Le lauréat

Stéphane Modat: un chef authentique proche de la nature

Du plus loin qu’il se souvienne, Stéphane Modat a toujours voulu devenir chef cuisinier. Un métier décrié par sa famille même si la bonne bouffe a toujours été au centre des repas familiaux. La médiatisation de grands chefs a changé la donne et il a pu se consacrer à sa passion pour devenir l’un des plus grands chefs du Québec. Son rêve, pouvoir cuisiner et servir de la viande des bois.

Né dans le sud de la France, Stéphane Modat a grandi avec l’amour des produits locaux, saisonniers, de la chasse et de la pêche, transmis par ses grands-parents qui étaient très gourmands et bons cuisiniers. «Parfois je me réveillais le matin, il pouvait avoir une tête de sanglier dans l’évier ou des anguilles de la pêche en préparation pour le dîner», raconte-t-il. 

Lorsqu’il est arrivé au Québec, il y a 18 ans, après avoir rencontré sa future conjointe à Nice, il a gardé en lui cet amour pour les produits qu’il mangeait lorsqu’il était jeune. Il commence sa carrière québécoise aux côtés d’Yvan Lebrun, un chef cuisinier d’origine française au restaurant Initiale. «Il m’a beaucoup aidé dans la façon de faire, les produits, les fournisseurs, les saisons, de voir comment ça fonctionne», explique-t-il au téléphone, alors qu’il revient d’une matinée de pêche à la ouananiche, un saumon d’eau douce, avec Frédéric Laroche, avec qui il prépare un livre sur la pêche, dont la parution est prévue cet automne.

Social et toujours de bonne humeur, M. Modat se crée rapidement un réseau de contacts et, en 2004, il devient le chef et cofondateur du restaurant Utopie dans Saint-Roch. Il se fait rapidement un nom, et lorsque le restaurant ferme en 2009, à cause de la crise économique, de multiples projets se bousculent déjà dans sa tête. 

Donner du plaisir 

Il travaille alors avec le sommelier François Chartier, avec qui il forme le duo Mc2 pour des créations culinaires. Ils signeront ensemble l’ouvrage à succès Les Recettes de Papilles et Molécules ainsi que la collection Papilles pour tous.

Dans le même temps, il voyage à travers le monde. Curieux, il aime essayer de nouvelles choses et tant pis si ça ne marche pas. «Il faut se mettre en danger, c’est comme ça qu’on avance», affirme-t-il. 

Son style bien à lui et son goût prononcé pour des produits qui viennent directement des producteurs plaisent à la direction du prestigieux Château Frontenac. En 2013, il devient le chef du restaurant Champlain.

Son audace culinaire sera récompensée à plusieurs reprises. Les gens apprécient sa cuisine et il le leur rend bien. «Quand j’étais à l’école hôtelière, j’ai découvert que je pouvais donner du plaisir à plein de personnes en même temps», confie-t-il. «Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est que ça t’amène à faire des choses uniques et des rencontres. Si tu le fais avec intégrité et ouverture d’esprit, tu te fais un réseau d’amitié extraordinaire.»

Autoriser la viande des bois

Stéphane Modat adore mélanger la cuisine française et la cuisine québécoise. En fait, il aime surtout créer une cuisine unique avec des produits du terroir. Son rêve le plus cher ? Cuisiner et servir des produits de la chasse. Il a d’ailleurs sorti un livre en 2018, Cuisine de chasse. 

Le chef du Champlain trouve dommage de ne pas pouvoir servir de la viande des bois, dont la chasse commerciale est pour l’instant interdite au Québec. «Du boeuf, tu peux en trouver partout. De l’orignal, il y en a juste chez nous et les gens en mangeraient, c’est sûr», se désole-t-il. 

Il sait en promouvant ce genre de cuisine qu’il peut choquer à une époque où la cuisine végane a de plus en plus la cote en particulier chez les jeunes. «Tout le monde a le droit de faire ce qu’il veut, mais il ne faut pas juger ceux qui sont carnivores. Pour être allé dans le Grand Nord, tu es mort si tu manges que des légumes, ça ne pousse pas», plaide-t-il. 

Au moment de cette conversation, un camion rempli de poulets en direction d’un abattoir croise la route de M. Modat. «On amène des animaux à l’abattoir qui sont passés de poussins à des gros poulets en quelques semaines seulement et ils font des centaines de kilomètres. Quand tu croises un orignal, il n’est pas né pour mourir. Il a eu sa vie et c’est naturel, il n’y a pas d’antibiotiques ni d’hormones de croissance. Les véganes prônent l’achat local. La viande sauvage c’est pareil», croit M. Modat, qui espère convaincre le gouvernement du bien-fondé de la viande des bois.

Justice et faits divers

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère»

«Mon père vient d’essayer de tuer ma mère : dépêchez-vous!»

Au bout du fil avec le répartiteur du 9-1-1, un adolescent de 15 ans réclame des secours. Avec sang-froid, il répond aux questions pendant qu’on entend des cris de femme derrière lui.

