Denis Gratton

Les «mots de cœur» de Julie

CHRONIQUE / Le mot fait peur et fait frémir les plus forts et les plus braves gens sur cette Terre. Le cancer.

Julie Boulanger le connaît bien ce mot. Disons que le cancer et elle se connaissent intimement. Si bien, que cette Gatinoise de 47 ans lancera un livre cette semaine sur sa « relation » avec cette satanée maladie.

Son livre intitulé Mots de cœur porte sur sa lutte, ses peines, ses craintes. « Mais aussi sur les belles choses qui m’arrivent depuis le diagnostic, dit-elle. L’appui de la communauté, le clin d’œil des gens, les clins d’œil de l’univers, les rencontres avec des gens merveilleux. Le beau comme le moins beau, tout y est. Et en bout de ligne, j’espère que mon livre apportera un peu d’espoir dans le cœur des gens. »

Julie Boulanger a perdu sa mère, Lauraine, il y a 19 ans. « Ma mère a appris qu’elle avait le cancer du col de l’utérus en janvier 1999 et elle est décédée en novembre de la même année, se souvient-elle. C’était un cancer virulent, elle n’avait que 63 ans. J’étais l’aidante naturelle de ma mère durant sa maladie. La première de mes trois filles n’était âgée que de 15 mois, mais j’ai été très présente au côté de ma mère durant sa lutte. Je voulais être là pour elle, j’y tenais. Ce fut ma première expérience réelle avec le cancer. »

La deuxième allait être encore plus « réelle »…

En 2010, alors que Julie était âgée de 39 ans et que ses trois filles avaient six, neuf et 11 ans, elle a été diagnostiquée d’un lymphome non hodgkinien, une forme de cancer du sang. « J’étais renversée, dit-elle. J’ai craint pour un bref moment d’être atteinte du même cancer qui avait emporté ma mère. J’ai subi six traitements de chimiothérapie et mon corps a bien réagi. Les médecins croyaient devoir procéder à une greffe de moelle osseuse, mais ce ne fut pas nécessaire. J’étais en rémission. Les médecins m’ont cependant prévenue qu’une greffe serait nécessaire si le cancer devait récidiver. »

Quatre ans plus tard, en début de l’année 2014, le père de Julie, Yves Boulanger, apprenait à son tour qu’il était atteint de cette terrible maladie. Un cancer qui s’était propagé de ses poumons à ses intestins et à son foie.

« Les médecins lui donnaient un an à vivre, se rappelle Julie. J’ai accompagné mon père au début de sa lutte. Mais à peine quelques semaines après le diagnostic, j’ai trouvé mon père mort, dans sa chambre, victime d’un arrêt cardiaque. Mon père était un homme fier et il m’avait prévenue qu’il ne voulait pas être un fardeau pour qui que ce soit. En venant le chercher, je pense que le Bon Dieu a répondu à sa demande. »

Mais « l’aventure » entre Julie et le cancer n’en était pas à son dernier chapitre…

Quatre mois après le départ de son père, le cancer récidivait. Et cette fois-ci, le corps et la résilience de Julie allaient être réellement mis à l’épreuve afin d’anéantir une fois pour toutes la maladie.

Dix-huit journées de chimiothérapie, biopsies, greffe de moelle osseuse, 30 jours de zona, 15 traitements de radiothérapie, influenza et de nombreuses semaines d’hospitalisation…

« En janvier prochain, ça fera quatre ans que je serai en rémission, dit Julie. Après cinq ans, les médecins parlent de guérison », ajoute-t-elle en souriant.

Elle, son conjoint Lino et leurs trois filles se croisent les doigts.

« Je suis confiante, dit Julie. À travers tout ça, je n’ai jamais sombré dans le désespoir et la dépression. La vie est trop courte pour ne pas en profiter pleinement. Et j’espère que les gens qui liront mon livre réaliseront que malgré les maladies, les tempêtes, les obstacles et les deuils, il fait toujours soleil après la pluie. »

***

Le lancement du livre Mots de cœur se fera le jeudi 15 novembre, à la Grange de la Gatineau, à Cantley. Pour réserver une place ou pour obtenir une copie du livre : juliemotsdecoeur@gmail.com ou sur la page Facebook : Julie Mots de cœur.

À souligner qu’une fraction des profits seront remis au Centre Carmen de Gatineau.

