À la réouverture de la boutique d’Adidas, mercredi, le gérant Alexandre Des Roches a dit qu’il allait prononcer quelques mots en français «pour accommoder les médias francophones et la Ville de Montréal».

Le français pour «accomoder» chez Adidas: la ministre choquée

Ministre responsable des relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil considère comme inacceptables et choquants les propos tenus mercredi par le gérant d’une boutique Adidas de Montréal. Celui-ci avait dit prononcer une partie de son discours en français «pour accommoder la Ville de Montréal et les médias francophones».

«C’est toujours inacceptable, c’est choquant», a-t-elle déclaré en point de presse au Morrin Centre de Québec après l’annonce de la création d’un secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise. 

«C’est quelqu’un qui a fait preuve d’un mauvais jugement, et cette personne ne fait pas partie de la communauté anglophone», a-t-elle ajouté à propos d’Alexandre Des Roches, gérant de la nouvelle boutique Adidas de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.

Elle a ajouté que cette affaire ne faisait pas vraiment débat dans la communauté anglophone étant donné que la déclaration ne venait pas d’un anglophone. «La communauté est ailleurs!» a-t-elle ajouté.

Kathleen Weil, ministre responsable des relations avec les Québécois d’expression anglaise

Quant aux lacunes notées par la vérificatrice générale dans les programmes de francisation des immigrants, l’ex-ministre de l’Immigration a assuré que la francisation avait toujours été une passion pour elle. «Nous avions commencé déjà plein d’actions en ce sens, nous les avions diversifiées et bonifiées», a-t-elle plaidé.

Exil linguistique

Interrogée à savoir si elle souhaitait voir grandir la communauté anglophone, qui regroupe actuellement 1,1 million de Québécois et représente 13% de la population de la province, la ministre a plutôt dit espérer que plusieurs jeunes fassent le choix de demeurer au Québec.

«Il y a plus de jeunes anglophones qui quittent le Québec, car ils ont des opportunités ailleurs. Si certains décident de quitter, il faudrait que ce soit par choix plutôt que par nécessité», a-t-elle indiqué. «Il y en a qui se demandent s’ils sont assez bons en français pour occuper un emploi.»

Mme Weil a aussi signalé que le Québec disposait des meilleurs programmes d’immersion au monde et a affirmé souhaiter que la naissance du secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise puisse les aider à accéder à des cours de français et à des programmes d’employabilité.

«Il faudrait rendre les cours de français plus accessibles et plus abordables et il faudrait aussi qu’il y ait plus d’anglophones dans les services publics», a-t-elle ajouté avant de paraphraser son collègue Jean-Marc Fournier, présent lors de l’annonce, qui avait déjà déclaré qu’être Québécois, c’était «notre façon d’être Canadiens».  «Être une anglophone, c’est notre façon d’être des Québécois», a-t-elle lancé pour conclure son allocution.