Son père vient de poignarder sa mère à la tête. Le couteau avait une lame de 15 centimètres. La femme de 35 ans saigne abondamment.

Le garçon a tenté de désarmer son père puis a réussi à l’assommer avec des coups de pied. Sa jeune sœur, âgée de 12 ans, est aussi intervenue. Les deux jeunes ont eu des entailles superficielles aux doigts. Leur petit frère de neuf ans a assisté à la scène, mais n’a pas été blessé.

La mère part en ambulance pour l’hôpital, soigner une lacération à la tête et d’autres entailles aux mains et un traumatisme crânien.

Presque neuf mois après l’agression, le père, un homme de 46 ans que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité des enfants, a plaidé coupable mercredi à des accusations de voies de fait armées et de voies de fait avec lésions sur son ex-femme et d’avoir causé des lésions corporelles à ses deux enfants. La Couronne n’avait pas porté d’accusation de tentative de meurtre.

Après avoir entendu la troublante histoire, le juge Pierre-L. Rousseau a condamné le père, détenu depuis l’équivalent de 12 mois, à une peine globale de 42 mois.

Victime de la guerre au Congo

L’avocat de défense Me Hugo Blanchette reconnaît la gravité des crimes commis. Si la dénonciation doit primer, le passé horrible de son client doit aussi peser dans la balance, soumet l’avocat, qui plaidait pour une peine de 18 mois.

Le père a émigré au Canada avec son épouse en 2004. Auparavant, il avait connu la guerre civile au Congo, avait assisté au viol collectif de sa mère et de ses sœurs et a vécu les horreurs des camps de réfugiés en Somalie.

C’est là qu’il a perdu sa première femme et son bébé et qu’il a rencontré celle qui allait devenir sa deuxième épouse et la mère de ses trois enfants.

L’homme souffrait de plusieurs chocs post-traumatiques à son arrivée au Canada, souligne son avocat, Il a obtenu de l’aide, mais pas assez. L’homme est devenu violent avec sa femme puis, en 2017, a été condamné à 12 mois de prison pour du leurre informatique. C’est à ce moment que le couple a éclaté pour de bon.

La procureure de la Couronne Me Lucie Tritz réclamait que l’auteur de l’agression purge une peine entre quatre et cinq ans de pénitencier.

Le soutien nécessaire

Les trois enfants et leur mère ont été lourdement affectés, plaide la procureure. En plus de la douleur physique, toujours présente, la mère a développé une véritable phobie des couteaux. Elle a perdu durant plusieurs mois son travail en entretien ménager.

Les enfants ont manqué des jours d’école et vécu beaucoup d’anxiété. «Je ne suis pas heureuse», répondra l’adolescente de 12 ans à une intervenante qui lui demande comment elle va.

La mère et les trois enfants ont depuis déménagé et vivent dans la crainte de revoir le père à sa sortie de prison.

Ce dernier n’a pas témoigné devant le tribunal. Il a fait dire par son avocat qu’il avait des regrets et aimait toujours ses enfants.

Le juge a spontanément demandé si la mère et ses enfants avaient «toute l’aide qu’ils méritent d’avoir». La procureure de la Couronne l’a rassuré, en pointant les amis et les intervenants sociaux qui entouraient les victimes.

Le Lauréat

Michel Verreault: la maladie mentale, une vraie maladie

Selon les spécialistes, une personne sur cinq au Canada sera touchée par la maladie mentale. L’Organisation mondiale de la santé estime pour sa part que d’ici 2020, les maladies dépressives arriveront au deuxième rang des causes principales du fardeau global en santé. Michel Verreault a vu sa vie basculer lorsque son fils a été atteint de la schizophrénie, à 22 ans. Depuis, il s’est investi pour la cause et il est devenu le président du CA de la Fondation CERVO, qui travaille à sensibiliser la population sur la santé mentale.

Le Centre de recherche du même nom développe en parallèle un outil pour diagnostiquer dès le plus jeune âge les prédispositions à souffrir d’une maladie mentale. 

Comme la majorité des Québécois, Michel Verreault, n’avait jamais entendu parler des symptômes d’une maladie mentale. Son fils faisait du sport, étudiait aux États-Unis et n’avait pas de problème particulier. En mars 2004, lors d’une visite à la maison, il s’aperçoit que son fils a un comportement un peu bizarre, mais il ne s’inquiète pas outre mesure. «Avec les examens qui s’en venaient, j’ai mis ça sur le compte du stress». Un mois plus tard, il va le chercher aux États-Unis, verdict, son fils souffre de schizophrénie. 

Cette nouvelle a l’effet d’une bombe sur la famille qui ne s’y attendait pas. Mais au lieu de s’apitoyer sur son sort, M. Verreault s’ouvre sur son histoire, et en 2012, il joint le C.A. de la Fondation CERVO. Il en deviendra le président un an plus tard et travaille depuis sans relâche pour changer les mentalités face à la maladie mentale. 

Financement

Il y a deux ans, la Fondation a lancé une grande compagne de financement de 10 millions $. Bell a déjà remis un million, Michel Verreault a également versé un don personnel de la même somme.

