance.»

Marie-Philippe estime devoir à ses parents cette propension à l’engagement envers les autres : «C’est une question de valeurs familiales qu’ils m’ont transmises. Ils m’encourageaient me soutenaient et m’aidaient à peaufiner mes projets.»

Pour elle, la limite de l’horizon, ce n’est pas un mur, mais une simple étape à franchir.

Le lauréat

Éric Dupont: les dons planifiés, une voie d’avenir

Entrepreneur à succès, scientifique dans le secteur de la santé, Éric Dupont ne dirige plus d’entreprise, mais il s’adonne à ses passions dans cette nouvelle portion de sa vie active.

Outre les arts martiaux, le pilotage de son avion ou de son hélicoptère, entre les cours de musique et de chant, il met ses énergies dans la philanthropie.

«Je m’implique depuis 25 ans dans la philanthropie, explique-t-il. Au début, je donnais de mon temps. Par la suite, avec mes entreprises et les revenus qui augmentaient, je pouvais donner de l’argent. Avec le temps, la crédibilité se bâtit et les organisations me demandaient d’être président d’honneur pour des collectes de fonds.»

Au fil des ans, il estime avoir dépassé les 50 présidences d’honneur pour différentes causes, que ce soit les hôpitaux de la région de Québec, la fondation du cœur et bien d’autres encore. C’est d’ailleurs ce qu’il fera le 2 octobre avec Christine Michaud comme coprésident du cocktail-bénéfice de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

«Avec des collègues, j’ai pu aider des fondations et des institutions à amasser des millions de dollars, relate-t-il. Mais il y a un quatrième type de philanthropie très important : la philanthropie planifiée. J’en ai fait mon cheval de bataille. C’est ce que j’ai fait il y a deux ans en annonçant que lèguerais 5 millions $ à huit causes qui me tiennent à cœur dont l’Université Laval, le Musée national des beaux-arts et quelques autres.»

Cent-associés

Ce dont il est le plus fier, c’est d’avoir été la bougie d’allumage du programme de dons planifiés Les Cent-Associés visant à réunir 100 donateurs qui verseront au moins un million de dollars dans un fonds au profit de futures générations d’étudiants. Il est convaincu que 100 donateurs, même plus, viendront dans l’organisation au point de dépasser les 100 millions espérés.

«J’aimerais que le million de dollars que je lèguerai à ma mort serve au développement de l’entrepreneuriat dans toutes les facultés de l’Université Laval. Nous sommes actuellement 25. Nous sommes comme les Cent-Associés du début de la colonie. Ils ont donné 1000 écus. Ces 1000 écus aujourd’hui valent aujourd’hui 1 million $.»

Il a aussi légué un autre million au fonds Alfred-Pellan pour les dons planifiés. Le fonds veut amasser 25 millions $ de cette manière dans les prochaines années.

Pour lui, la philanthrope planifiée permettra d’amasser des sommes colossales au profit des arts, de la culture et de l’éducation.

Dons planifiés

«La plupart des gens ayant une bonne indépendance financière pourraient léguer jusqu’à 10 % de leurs avoirs au décès sans pénaliser leur famille ou leur descendance pour aider des causes qui leur tiennent à cœur», estime-t-il.

Cette année, il a voulu aider d’autres facultés de l’Université Laval. Il a fait don de guitares qu’il avait collectionnées à la faculté de musique. Il a fait de même avec plusieurs tableaux offerts à la faculté des arts, des tableaux qu’il a peints, pour que cela puisse servir à financer leurs projets.

«J’ai eu le privilège d’être formé dans trois facultés de l’Université Laval, celles de l’administration, des sciences et de la médecine», ajoute-t-il en précisant l’importance de redonner. «J’essaie d’appliquer les principes des grandes étapes dans la vie, le learn, earn and serve. J’ai appris. J’ai obtenu mon indépendance financière avec les quatre compagnies fondées avec mon frère Luc, dont trois ont été vendues. Et maintenant je peux être au service de causes qui me tiennent à cœur, dans mon après-carrière dans les affaires, où je peux faire une différence parfois modeste et parfois plus importante», conclut-il.

