Le pdg de la Société québécoise des infrastructures (SQI), Yves Ouellet, indique que la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ), un organisme sans but lucratif privé qui gère tous les stationnements des édifices du gouvernement, deviendra une filiale de la SQI au cours de la prochaine année.

Le gouvernement reprend le contrôle de ses stationnements

Le gouvernement du Québec reprend le contrôle de tous ses stationnements payants, qui étaient gérés par le privé depuis 50 ans. Ce qui n’empêchera pas les directions d’hôpitaux de continuer à fixer elles-mêmes le prix que les patients paieront pour garer leur voiture.

«On ne contrôle pas les tarifs des établissements. Est-ce qu’on peut penser qu’on va avoir plus d’influence maintenant? Peut-être. Mais c’est un dossier à part, qui se réglera davantage avec le ministre de la Santé», explique Yves Ouellet, pdg de la Société québécoise des infrastructures (SQI).

M. Ouellet indique que la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ), un organisme sans but lucratif privé qui gère tous les stationnements des édifices du gouvernement, deviendra une filiale de la SQI au cours de la prochaine année. 

«Il y avait des critiques par rapport à la transparence de la SPAQ, alors on a voulu y répondre», exprime-t-il. Le fait que cette société privée passe dans le giron gouvernemental permettra de faire connaître ses états financiers. Les stationnements, c’est très payant pour l’État québécois, admet M. Ouellet. Les activités de la SPAQ rapportent 37 millions $ par année, un chiffre qui devrait se maintenir.

Le gouvernement se devait de choisir un autre modèle de gestion parce qu’en octroyant depuis des décennies des contrats de gré à gré à la SPAQ, il contrevenait à certains accords commerciaux. Comme il n’a pas voulu se prêter au jeu des appels d’offres internationaux, il a décidé de s’acquitter de cette tâche lui-même. 

«On veut s’appuyer sur l’expertise interne et créer des synergies avec nos équipes de gestion d’immeubles», indique M. Ouellet. Une décision qui est liée à la toute première Vision immobilière du gouvernement, qui sera dévoilée lundi. Cette vision chercher à répondre aux critiques du Vérificateur général, qui a tapé sur les doigts de la SQI l’an dernier en soutenant qu’elle ne basait pas ses décisions d’acheter ou de louer des espaces pour les fonctionnaires sur une planification à long terme. 

La députée péquiste de Taschereau Agnès Maltais a contesté la gestion des stationnements du gouvernement il y a quelques mois, inquiète du futur de cette vache à lait pour l’État. Aujourd’hui, le Parti québécois indique que cette décision est «une confirmation de l’énorme bévue du gouvernement d’avoir privatisé tout ça». 

La SPAQ gère environ 400 parcs de stationnement, situés près des édifices où travaillent les fonctionnaires québécois. Elle gère également des stationnements d’hôpitaux, de cégeps et d’universités, mais pas tous. La SPAQ ne fixe pas les tarifs, s’en remettant plutôt aux directions de chacun des établissements. 

Le député François Paradis, de la Coalition avenir Québec, espère que le gouvernement profitera de ce changement pour exiger des tarifs plus bas dans tous les hôpitaux du Québec. Il souhaite que les patients aient droit à 2 heures de stationnement gratuit et que le tarif ne dépasse pas 10 $ par jour. «Le gouvernement avait déjà son mot à dire là-dessus et aurait déjà pu le dire son mot.»