«C’est encore tabou la maladie mentale. Les gens n’osent pas en parler et consulter. Or, plus on va en parler, plus on va être conscient que ça existe. On commence seulement à en faire une priorité, mais il faut en faire plus. Il y a moyen d’atténuer les effets et de vivre une vie normale», fait-il valoir. 

En parlant à des spécialistes, M. Verreault a pris conscience que le suivi avec les patients est primordial. «Quand la bonne médication est trouvée, les malades pensent qu’ils vont mieux et ils arrêtent les médicaments, et là ils rechutent. Il faut les suivre et les inciter. Dans les hôpitaux, ils voient beaucoup ça. J’ai de la chance, mon fils prend ses médicaments, mais ce n’est pas tout le monde qui est entouré et accompagné dans cette épreuve.»

Examen de l’oeil

À travers son histoire et la Fondation, il souhaite faire connaître les symptômes aux parents pour éviter certains drames. «Si j’avais su, j’aurais pu intervenir plus tôt. Mon fils lisait la bible, son comportement n’était pas le même, mais je n’avais aucun point de repère. Maintenant, je peux dire aux parents si vous voyez que votre enfant se retire, a les yeux hagards, un discours décousu, ne passez pas sous silence les symptômes, il a peut-être une maladie mentale», explique-t-il.

En plus de sensibiliser la population et les parents, la Fondation finance, CERVO, le plus grand centre de recherche en neurosciences au Canada. Une partie des 10 millions $ ira à ce centre de recherche pour trouver de nouveaux médicaments. 

Depuis, plusieurs années, l’équipe du Dr Michel Maziade développe un appareil pour analyser la rétine. «À travers l’oeil, et la recherche génétique, on est capable de voir si un jeune peut développer une maladie mentale. On en est encore à l’étape des tests, mais cela sera une première mondiale et une grande avancée pour la médecine. On sera capable de mieux suivre les patients et de donner une meilleure médication», se réjouit M. Verreault, qui a fait passer le test à son petit-fils. «Tout est correct.» 

Du 6 au 12 mai, aura lieu la semaine de la santé mentale, l’occasion de démystifier cette maladie en #ParlantHautEtFort.

Le lauréat

La grande odyssée de «Vicho»

Quand il a quitté le Chili en 2014, à l’âge de 19 ans, Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos, alias «Vicho», ne connaissait presque rien du Québec et ne parlait pas du tout français. Presque cinq ans plus tard, il s’exprime parfaitement dans la langue de Molière, aura bientôt en poche un baccalauréat en administration des affaires et, surtout, a autour du cou une médaille de bronze des championnats canadiens de volleyball universitaire, remportée il y a quelques jours devant ses partisans avec le Rouge et Or de l’Université Laval.

«J’aurais aimé finir ça avec l’or, mais en même temps, je n’avais jamais gagné ne serait-ce qu’une ronde aux championnats canadiens. La foule était nombreuse, mes parents étaient venus du Chili pour me voir jouer et nous avons battu les Golden Bears de l’Université de l’Alberta en quatre manches. Ce sont de beaux moments que j’ai vécus ici, à Laval, avec mes coéquipiers, et le Québec gardera toujours une place spéciale dans mon cœur. J’y ai appris tellement de choses en tant qu’athlète et en tant que personne», déclare celui qui terminera sa formation ce printemps pour ensuite tenter sa chance au volleyball professionnel. 

Googler «Québec»

Il en a parcouru, du chemin, le jeune homme qui s’était amené à Québec à l’invitation de son compatriote Daniel Cuzmar Grimalt, qui était alors l’adjoint de l’entraîneur-chef Pascal Clément. «Daniel avait joué avec mon frère aîné et il avait donné mon nom à Pascal, qui avait regardé mon match aux Universiades de Kazan, en Russie. Il a aimé ce qu’il a vu et m’a invité à me joindre à l’équipe. À l’époque, je ne connaissais pas le réseau USports. Pour tout dire, je ne connaissais rien du Québec non plus. J’ai écrit «Québec» sur Google et je suis allé voir ce qui sortait!» rigole-t-il.

À son arrivée en septembre 2014, «Vicho» a donc dû s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue et un nouveau style de jeu. «C’était particulier, car le noyau de joueurs du Rouge et Or se connaissaient presque tous. C’est une très petite communauté, alors ils avaient presque tous joué ensemble par le passé», raconte celui qui n’a pas tardé à devenir un pilier de sa nouvelle équipe.

«Ma première année à l’Université, j’ai fait seulement des cours de français. Et à ma deuxième année, j’ai pu prendre la moitié de mes cours de base en anglais et l’autre moitié en français, ça a aidé à la transition», explique le numéro 5, dont la langue maternelle est l’espagnol, mais qui parle aussi un peu l’allemand. 