Le Lauréat

Jocelyn Vallerand: L'aventure inattendue de l'engagement

Lorsque Me Jocelyn Vallerand a franchi les portes du Relais d’Espérance en 1980, il ne se doutait pas qu’il allait s’embarquer dans une aventure de 38 ans avec cet organisme communautaire. «Il y a beaucoup de choses dans la vie qui sont le fruit du hasard.»

Jeune avocat, Jocelyn Vallerand n’avait pas de ligne directrice pour sa carrière lorsqu’il a commencé à pratiquer le droit.

Au départ, il était là seulement pour rédiger les règlements généraux de l’organisme, mais la présidente et fondatrice du Relais, Denise Goyette, voyait plus loin en ce qui concerne l’implication de M. Vallerand.

«Quand tu commences ta carrière en droit, tu ne te vois pas t’impliquer dans une cause bénévole pendant plusieurs années, mais Mme Goyette avait sa façon de convaincre les gens et elle m’a un peu forcé la main pour que je reste.»

Le jeune avocat ouvre rapidement les yeux sur ce que font les gens au Relais. Et une nouvelle motivation s’anime en lui.

«De voir tous ces gens travailler bénévolement pour sauver des vies, c’est exceptionnel. Quand tu es dans la mi-vingtaine, tu ne penses pas vraiment aux problèmes que peuvent vivre les autres dans la société. J’ai vu avec le Relais une facette de la réalité que j’ignorais auparavant.»

Sans être un intervenant de première ligne auprès de la clientèle de l’organisme, l’avocat s’est engagé à aider le Relais d’une autre façon.

«Mes forces ne sont pas sur le terrain avec les gens, car mes aptitudes sont davantage en lien avec la gestion. C’est très bien ainsi, puisque pour qu’un organisme fonctionne bien, il faut une structure bien définie. Nous avons des intervenants dévoués auprès de notre clientèle et je ne veux pas qu’ils se soucient des problèmes de gestion et d’argent. Ça, c’est moi qui m’en charge.»

Me Vallerand se réjouit aujourd’hui d’avoir contribué à l’expansion de l’organisme, même s’il est conscient que des défis importants existent toujours.

Le souci de l’argent en fait partie, mais aussi, et surtout, la visibilité.

«Nous sommes connus, mais nous avons besoin de plus de visibilité. Nous pouvons par contre nous compter chanceux d’avoir un immeuble de 10 000 pieds carrés avec une hypothèque moins couteuse qu’un loyer.»

Cet immeuble, le Relais le doit en partie à l’implication de l’ancien maire de Québec Jean-Paul L’Allier. En 1996, ce dernier a été invité à une activité-bénéfice. Marqué par la mission de l’organisme, il a mis en contact Me Vallerand avec des gens de la Ville pour leur trouver un immeuble.

L’organisme peut également se targuer d’avoir une bonne place au sein du réseau des cégeps et des universités, qui leur envoient des stagiaires chaque année. Ces étudiants se voient offrir une occasion de développer leurs compétences professionnelles en travaillant directement avec la clientèle du Relais.

Au mois d’août, Me Vallerand a vu son implication reconnue par l’Assemblée nationale. Touché par cette récompense, il a tout de même exigé que la remise de la médaille se fasse au Relais, plutôt qu’à la colline Parlementaire.

Récompense collective

«On veut me reconnaître pour mon implication au Relais, ça doit donc naturellement se faire au Relais. Il y avait une question de visibilité : on en manque et il nous en faut. Et grâce au reportage qui a été fait, on a vu une belle fresque murale qu’un de nos bénéficiaires a fait et qui met en valeur le Relais.»

«Le Relais d’Espérance, ce n’est pas moi seulement, c’est le président, mais surtout nos bénévoles et employés qui travaillent tous les jours à redonner de l’espoir aux gens afin de leur sauver la vie.»

Pour Me Vallerand, il n’était pas question que cette cérémonie soit un énième 5 à 7 ou un rassemblement avec des politiciens. De son propre aveu, il souhaitait un «party» avec les gens de l’organisme pour célébrer le travail accompli au fil des années.

Le Relais d’Espérance a été fondé au début des années 80 par Denise Goyette. Son objectif est d’accueillir des gens vivant des difficultés psychologique, sociale, physique et économique. Offrant une pluralité d’activités et services à sa clientèle, l’organisme souhaite aider ces gens à réintégrer la société.