Actualités

Guerre de mots pour un cabanon

C’est à coup de définitions tirées de plusieurs dictionnaires que le juge Sylvain Provencher, de la Cour supérieure du Québec, a débouté un résident de Bonsecours qui utilisait illégalement son cabanon comme logement.

Le magistrat a ordonné l’expulsion de Serge Routhier de l’endroit, en plus de l’enjoindre à retirer tous les meubles et électroménagers s’y trouvant, de même qu’à démonter les installations de plomberie et l’équipement de cuisine y étant installés. À défaut de se conformer, le juge autorise la municipalité de Bonsecours à faire exécuter l’ordonnance aux frais du citoyen.

Ottawa

L’inconduite sexuelle empêcherait des entreprises de tenir un party des fêtes

Le CALACS francophone d’Ottawa réagit à une étude américaine qui révèle que 35% des compagnies n’organiseront pas de party des fêtes cette année et que l’inconduite sexuelle serait l’une des principales raisons. L’organisme aimerait que les entreprises privilégient une solution en amont afin d’éviter que les employés soient victimes de harcèlement sexuel.

« Qu’est-ce qu’on peut faire pour changer la culture interne et soutenir les personnes qui sont victimes d’agression ou de harcèlement sexuel ? Est-ce qu’on peut faire des partenariats avec des experts dans la communauté ? » questionne Josée Guindon, gestionnaires au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa.

L’étude menée par Challenger, Gray & Christmas, Inc révèle que, parmi les entreprises qui planifient avoir un party des fêtes, 58 % ont eu des discussions à propos des inconduites sexuelles avec leurs employés au cours de la dernière année.

Mme Guindon rappelle que les employeurs ont une responsabilité qui va au-delà de rédiger une politique interne.

À part les écoles, une vingtaine d’organismes font appel aux professionnels du centre d’aide chaque année pour informer leurs employés lors de rencontres ou de dîners-causeries. 

Mme Guindon observe que les entreprises sont souvent réticentes à aborder ce sujet avec leur personnel.

« Ce n’est pas un réflexe, mais on tend la main. Souvent, nous inviter à faire une présentation c’est d’avouer qu’il y a une problématique au niveau de l’employeur, observe Mme Guindon. Mais ça existe partout, dans tous les milieux. Ça devrait faire partie de la culture d’entreprise de faire de la prévention. »

À l’approche du temps des Fêtes, l’organisme souhaite rappeler l’importance de demeurer à l’affût et de ne pas avoir peur d’intervenir.

« Il y a des gens qui vont penser qu’ils ne peuvent plus faire de party ou même offrir un verre à une femme sans se faire accuser de harcèlement sexuel. Mais ce n’est pas ce qu’on dit. Si vous voyez un collègue saoul qui se colle pas mal sur une femme, par exemple, pouvez-vous intervenir ? On a tous un rôle actif à jouer. Vous avez le droit de faire quelque chose qui va peut-être prévenir un cas de harcèlement », affirme la gestionnaire.

Dans la foulée du mouvement #MoiAussi est apparu le mouvement #EtMaintenant. Une initiative qui pousse à la réflexion, selon Mme Guindon.

« #EtMaintenant il faut que monsieur et madame tout le monde, les propriétaires d’entreprises prennent le leadership là-dedans, soutient-elle. Annuler un party ce n’est pas nécessairement la meilleure approche puisqu’on ne va pas à la source du problème. »

Sherbrooke

Dans la file d'attente à 5h30 pour faire poser ses pneus d'hiver [VIDÉO]

SHERBROOKE — La première bordée de neige surprend chaque année de nombreux automobilistes circulant encore avec leurs pneus d’été. Ces derniers tentent alors de remédier à la situation le plus rapidement possible causant un fort achalandage dans les garages, particulièrement dans les centres de changement de pneus sans rendez-vous.

Quand Pneus Goulet a ouvert mardi matin, à 7 h, déjà 13 véhicules étaient en file pour la pose de pneus d’hiver. « La première voiture est arrivée vers 5 h 30. On fonctionne sans rendez-vous. Premier arrivé, premier servi », note le propriétaire de l’entreprise, Stéphane Martel.

Àlire aussi: La neige rend les conditions routières difficiles

À 10 h 30, une trentaine de véhicules étaient en attente. Le garagiste a dû renvoyer six automobilistes puisqu’il était complet pour la journée.