Il ne lui reste maintenant que deux cours à compléter pour obtenir son baccalauréat et passer à l’étape suivante de sa grande odyssée : vivre de son sport et, qui sait, peut-être participer aux Jeux olympiques avec l’équipe nationale chilienne. «C’est mon plan à court terme : aller jouer pro. Ça fait longtemps que je rêve de vivre cette expérience. Il y a de bonnes ligues en Europe et Gino (Brousseau, l’adjoint de Pascal Clément) a joué plusieurs années en France. Je laisse retomber la charge émotive des championnats canadiens et je regarde ça, tranquillement, pas vite.»

Rêve olympique

Bien sûr, le rêve olympique est encore bien présent dans l’esprit du volleyeur qui a déjà participé aux Universiades de 2013 et 2015 et qui participera en juillet et en août à ses premiers Jeux panaméricains à Lima, au Pérou. «Les Olympiques, c’est le rêve de n’importe quel athlète et justement, cet été, ce sont les qualifications mondiales pour les Jeux de Tokyo, en 2020. Le Chili fait partie des 24 équipes participantes. Les champions de six groupes de quatre équipes passent directement aux Olympiques et, pour les autres, il y a les qualifications continentales. Si le Brésil et l’Argentine se qualifient, on pourrait affronter la Colombie et le Vénézuéla, des équipes qu’on a déjà battues, en qualifications continentales», analyse «Vicho».

Pour les Jeux de Rio, la délégation chilienne avait raté de peu son rêve olympique avec un système de qualification différent. Engagée dans une lutte à finir avec le Mexique, l’Algérie et la Tunisie, l’équipe chilienne avait perdu contre le Mexique, mais battu les deux autres équipes. «Si le Mexique perdait 3 à 1 contre la Tunisie, on se qualifiait pour les Olympiques, mais le Mexique a perdu 3 à 2 et a obtenu la dernière place...», raconte celui qui compte bien aider l’équipe de son pays comme il a aidé celle de l’Université Laval dans l’atteinte de ses objectifs.

Le lauréat

Laura Doyle Péan: une énergie au service des autres

Laura Doyle Péan, est ce qu’on pourrait appeler une superwoman. Finissante du DEC Art, lettres et communication, profil Créativités et médias, elle est impliquée dans pas moins de huit comités au cégep Limoilou et à l’extérieur. Elle travaille également à la Librairie Pantoute. Son engagement, son leadership, et sa réussite scolaire ont été récompensés par la Fondation boursiers Loran avec une bourse de 100 000 $ sur quatre ans octroyés à 35 Canadiens parmi 5089 candidats. Tout ça avec le TDAH.

Au Cégep Limoilou, Laura Doyle Péan est porte-parole du comité local Entraide universitaire mondiale canadienne Limoilou, qui a amassé près de 46 000 $ pour parrainer des étudiants réfugiés et fait des activités de sensibilisation à la migration forcée. Elle est directrice générale du journal étudiant Le Phoque et s’est aussi engagée dans le comité environnement du Cégep ainsi que dans les comités de mobilisation politique, LGBT et femmes de l’Association générale des étudiantes et des étudiants du Cégep Limoilou. 

À l’extérieur, Laura est secrétaire du conseil d’administration de la Table de concertation du Mois de l’histoire des Noirs de Québec et s’implique auprès de l’Entr’actes. «Quand je suis arrivée au cégep, je ne connaissais personne. Je me suis dit : “faut que ça bouge”. Je suis allée à une séance d’information du comité de parrainage des réfugiés et ça m’a plu.»

Ces implications lui ont permis de faire un choix pour ses études universitaires. «J’ai rencontré plusieurs personnes et fait des découvertes sur mes intérêts», souligne Laura, qui entamera des études en droit à l’Université McGill à l’automne. 

Dès son plus jeune âge

Laura a comme croyance que lorsqu’on a la possibilité de faire des choses, il est important d’utiliser cette situation pour aider les gens qui n’ont pas cette vie. «C’est gratifiant de savoir qu’on est capable de faire la différence.»

Son implication dans des comités a commencé à l’école primaire, mais dès son plus jeune âge, elle a commencé à aider les autres. «D’après ma mère, je suis portée à aider les jeunes depuis que je suis petite. À un an, au parc, je suivais une enfant plus jeune pour le protéger», raconte-t-elle. «C’est quelque chose qui m’a toujours tenu à cœur et ça a développé un sentiment d’appartenance avec toutes mes écoles. Quand on s’implique, on a une voix et on s’aperçoit qu’elle compte», ajoute-t-elle.

Il faut dire que ses parents lui ont aussi servi de modèle. «Ils sont très impliqués aussi.» Pour la petite histoire, Laura Doyle Péan est la fille de l’écrivain, animateur et journaliste Stanley Péan.

Le TDAH, une force

Comment on fait pour concilier, études, travail et implications alors qu’il n’y a que 24 heures dans une journée? Son secret : son agenda. «Pas le temps pour la procrastination. C’est possible de se concentrer et de faire ses taches parce qu’on ne peut pas les remettre au lendemain», fait-elle valoir. Laura a toujours été performante à l’école, ses implications sont naturelles, mais elle a relevé certainement son plus gros défi avec le TDAH.