Le Lauréat

Marianne Théberge: étoile montante sur deux roues

Au début, ça ne lui tentait pas pantoute. Après avoir dû abandonner la gymnastique par manque de temps, la perspective d’aller pédaler en sentiers avec ses parents n’était pas exactement l’idée que la préadolescente d’alors se faisait de la performance sportive.

«J’ai quand même fait une première course... et je n’ai jamais arrêté depuis! Le vélo, c’est ma passion!» clame la jeune athlète de 17 ans. Théberge est redescendue de l’avion en début de semaine, mais sans complètement retomber sur terre.

Pour cause. Sa performance du 6 septembre, à Lenzerheide, en Suisse, fait de la résidente de Saint-Rédempteur la meilleure Québécoise depuis la création en 1996 de la catégorie junior (18 ans ou moins) en cross-country aux Championnats du monde de vélo de montagne.

Théberge décroche aussi le meilleur résultat pour une Canadienne junior en une décennie et se classe troisième ex æquo parmi les filles juniors canadiennes en 23 ans d’histoire, derrière la Britanno-Colombienne Erica Drew (3e en 2000) et l’Albertaine Carrie Tuck (6e en 1998).

Il s’agissait de ses premiers Mondiaux, puisqu’elle atteindra la majorité en novembre. Sa première course en Europe, aussi. Elle passera ensuite dans la catégorie des espoirs de 23 ans et moins. Son succès lui ouvre d’ailleurs la porte l’an prochain à tout le calendrier U-23 des coupes du monde.

Et où seront présentés les Championnats du monde de vélo de montagne en 2019? Au Mont-Sainte-Anne. Aussi bien dire dans sa cour arrière. Reste à voir si elle y obtiendra une invitation de la part de Cyclisme Canada, comme sa victoire à la Coupe Canada de Baie-Saint-Paul lui a valu un laissez-­passer pour Lenzerheide, cette année.

Elle a en somme connu une excellente saison, occupant le sommet du classement junior féminin cumulatif autant au Québec qu’au Canada.

Mieux que prévu

Partie de Québec avec en tête l’objectif d’un top 15, Théberge a dû freiner ses ardeurs une fois sur le tracé situé à quelque 140 km de Zurich. «On s’est entraîné trois jours sur un parcours très glissant, c’était pas évident. Alors j’avais réduit mes attentes à livrer une course propre, sans plus.

«Puis le matin de la course, le parcours était sec, poursuit-elle. Je ne voulais quand même pas trop penser au résultat pour ne pas être déçue», explique-t-elle, ayant pris le départ aux côtés de 53 concurrentes. Elles étaient quatre Canadiennes : trois filles de la région de Québec, avec Roxane Vermette (22e, Saint-Ferréol) et Mireille Larose-Gingras (28e, Québec), et une Albertaine.

Théberge s’est frayé un chemin parmi les 10 de tête dès la première des cinq boucles pour passer la majorité des 21 km au septième rang, avant de poser le pied au dernier tour et de perdre un échelon.

«Avant d’y aller, je me disais que si j’obtenais un top 15, je serais capable de me rendre loin dans le vélo. Un top huit prouve que j’ai raison de vouloir continuer pour longtemps», résume-t-elle avec humilité.

Un sport familial

Membre du même club de vélo de montagne depuis ses débuts, il y a sept ans, l’étoile montante est bien entourée dans les sentiers de ses parents, adeptes du sport avant elle, ainsi que de ses deux petits frères. Tout le monde pédale chez les Théberge-­Poulin. Sans oublier le soutien de son entraîneur Aroussen Laflamme, qui la dirige depuis trois ans.

Si une huitième place aux Championnats du monde s’avère fantastique, elle n’en est pas à ses premières réalisations sur deux roues. Elle a rapporté six médailles de ses deux participations aux Jeux du Québec, étant même porte-drapeau pour la délégation de Chaudière-Appalaches lors de la cérémonie de fermeture de 2016.

Maintenant que sa saison est terminée, Théberge en profitera pour reprendre le temps perdu dans ses études au Cégep de Sainte-Foy, avant de reprendre l’entraînement vers la mi-octobre.

