«Pensez-donc à la retraite», a suggéré le juge François Huot de la Cour supérieure en imposant la peine.
«Pensez-donc à la retraite», a suggéré le juge François Huot de la Cour supérieure en imposant la peine.

Le Hells Angels Bernard Plourde condamné à 7 ans de pénitencier

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Le membre en règle des Hells Angels Bernard «Ben» Plourde est condamné à une peine de sept ans de pénitencier pour avoir contrôlé durant deux ans la vente des stupéfiants au Saguenay Lac-Saint-Jean.

Détenu depuis son arrestation à l’été 2018, le motard de 56 ans devra purger encore 45 mois de prison. Il lui sera par la suite interdit de posséder des armes pour le reste de sa vie.

Bernard Plourde, membre en règle du chapitre de Trois-Rivières, mais vivant à Laterrière, a plaidé coupable la semaine dernière à des accusations de complot, trafic de cocaïne et gangstérisme, commises entre le 1er août 2015 et le 29 novembre 2017.

Comme son "frère" motard Jean-François Bergeron, qui a aussi plaidé coupable, Plourde et une vingtaine d'individus ont été arrêtés par l'Escouade régionale mixte Saguenay lors de la frappe anti-drogue baptisée Nocif, qui ciblait le trafic de cocaïne notamment.

Selon ce qui a été admis par l'accusé, le bras droit de Plourde, Pierre Beauchesne, faisait venir la drogue au kilo ou au demi-kilo en provenance de Montréal et la redistribuait ensuite à différents vendeurs du Saguenay-Lac-St-Jean.

Les procureurs de la Couronne Me Jean-Simon Larouche, Me Simon-Pierre Lavoie et l’avocate de la défense Me Cristina Nedelcu ont suggéré d'une même voix à la cour d'imposer une peine d'une durée de sept ans, qui tient compte, selon eux, des antécédents judiciaires substantiels de Plourde et aussi de son plaidoyer de culpabilité.

Ce dernier facteur est "fondamental" en effet, estime le juge François Huot de la Cour supérieure. En plaidant coupable, le motard évite la tenue d'un procès devant jury de quatre mois, dans un contexte de pandémie, note le juge. 

La peine de sept ans, si elle n'est pas déraisonnable, n'est "pas très sévère dans votre cas", commente le juge Huot. "Vous vous en tirez de façon satisfaisante pour vous dans un contexte particulier qui joue en votre faveur."

En 2003, Bernard Plourde a été condamné à 66 mois de pénitencier pour du trafic de stupéfiants. Il a été arrêté lors de la frappe SharQc en 2009 et condamné à 12 mois de prison pour complot.

Le juge François Huot a dit trouvé inutile de faire un long discours à l'accusé sur les ravages de la drogue dans la société. "Manifestement, vous avez un mode de vie bien ancré", fait remarquer le juge à Plourde, debout dans la boîte des accusés.

Le juge a suggéré à Plourde qu'à son âge, il était peut-être temps de penser à la "Liberté 55". 

"À nos âges, les gens pensent à devenir juge ou à la retraite: pensez donc à la retraite, a lancé le juge Huot. Je trouve ça vraiment désolant que des gens finissent leurs jours en prison. Faites-le pour vos proches."

Bernard Plourde a opiné de la tête et remercié le juge de sa suggestion avant de reprendre le chemin des cellules.


Un autre plaidoyer de culpabilité

Par ailleurs, un co-accusé et beau-frère de Plourde, Marc Gagnon, a plaidé coupable mercredi matin à des accusations de trafic de stupéfiants et complot. 

L’enquête a démontré que Gagnon, un vendeur de cocaïne, a reçu, notamment, deux kilos de cocaïne, le 29 novembre 2016 et le 7 mars 2017. À la demande du trafiquant Pierre Beauchesne, des courriers (« runners ») ont transporté dans la région du Saguenay Lac-Saint-Jean les deux kilos de cocaïne destinés à l’accusé. 

Marc Gagnon connaîtra sa peine d'ici quelques semaines. Il ne reste plus que le coaccusé Simon Frenette qui conteste toujours les accusations déposés contre lui.