«Le TDAH, c’est une force en ce moment, mes multitudes de projets me permettent de canaliser et de dépenser mon énergie. Mais ça n’a pas toujours été facile. Au primaire et au secondaire, je devais prendre des médicaments. J’ai été suivie par un psychologue pour gérer mon temps, le travail en équipe et le stress», confie-t-elle.

Son implication dans les comités lui a donc appris à se contrôler et à vivre avec le TDAH, mais il ne faut pas s’en mettre trop sur les épaules d’un seul coup. «J’ai l’impression d’en faire jamais assez. J’ai appris à me restreindre et à prioriser certains projets», avoue-t-elle. «En faisant partie de plusieurs comités, c’est également facile de faire des liens entre les différents projets et de faire des projets plus grands», poursuit-elle. Laura Doyle Péan a maintenant le désir et l’ambition d’inspirer d’autres jeunes à s’impliquer. 

Lauréat

Anne-Marie Olivier remporte le titre Grand Lauréat 2018

La directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier a été consacrée personnalité de l’année par Le Soleil et Radio-Canada, lundi soir, pour son travail et son engagement dans le milieu des arts de la scène depuis plus de 20 ans.

Alors que Québec rendra hommage, mardi soir, aux victimes de la tuerie de la Grande Mosquée en 2017, Anne-Marie Olivier a incité les Québécois, dans son discours de remerciement, à se rapprocher. «On est tous unis les uns avec les autres. Réchauffons-nous à ces feux qui sont la solidarité, l’amitié, l’amour. Tous ces liens gratuits, immenses, et beaux qui nous rendent si beaux.»

À LIRE AUSSI : Anne-Marie Olivier: la quête de sens dans les arts de la scène

Comédienne, auteure, et directrice artistique d’un théâtre, Anne-Marie Olivier a posé ses valises à Québec en 1997 pour suivre des cours au Conservatoire d’art dramatique de Québec.

Cette formation l’a menée à créer des pièces de théâtre bâties sur des histoires vraies. Depuis, elle arpente la ville pour y déceler la matière pour le théâtre comme lui suggéraient ses professeurs. 

«J’espère que cet honneur va rejaillir sur les femmes créatrices de Québec. On n’a pas à être gênée de quoi que ce soir ici. Il y a énormément d’idées, d’imagination», a-t-elle souligné.

À la fois surprise et honorée d’avoir été choisie, Mme Olivier espère être digne d’un tel prix. «Je suis un peu sans mot, dans le sens où j’espère pouvoir continuer longtemps à faire mon métier et à parler aux gens, à leur tête, à leur cœur. Je suis honorée parce que tous ces gens-là [les lauréats] font une énorme différence dans la vie et je trouve ça immensément beau», a-t-elle confié.

Son travail avait été aussi récompensé cet automne avec le prestigieux Prix littéraire du gouverneur général, dans la catégorie théâtre, pour sa pièce Venir au monde.

Personnalités marquantes

En plus du grand lauréat, la 15e soirée du lauréat Le Soleil–Radio-Canada a récompensé sept autres personnalités dont l’influence est marquante dans la région de Québec, voire au-delà. Une façon de récompenser des gens connus, mais surtout des gens méconnus du grand public et qui réalisent des choses extraordinaires dans leur domaine.

Le chimiste-professeur-chercheur, Normand Voyer s’est distingué dans la catégorie Science. Le patron du Groupe TAQ, Gabriel Tremblay a été récompensé dans la catégorie Société. Marie-Claude Houle, la première femme à la présidence du conseil d’administration de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) a reçu les grands honneurs dans la catégorie Affaires. L’auteur-compositeur-interprète Hubert Lenoir qui fait tourner toutes les têtes depuis un an a été choisi sans surprise dans la catégorie Arts et Spectacle, tandis que le jeune scientifique Jonathan Lévesque a été couronné dans la Catégorie Jeunesse pour la création d’un cœur artificiel. Enfin dans la catégorie Sports, c’est la vice-championne olympique en slopestyle aux jeux de PyeongChang 2018 et médaillée d’or en big air aux X Games, il y a quelques jours, Laurie Blouin qui a reçu le trophée.

Le coup de cœur du jury est allé au comédien et auteur Roland Lepage pour ses 75 ans de carrière. 

Le Lauréat

Germain Lamonde: à la hauteur de ses ambitions

Quand il a lancé EXFO en 1985, Germain Lamonde avait déjà l’ambition de devenir un numéro un mondial dans son domaine. Il peut dire mission accomplie depuis le début des années 2000 et ses efforts ont été récompensés en 2018 quand la firme Ernst & Young lui a remis le prestigieux prix de l’entrepreneur de l’année au Canada.

Dès son plus jeune âge, Germain Lamonde se destinait au monde des affaires. La fibre entrepreneuriale était en lui bien avant la fin de ses études à l’Université Laval. «Pour moi, ça a toujours été clair que j’allais me lancer en affaires. J’ai débuté en élevant des lapins sur la ferme, ensuite j’ai opéré une disco-mobile. L’occasion de lancer mon entreprise s’est présentée dès la fin de mes études de maîtrise», raconte-t-il à propos de la naissance d’EXFO dans son appartement de la rue Joffre.