Le lauréat

Alain Rioux: un bénévole soucieux de l’esprit d’équipe

Né dans le quartier Saint-Sauveur de Québec, ancien joueur de hockey dans les différents niveaux au Québec jusqu’à joueur professionnel en Europe, Alain Rioux a développé une mentalité de joueur d’équipe au point de vouloir s’effacer devant les honneurs pour laisser toute la place aux autres.

Pourtant, ses engagements au fil des ans dans différentes causes l’ont mené, au cours des 10 dernières années, à faire en sorte que l’organisation du Pro-Am Gagné-Bergeron atteigne ses objectifs pour venir en aide aux personnes dans le besoin.

Cette année, pour la dixième présentation de la partie amicale entre joueurs professionnels de la Ligue nationale de hockey et des amateurs de la région, le Pro-Am Gagné-Bergeron s’est déroulé dans l’amphithéâtre du Centre Vidéotron où 428 000 $ ont été amassés pour les cinq organisations bénéficiaires : Pignon Bleu, Leucan, Fondation Philippe Boucher, Fondation Maurice Tanguay et Fondation Simple Plan. En 10 ans, c’est quelque 1,5 million $ qui a été ainsi amassé.

Capitaine et bénévole

Ce fut aussi l’occasion pour Patrice Bergeron et Simon Gagné de souligner l’engagement de ce bénévole à la tête de l’organisation de l’événement. Présent lors de l’entrevue, Simon Gagné a rappelé l’importance d’avoir un bon capitaine pour mener l’équipe comme l’a fait Alain Rioux au fils des ans.

L’idée du match de hockey est venue de deux organisateurs du tournoi de golf de Simon Gagné. Au départ pour mettre l’idée en branle, il y avait Pierre Gagné, père de Simon, et Jos Faucher. Pierre Gagné demande à Alain Rioux et à son cousin Claude Rioux de travailler aussi à démarrer le projet.

Lorsque Pierre Gagné est décédé il y a quatre ans, il fallait quelqu’un pour continuer l’œuvre comme chef d’équipe. «Alain était le mieux placé pour remplacer mon père, affirme Simon Gagné. Il a étonné tout le monde, de sorte que le Pro-Am a pu continuer et s’améliorer année après année.»

D’ailleurs, peu de temps avant de mourir, Pierre Gagné avait fait promettre à Alain Rioux de poursuivre l’œuvre qu’ils avaient mise sur pied à quatre personnes. Il lui a dit : continue la mission! «Il était proche de la mort, mais il pensait à la mission, ajoute M. Rioux. J’ai beaucoup appris avec Pierre. Surtout de ne pas être gêné pour demander aux gens» de contribuer et de participer.

Aujourd’hui, l’équipe de bénévole compte une vingtaine de personnes pour les divers volets de l’événement passé du complexe sportif de L’Ancienne-Lorette au Centre Vidéotron.

Les joueurs de la ligue nationale et «les anciens joueurs comme moi, nous avons beau utiliser notre notoriété pour attirer des amateurs et des donateurs, mais il faut des gens comme Alain» pour que l’organisation fonctionne rondement, affirme M. Gagné.

Alain Rioux n’est pas à ses premiers pas dans le bénévolat et la bienveillance envers des gens dans le besoin. Avec son cousin Claude Rioux depuis 20 ans, les deux hommes sont engagés dans l’œuvre du Pignon Bleu. 

Donner au suivant

«Nous avons pris conscience que, chaque matin à Québec, il y a 5000 enfants qui arrivent en classe sans avoir mangé. Ça n’a pas de sens que cela existe encore en 2018. Depuis 20 ans, c’est encore ainsi. J’ai grandi dans Saint-Sauveur, j’ai été au Patro Laval et à l’école Cardinal-Roy. Ma mère habite toujours le quartier. Et ce qui m’étonne, c’est de voir que la pauvreté n’a pas disparu avec le temps. Même si elle a changé de visage, on dirait que c’est pire encore», exprime-t-il.

Pour lui, il y a une question d’équité. Du moins un essai d’équilibrer un peu les choses. «La vie m’a gâté, avance-t-il, et j’ai envie de redonner. Ça donne un sens à ma vie.» Il raconte alors que 1000 billets pour le Pro-Am ont été distribués au Patro Laval et aux jeunes du quartier afin qu’ils puissent participer à un événement où ils auraient du plaisir.

