Le maire Labeaume affichait une belle humeur lors de la mêlée de presse à laquelle il s’est prêté, mardi.

Le financement du tramway confirmé «d’une journée à l’autre» [VIDÉO]

Le maire Régis Labeaume pourra entreprendre les vacances estivales en toute tranquillité d’esprit. Il s’attend «d’une journée à l’autre» à obtenir la confirmation officielle du financement du réseau structurant de transport en commun.

Ce qui paraît être une formalité n’est pas encore officialisé, a rappelé le maire de Québec. «Il faut que tout le monde confirme. J’ai deux lettres de confirmation sur mon bureau. Il m’en manque une.»

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le gouvernement du Québec ont officialisé l’entente qui permet de transférer vers la capitale 800 millions de dollars d’argent fédéral, initialement attribués à la métropole. Toutefois, le fédéral doit encore confirmer son approbation. Le transfert ne devrait causer aucun problème puisqu’Ottawa cherchait aussi une solution au problème de financement du tramway.

«François-Philippe Champagne, (ministre fédéral de l’infrastructure) m’a expliqué qu’il avait l’autorisation et que les sommes deviennent admissibles du moment qu’il y a une annonce (d’une entente). Ça devrait se faire d’une journée à l’autre», a réitéré le maire.

La semaine dernière, la mairesse Valérie Plante annonçait avoir conclu une entente avec le gouvernement du Québec pour concéder les 800 millions $ manquants. En retour, elle a obtenu du gouvernement du Québec la garantie qu’il inscrira à son programme d’infrastructure 2020-2030 la construction «du tronçon ouest de la ligne de tramway entre le centre-ville et Lachine sur l’axe de la rue Notre-Dame», aussi appelé la ligne rose.

Pour la Ville de Québec, c’était la fin d’un psychodrame politique de plusieurs mois. Le gouvernement du Québec avait garanti sa participation au projet de la Ville de Québec à la hauteur de 1,8 milliard $, mais prétendait que le montant de 1,2 milliard $ promis par Ottawa n’était pas sur la table. 

Les gouvernements supérieurs ne s’entendaient pas sur la façon de financer le tramway, bien que chacun affirmait avoir contribué selon les ententes en cours.

Le gouvernement Legault a toujours critiqué l’entente fédérale-provinciale en vigueur sur le financement du transport en commun. Elle favorise les villes qui comptent déjà sur des systèmes de transport en commun développés, comme Mont­réal, puisque l’argent est distribué selon l’achalandage. La métropole accaparait ainsi la majeure partie des 5,2 milliards $ d’Ottawa, laissant 412 millions $ à Québec et des miettes aux autres villes, d’où le manque à gagner de 800 millions $ pour boucler le financement du projet de réseau structurant en transport en commun de Québec évalué à 3,3 milliards $. C’est a ce moment que les pourparlers ont débuté pour que Mme Plante cède une partie de son magot. Ce qu’elle a accepté.

Labeaume louange Plante

«Valérie a été vraiment correcte dans tout ce processus. Dimanche matin (avant l’annonce), elle m’a appelé pour me dire qu’il y avait un deal. Elle voulait que je sois présent à Montréal pour l’annonce, mais c’était son moment», a précisé le maire Labeaume.

Il rappelle qu’il devenait urgent d’obtenir une attente pour aller de l’avant avec les appels de qualification des grands consortiums qui soumettront des propositions pour la construction des 22,8 kilomètres de tramway.

Enfin, le maire souligne que le plan d’affaires est prêt et sera déposé en août. «L’épisode du financement a causé des délais, mais pas de retard sur l’échéancier», conclut-il.

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LABEAUME JUGE L'OPPOSITION AU TRAMWAY «NORMALE»

Le maire Régis Labeaume juge «normale» l’opposition, les craintes et les questions exprimées lors des trois soirées d’information tenues en juin sur le réseau structurant de transport en commun.

Au cours de ces séances, les citoyens ont souvent reproché à l’administration Labeaume de ne pas avoir de réponses aux questions posées. «Les gens veulent des détails. Ils veulent savoir à quelle profondeur, au millimètre près, on va creuser le tunnel. C’est normal dans ces projets-là. On aurait pu attendre le moment où on aurait tous les détails, mais on a décidé d’aller voir les gens plus rapidement et on a bien fait», justifie le maire.