«Au départ, nous avions fait un plan stratégique pour les cinq premières années d’EXFO. Nous avions des ambitions très élevées, mais je dois vous dire qu’on a atteint tous nos objectifs et que, dans certains cas, on les a même dépassés», explique M. Lamonde en entrevue avec Le Soleil. «Notre but était de devenir un leader mondial. Ça a pris 16-17 ans, mais on y est arrivé», indique celui qui demeure toujours le président exécutif du conseil d’administration d’EXFO après avoir laissé la présidence et la direction générale entre les mains de Philippe Morin en 2017.

Numéro un

L’entreprise est numéro un mondial dans le domaine de la fibre optique, parmi les cinq leaders dans le domaine des systèmes sur réseau et parmi les deux plus importantes entreprises pour les tests de réseaux à très haute vitesse. Comme plusieurs entreprises qui réussissent, M. Lamonde avoue avoir reçu de nombreuses offres d’investisseurs intéressés à en faire l’acquisition. «J’ai certainement reçu plus d’une centaine d’offres d’achat. Mais pour moi, c’est très important de continuer à construire une organisation qui fait qu’au Québec, on a des entreprises qui sont des leaders dans leur domaine.»

EXFO gère un chiffre d’affaires annuel de 300 millions $ et engage 2000 personnes à travers le monde, dont 700 au Québec. Ce n’est cependant que 1 % de son chiffre d’affaires qui se réalise dans la Belle Province. «On ramène au Québec de l’argent de plusieurs endroits dans le monde», souligne-t-il.

Aujourd’hui, c’est 40 % du marché d’EXFO qui est consacré aux appareils qui servent à tester les réseaux de télécommunications. «Nous sommes vraiment l’un des plus importants joueurs dans le domaine de la surveillance des réseaux de télécommunication. Par exemple, pour des clients comme AT&T et Verizon, on analyse en temps réel des centaines de milliards de bits par seconde pour trouver les défaillances», indique M. Lamonde.

Pour l’homme d’affaires, créer de la richesse est devenu une responsabilité. «On a la chance d’avoir un système de santé et d’éducation qui a permis à mes six frères et soeurs et à moi, tous élevés sur une ferme, d’aller à l’université et de réussir. Il n’y a pas beaucoup de pays où c’est possible, alors je pense que c’est très important de redonner à la société.»

Ainsi, EXFO est toujours très engagée dans la campagne de financement de Centraide. «Chaque année, nous remettons près de 250 000 $ à l’organisme. Pour nous, c’est une façon d’être un bon citoyen corporatif», poursuit celui qui avait également fait un don personnel d’un million $ à l’Université Laval en 2017 pour appuyer la relève en science et en ingénierie. 

Rendre à la communauté signifie aussi, pour M. Lamonde, s’engager dans des organisations comme le conseil du numérique, qui aide le gouvernement québécois à voir les grandes tendances sur l’horizon 2022-2025, ou alors l’Évolution des services en nuage dans le corridor Québec-Ontario pour la recherche et l’innovation (ENCQOR), qui vise à faire du Canada un joueur clé dans ce domaine. L’homme d’affaires est actuellement le président de ces deux organisations.

Le Lauréat

Mélissa Lapierre: la prise de parole efficace dans l’action

Avocate de formation, Mélissa Lapierre a toujours été passionnée par les communications sous diverses formes : conférences, rédaction, animation à la télévision, théâtre. À tel point qu’elle a fondé son entreprise avec son conjoint Nicolas Harton. Leur but étant de former les entrepreneurs à la prise de parole efficace.

Elle ne s’attendait pas à remporter un prix au du Réseau des femmes d’affaires du Québec. Pour elle, avoir été choisie parmi les finalistes, c’était déjà un grand honneur. Alors, gagner le prix dans la catégorie «nouvelle entrepreneure» lui procure une grande joie et une grande impression de reconnaissance de la part de ses pairs.

Après ses études en droit et son stage au contentieux du Centre jeunesse de Québec, elle change de carrière. «Je savais que je ne pratiquerais pas le droit. La formation m’intéressait. J’adorais toute la structure argumentaire. Je voulais apprendre à plaider, à persuader et à influencer» par les communications.

Mélissa Lapierre devient alors directrice des communications de l’organisation Forces Avenir pendant trois ans. «Puisque j’étais dans une organisation sans but lucratif. J’ai touché à tout, même au développement des partenariats. J’ai appris beaucoup dans une expérience très formatrice.»

Réaliser un rêve

Après ce passage, elle sent qu’il est temps de réaliser son rêve de devenir travailleuse autonome. Pendant huit ans, elle est rédactrice pigiste en plus de s’occuper d’animation d’événements et à TéléMAG. Avec son conjoint, Mélissa Lapierre avait une compagnie de théâtre qu’elle a abandonnée récemment tout en investissant dans l’immobilier.