Le lauréat

Charles-Hugo Maziade: les habitudes de vie modifient l’environnement

La Coop FA, fondée en 2007, voulait sensibiliser les gens pour qu’ils adoptent des comportements écoresponsables par des séries de petits gestes dans la vie de tous les jours, par une révision des habitudes de consommation.

Le désir de Charles-Hugo Maziade était de gérer des projets comme il l’avait fait en début de carrière dans le monde de l’éducation physique en milieu scolaire pour des activités en nature. La philosophie des fondateurs, l’approche et les valeurs de la coopérative tombaient à 100 % dans ses champs d’intérêt.

Au départ, l’organisation voulait mettre sur pied des projets en environnement dans les écoles dans une attitude positive, créative et ludique. Pas question de débats, il s’agissait d’amener les personnes à poser des gestes et à développer de nouveaux comportements.

Si les cinq cofondateurs ont pris d’autres chemins professionnels au fil des ans, Charles-Hugo Maziade, lui, fut l’un des premiers membres travailleurs de la Coop FA, en 2011, pour œuvrer sur le premier projet pilote. Il est devenu le coordonnateur du volet éducatif, qui donnera naissance à la bourse Carbone Scol’ERE en 2014 avec des activités et des défis pour les élèves en 4e, 5e et 6année du primaire.

Des prix

La bourse du carbone est l’un des moyens de financement de la Coop FA. Avec l’impact des projets dans les écoles, cela aura valu trois prix à la coopérative pour ses efforts dans le secteur de l’environnement. 

Elle a d’abord été l’une des trois organisations reconnues pour ses initiatives en environnement lors du Forum international de l’économie sociale et solidaire lors des Rencontres du Mont-Blanc, en France. 

Puis la Coop FA a reçu le Mercure du développement durable, de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Elle a reçu le Prix l’Éclat de l’économie sociale, aux Pléiades de la Chambre de commerce de Lévis.

Le projet éducatif est au centre des activités avec la Bourse du carbone Scol’ERE. Il est apparu à la demande de professeurs qui voulaient parler des changements climatiques en classe, mais qui se sentaient mal outillés pour le faire.

Le programme actuel comporte cinq ateliers de deux heures, à raison d’un atelier par mois. L’an dernier, 148 classes dans neuf régions ont participé et accumulé des crédits carbone par des changements de comportement évitant des tonnes de gaz à effet de serre (GES). 

L’avenir

Pour la prochaine année, on vise 250 classes et 500 en 2020. Des partenaires en région travaillent sous licence pour déployer les ateliers en classe. Il y a dans les cartons un volet de développement à l’international, car deux organisations en France sont prêtes à embarquer dans l’aventure.

«Les prix remportés nous donnent beaucoup de visibilité et de crédibilité, assure-t-il. Les gens ont le goût de travailler avec nous. On veut se servir du rayonnement de ces trois prix pour aller plus loin dans l’action. Si nous voulons toucher le Québec, il faudra encore plus d’entreprises partenaires.»

Plus de 11 000 jeunes dans 500 classes ont participé au projet éducatif depuis huit ans. «Il y a 65 000 défis qui ont été réalisés, amenant de nouvelles habitudes de vie. Quelque 50 000 tonnes de GES auront été évitées. Cela nous donne 50 000 crédits carbone éducatifs depuis le début du projet», continue M. Maziade.

«Les petits gestes ne sont pas banals. Ce sont de nouvelles habitudes qui se mettent en place à cause des projets à l’école.» Il donne en exemple la réalisation d’une classe de la région de Montréal qui a réussi à convaincre 700 familles de réaliser des défis environnementaux.

La coopérative compte sept employés, dont quatre membres travailleurs et quelques contractuels. M. Maziade rappelle que le comité des ambassadeurs, la cinquantaine de partenaires donateurs, l’équipe multidisciplinaire et les organismes collaborateurs ont assuré la pérennité de la coopérative. (Site web : coopfa.com)

Le Lauréat

Gabriel Tremblay: le travail c'est le bonheur

«Je ne sais pas quelle cellule fait en sorte que j’ai ça dans le sang, ça doit venir de ma mère qui a toujours aimé aider les autres.» C’est ce que répond le patron du Groupe TAQ lorsqu’on lui demande d’où vient sa motivation à travailler avec des employés souffrant de handicaps.