Il rejette aussi l’idée que pourrait être mauvaise la communication du projet aux citoyens. «L’opposition va dire que la communication est mauvaise. Il y a beaucoup de travail politique là-dedans. Il y a beaucoup de gens derrière la salle qui dirigeait la circulation [aux micros]», avance le maire, comme si l’opposition dictait les questions des citoyens.

Autobus en tournée

Une idée reprise par le conseiller Rémy Normand, président du RTC, qui menait les trois soirées d’information. S’il a refusé de faire un bilan des séances en répondant aux questions des journalistes, il a dressé «son bilan» pendant le conseil municipal.

Il a notamment accusé l’opposition officielle, Québec21, de «désinformation» et de s’être servie de citoyens pour poser des questions à des fins politiques, privant d’autres personnes d’un temps de parole qui aurait pu les éclairer sur certains aspects du projet de réseau structurant.

M. Normand rappelle qu’il y aura d’autres moments où les citoyens pourront poser des questions, notamment pendant la tournée estivale de l’autobus itinérant sur le projet de réseau structurant de transport en commun. Il sera présent pendant les grands événements comme le Festival d’été. Des agents d’information seront disponibles pour répondre aux questions. Il n’écarte pas non plus la tenue d’autres soirées d’information.

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LABEAUME MANQUE «ENCORE» D'ÉNERGIE

«Ça va bien. Je manque d’énergie encore. Ça va prendre l’été, c’est normal.» Le maire Régis Labeaume a ainsi résumé son état de santé à son retour au conseil municipal lundi après une absence prolongée pour traiter un cancer de la prostate. Il attribue sa fatigue au fait qu’il est revenu au travail «un peu trop rapidement». Pour lui, il était important d’être présent pour assister au dernier conseil municipal avant les vacances d’été, tout comme il sera présent ce mercredi 3 juillet pour les festivités entourant le 411e anniversaire de la Ville de Québec. Depuis son retrait officiel après le conseil du 1er avril, il a quand même participé à quelques activités publiques et a poursuivi le travail dans les dossiers majeurs, dont celui du réseau structurant.  

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TROISIÈME LIEN: GAIN NET ATTENDU

Le maire Régis Labeaume a réagi avec retenue à l’annonce du troisième lien faite la semaine dernière par le ministre des Transports, François Bonnardel. Il n’a pas précisé sa pensée sur la valeur du tunnel proposé sous l’île d’Orléans, qui relierait l’autoroute 20 à la hauteur de la route Lallemand à l’autoroute 40 dans la montée de Félix-Leclerc. Il a plutôt réitéré son vœu pour que le gouvernement fasse la démonstration des avantages d’un troisième lien sans affecter négativement la circulation automobile dans l’est de la ville. «On demande au gouvernement de nous faire la preuve qu’on a un gain net, surtout sur le trafic. C’est primordial. On va attendre le résultat des études.»  

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LES FABRIQUES INTERPELLÉES

«Nous, on n’est pas dans le business des églises. Il faut que le diocèse et les fabriques s’assurent de la suite des choses lorsqu’ils vendent un bien comme Saint-Cœur-de-Marie.» Le maire de Québec réagissait à la démolition de l’édifice de la Grande Allée annoncée durant son absence. «Premièrement, on a suivi les recommandations du comité d’urbanisme. Et puis, comment ça se fait qu’il y a plusieurs années, le diocèse ait vendu ça à un aventurier du Texas», a commenté le maire, dont l’administration a longtemps mené la lutte devant les tribunaux pour que le propriétaire actuel conserve le bâtiment. «Tu ne peux pas vendre ça et ramasser le chèque après, ajoute-t-il à l’intention du diocèse et des paroisses. Ça n’a aucun bon sens qu’on soit là-dedans nous autres.» Du même souffle, il précise que la Ville fait sa part pour le patrimoine religieux, notamment grâce à l’entente de 15 millions $ sur cinq ans avec le ministère de la Culture pour la réfection de huit églises jugées à forte valeur patrimoniale.