En 2015, l’entreprise Communication futée est incorporée avec ses deux associés partenaires, pour se spécialiser dans la prise de parole efficace. «Tout cela vient d’une prise de conscience pour tous les deux dans nos expériences de communications», souligne Mélissa Lapierre. «Ce qui est au cœur de nos vies et de nos succès en affaires, c’est la prise de parole. C’est la capacité de communiquer efficacement pour rassembler et mobiliser les gens autour de nos projets.»

Son travail avec les entrepreneurs consiste à les former à la prise de parole dans un contexte d’affaires. «Nous avons constaté deux tendances, expose Mme Lapierre. Il y a ceux qui sont timides et qui feront tout pour éviter de prendre la parole en public. Et il y a ceux qui sont à l’aide de prendre la parole, mais dont le discours n’a pas d’impact. Alors nous avons décidé de monter un programme d’accompagnement en cinq étapes pour aider les entrepreneurs dans leurs communications.»

Pour elle, la prise de parole en public doit être efficace pour générer des résultats d’affaires que ce soit par une conférence ou dans une vidéo sur le Web. Il faut que tout soit structuré, les entrepreneurs doivent conserver leur naturel dans un concept que Mme Lapierre qualifie de bande-annonce de 20 secondes pour capter l’attention.

«Notre entreprise n’a que trois ans, ajoute Mme Lapierre. C’est une reconnaissance qui donne des ailes et l’énergie pour avancer.»

Pour l’avenir, Mélissa Lapierre veut développer deux volets de formation. Le premier se fait par la présence dans les entreprises et les grandes organisations avec des conférences et des ateliers pratiques pour développer des compétences dans l’action sur le terrain. Le second pôle de développement passe par des formations en ligne à partir de vidéos, de documentation et d’exercices pratiques pour relever des défis. «Nous avons deux formations en ligne actuellement, une sur la gestion du trac et l’autre sur le charisme. Il faut capter l’attention, maintenir l’attention et favoriser le passager à l’action.», raconte la jeune femme avec son énergie débordante. Par la technologie, elle veut dépasser les frontières du Québec pour toucher toute la francophonie.

Le Lauréat

Jocelyn Létourneau: brasser des idées pour voir l'avenir

Bien souvent lorsqu’on pense à l’Histoire, on pense au passé. Mais le passé, souligne Jocelyn Létourneau, c’est un grand tout rempli de multitudes d’histoires qu’il faut déterrer, réorganiser, pour donner un sens à chacune d’elle.

«Si vous demandez à une personne qui a été le premier des premiers ministres dans l’histoire du Québec, ce n’est pas cela qui vous révèlera sa connaissance de l’histoire du Québec. La plupart des gens échoueront ce genre de test. Mais si vous demandez ce qu’il sait de l’histoire du Québec, il racontera quelque chose qu’il connaît et qui le situe dans cette trame historique», avance le professeur.

Historien de formation «et de sensibilité», ajoute-t-il, Jocelyn Létourneau se réjouit de ce prix de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) qui reconnait sa contribution exceptionnelle à la recherche scientifique en sciences humaines.

«C’est la carrière que l’on honore, pas simplement la publication d’une recherche ou d’un écrit, mais pour son impact scientifique et social. Je n’ai jamais perçu que l’intellectuel ou le professeur d’université doit rester dans sa tour d’ivoire. J’ai toujours la préoccupation de traduire mes recherches dans un langage accessible à des personnes qui ne sont pas des spécialistes en histoire ou des chercheurs.»

Outre son travail, il a toujours vu l’engagement dans les enjeux de société comme un devoir. Et particulièrement l’enseignement de l’histoire comme «la transformation des référents collectifs» qui nous guide.

M. Létourneau cumule 34 ans à l’université. Il a commencé ses études à l’Université Laval, puis à Toronto en plus de passages dans des universités prestigieuses comme invité, ou pour parfaire ses connaissances, comme à l’Institut des études avancées de Princeton, et à Lyon ou à UC Berkeley avec des bourses d’étude et de recherche.

Du temps pour penser

«Ce sont des endroits où l’on nous offre du temps pour réfléchir et exploiter tout ce que l’on peut accumuler comme données. Les instituts d’études avancées sont des oasis pour la pensée afin de faire le point.

«Lorsqu’on me demande qui je suis, je réponds que je suis le père d’une famille de quatre enfants avec ma conjointe, mais aussi professeur d’université, car c’est extrêmement important. L’université, c’est un lieu noble ou les idées doivent circuler, où on les brise à l’épreuve des faits pour que l’on puisse trouver un passage vers l’avenir.» Avec le passé qui regorge de plusieurs histoires, il y a des pistes à trouver pour des perspectives d’avenir.

«Le passé, expose-t-il, c’est l’ensemble de ce que l’on fait et de ce que l’on dit. Dans cette forêt exubérante, l’historien tente de mettre un peu ordre en choisissant une trame narrative dans l’une des histoires possibles. L’historien, dans ses choix doit y avoir aussi comme objectif d’ouvrir l’avenir.»