Alors qu’il a commencé sa carrière en tant que fonctionnaire, Gabriel Tremblay s’est rendu compte rapidement que sa vocation devait être orientée vers une cause sociale.

Le lauréat

Félix-Olivier Moreau: les succès d’un athlète complet

C’est une chose d’exceller dans un sport. C’en est une autre de faire partie des meilleurs dans... trois sports. Félix-Olivier Moreau, 16 ans, pratique le ski de fond en hiver, ainsi que le vélo de montagne et de route en été. Aux Jeux du Québec, il a remporté pas moins de 22 médailles toutes disciplines confondues, en quatre finales seulement.

Peu d’athlètes peuvent se targuer d’avoir obtenu autant de médailles. Au Québec, il est un des seuls, sinon le seul. Dans le monde, le plus célèbre cas d’une telle domination a remporté 28 médailles olympiques, dont 23 d’or.

Alors la question se pose. Serait-il le Michael Phelps québécois?

«Je pourrais dire ça, parce que j’en ai jamais vu d’autres qui ont eu autant de médailles que ça», dit le jeune homme, le sourire en coin. «Je m’enfle pas la tête avec ça. […] C’est sûr que c’est le fun, il n’y a personne aux Jeux du Québec à qui ça arrive à part moi.»

Ce succès n’arrive cependant pas seul. Son horaire ne comporte à peu près pas de vacances. Dans le but de mettre toutes les chances de son côté, l’athlète multidisciplinaire s’entraîne chaque jour pour conserver son niveau de forme au maximum.

«Je pense que l’effort qui est mis avant mes courses, l’entraînement et tout, je pense que c’est juste une récompense à mes résultats pour vrai, parce que je mets tellement d’efforts avant de faire mes courses.»

Le temps qu’il consacre à un des trois sports qu’il pratique n’est pas soustrait aux autres. La complémentarité du ski de fond, du vélo de montagne et du vélo de route est notamment ce qui lui permet d’être un athlète complet.

«En ski de fond, mon cardio est vraiment au maximum. C’est là que j’améliore mon VO2max (consommation d’oxygène maximale). En vélo de route, c’est vraiment musculaire. En début de saison, je n’ai pas les jambes comparables à mon cardio, donc c’est différent parce que je ne force pas, mais je force musculairement.»

Terreau fertile

Son terrain de jeu lui permet aussi de passer d’un sport à l’autre sans problème dépendamment la saison. Demeurant à Saint-Férréol-les-Neiges, Félix-Olivier a facilement accès aux pistes du Mont-Sainte-Anne pour s’entraîner en vélo de montagne et aux sentiers de ski de fond en hiver.

D’ailleurs, le village de la Côte-de-Beaupré héberge nombre de sportifs qui ont fait leur chemin sur la scène internationale, à commencer par sa mère, la fondeuse Marie-Odile Raymond, qui a participé aux Jeux olympiques de Nagano, en 1998. «Quand j’étais jeune, je n’étais pas du monde alors ma mère me sortait [en ski de fond]», raconte-t-il en riant.

«Je trouve qu’à Saint-Férréol, on est dans un monde de sportifs. Il y a plein de beaux exemples. Il y a Guido Visser, un autre ex-olympien, il y a Jaqueline [Mourão] (vélo de montagne), du Brésil, qui habite au Mont-Sainte-Anne, donc moi je pense que c’est juste des beaux modèles et je m’inspire pas mal d’eux. [...] Ce sont eux qui me motivent à aller plus haut et tout ça, mais quand j’étais jeune je me disais : "Je veux être Alex Harvey"».

Félix-Olivier sait qu’il devra éventuellement prioriser un sport plus tard dans sa carrière pour continuer d’exceller à un niveau international.

À long terme, le sportif désire se rendre aux Jeux olympiques et y remporter une médaille. D’ici là, sa saison prendra fin dans deux semaines après les Championnats provinciaux de cyclisme sur route junior, disputés le week-end dernier, et espoirs, les 25 et 26 août.

Congé ensuite? Pas tout à fait. L’étudiant de l’école du Mont-Sainte-Anne amorcera le dernier droit avant le fil d’arrivée de son parcours au secondaire, en septembre.