Le gouvernement du Québec désire choisir les immigrants selon leurs compétences

Le gouvernement Marois veut instaurer un tout nouveau système d'immigration au Québec. Il prendrait appui sur une «déclaration d'intérêt» que devraient faire parvenir tous les candidats à l'immigration - où qu'ils soient dans le monde.
C'est ce que prévoit un projet de loi que présentera la semaine prochaine à l'Assemblée nationale la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Diane De Courcy.
Il sera, selon toute vraisemblance, l'un des derniers projets de législation que déposera l'actuel gouvernement avant de convoquer les Québécois aux urnes.
Québec viserait à en finir avec cette époque où les demandes des candidats à l'immigration sont analysées en fonction du critère «premier arrivé, premier servi».
S'il voit le jour, lors d'une prochaine législature, le système de «déclaration d'intérêt» permettra au ministère québécois de l'Immigration de se constituer une «banque de candidatures». Et d'y choisir, au fur et à mesure, celles qui correspondent le mieux aux besoins du Québec - en emploi, notamment.
«On ne serait plus dans les ordres chronologiques», fait-on valoir.
Une telle pratique a été instaurée en Australie et en Nouvelle-Zélande. À l'échelle canadienne, Citoyenneté et Immigration Canada adoptera cette méthode à compter de janvier 2015.
«On passera alors d'un système passif, où les demandes sont traitées dans l'ordre de réception, à un système de priorité qui permettra d'inviter au Canada, plus rapidement qu'avant, les personnes possédant les compétences pour réussir», fait-on valoir chez Citoyenneté et Immigration Canada.
Destination recherchée
Le Québec est une destination très recherchée, une terre d'immigration, a déclaré la ministre Diane De Courcy l'automne dernier. Elle estime que cette popularité peut devenir un véritable atout avec un système de déclaration d'intérêt.
Figureraient dans cette future déclaration : le domaine de formation, les diplômes obtenus, les métiers et les secteurs de travail convoités, la ou les régions du Québec où le candidat souhaiterait s'établir.
Le gouvernement du Québec affirmera cette semaine qu'une telle loi «modernisera» de façon substantielle l'actuelle législation sur l'immigration. Elle date de 1968.