L’université l’a toujours fasciné et l’a façonné avec le temps. Le brassage des idées l’intéressait au plus haut point pourtrouver du sens dans la confusion du monde. La curiosité intellectuelle était développée au point que Jocelyn Létourneau s’intéressait à de nombreux sujets pour mettre en relation différents éléments qui forment la société.

Brasser des idées

Ce que Jocelyn Létourneau propose à ses étudiants : l’exploration intellectuelle de la matière brute que sont les faits «avec des idées pour féconder ces faits-là. On a un problème à résoudre. Alors, on attend des idées. Sur 100 idées, 99 ne seront pas fécondes, mais il y en aura une qui sortira du lot et on fera un bout de chemin dans la réflexion avec celle-là. On cherche pour approfondir la connaissance, non pour avoir une réponse définitive».

Pour lui la science n’est pas la certitude, mais la remise en cause de ce qu’on croyait être une certitude. Il n’y a jamais de réponse finale, mais une recherche constante, et des questions pour aller toujours plus loin.

Professeur, ce n’était pas prévu dans son parcours. C’est arrivé par la force des choses.

Le Lauréat

Camille Gagnon: la créativité au service de la réflexion

Depuis l’âge de 12 ans, Camille Gagnon rêvait d’une carrière dans le monde de la publicité. «Je faisais de la pub dans ma tête. Je créais des petites vidéos. C’est ce qui m’a mené à des études en communications au Cégep Limoilou et au baccalauréat en communication publique à l’Université Laval», se souvient la jeune femme de 25 ans.

Ce n’est donc pas un hasard si elle a été reconnue comme un élément marquant de la relève au Déjeuner des médias de Québec puisque son premier projet de vidéo sur les réseaux sociaux a été célébré à Cannes. On dit même «est tombée dans la marmite de la créativité dès sa naissance».

C’est probablement ce que son mentor, Luc Du Sault, vice-président et directeur de la création chez LG2, avait perçu lorsqu’il lui a offert un stage.

Elle savait qu’elle était finaliste au Déjeuner des médias, mais Camille Gagnon ne s’attendait à gagner. «C’est un gros encouragement. Ça fait vraiment plaisir d’être reconnue par les gens du milieu», avance-t-elle, d’autant plus que cela affirme sa crédibilité et une certaine notoriété dans le monde de la publicité.

Cinéma ou pub?

Il y a quelques années à peine, Camille Gagnon songeait à passer du côté du cinéma. «Je pensais que c’était ce que je voulais faire dans la vie. Mais la création d’un film, c’est long. J’adore le cinéma, pourtant ce que je veux faire ce sont des formats courts. Je veux raconter des histoires en 15 secondes, en 30 secondes ou en une minute. Il faut être créatif pour capter l’attention en si peu de temps. Je préfère créer 500 000 petits films plutôt que trois courts métrages», affirme-t-elle.

Le monde de la création publicitaire, notamment à la télé, les contraintes de production obligent à traiter de nombreux éléments pour créer un contexte qui fera passer le message. «Les tournages sont parfois longs et complexes. Mais c’est tellement le fun à réaliser. Ça change chaque semaine, il n’y a rien de routinier.»

Pour la jeune femme, son métier est un mélange de créativité pure et dure devant la feuille blanche pour trouver une multitude d’idées et le côté technique avec les plateaux de tournage, le choix des comédiens, le travail en studio. «Ça crée un bel équilibre entre le travail de bureau et sortir pour rencontrer des comédiens, superviser le tournage, voir le tout derrière les caméras» poursuit celle qui aime bien ce mélange de fonctions.

L’équilibre

Autant elle peut travailler sur des projets ayant une touche humoristique, autant elle développe le côté sérieux et rigoureux comme le travail qu’elle a fait dans l’équipe qui produit les publicités de la Société de l’assurance automobile du Québec au sujet des textos au volant. «Toute la planète fait de la publicité sur la sécurité routière ou l’alcool au volant. Ce sont des sujets récurrents où il faut trouver de nouvelles idées originales pour faire passer le message», précise Camille Gagnon.

Dans l’univers actuel où la publicité se fait sur toutes les plateformes numériques et traditionnelles, la jeune créatrice a choisi de travailler chez LG2 parce que l’entreprise a à cœur d’éviter «la pollution visuelle et publicitaire. Nos concepts sont appréciés des Québécois. Ils sont remarqués et ils sont souvent primés», dit-elle devant un mur rempli de trophées et de mentions d’honneurs obtenus au pays et à l’international.

Les trophées ne sont pas une fin en soi, dit-elle, mais ils montrent le niveau créatif de l’entreprise qui cherche à divertir, à faire comprendre, à sensibiliser à des enjeux, à faire rire comme à faire réfléchir.

Hors du bureau, Camille Gagnon exprime son côté créatif dans les arts; que ce soit la poterie, la peinture et même dans l’écriture. Son travail lui donne la possibilité de relever un défi artistique important autant dans les images que dans l’expression des émotions. Pour elle, la publicité, c’est un art en soi!