Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard.
Normand Trahan, propriétaire du Zoo de Saint-Édouard.

Zoo de Saint-Édouard: l'enquête préliminaire de Normand Trahan pourrait se poursuivre virtuellement

Trois-Rivières — L’enquête préliminaire de Normand Trahan, le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard accusé de cruauté et négligence envers les animaux, aurait de fortes chances de se poursuivre rapidement, et ce, par le biais d’une visioconférence.

Des tests ont été effectués mardi après-midi pour savoir s’il était possible de tenir les audiences de façon virtuelle, sans que les avocats, témoins et accusé ne soient obligés de se rendre au palais de justice de Trois-Rivières. Le prévenu est notamment âgé de 70 ans, de sorte qu’il doit rester confiné dans sa résidence de Saint-Édouard-de-Maskinongé.

On sait que son enquête préliminaire s’est tenue les 12 et 13 mars dernier. Trois autres journées étaient prévues mais les audiences avaient cependant été suspendues avec la crise de la COVID-19.

Or, la Couronne soutient qu’il y a urgence d’agir puisque plus de 200 animaux ont été saisis lors du dépôt des accusations contre M. Trahan et localisés dans d’autres sites d’ici à l’issue des procédures.

À ce sujet, Me Julien Beauchamp-Laliberté insiste sur le fait qu’il a également déposé une requête en janvier dernier visant à faire stériliser le plus rapidement possible une soixantaine d’animaux dans le but de prévenir les maladies et infections génitales, d’éviter l’isolement des animaux non stérilisés, d’éviter les conflits entre les animaux dus aux comportements agressifs afférents à la reproduction, de prévenir la consanguinité entre animaux du même groupe et d’assurer une saine gestion du contrôle des naissances.

En janvier, le procureur affirmait qu’il y avait eu 41 naissances depuis le 21 mai 2019, jour du début de la perquisition. En tenant compte des morts ou fuites, le décompte des animaux sous la garde de la SPCA était alors rendu à 250.

Il avait été convenu aussi que le débat concernant la requête devait se dérouler à la toute fin de l’enquête préliminaire. C’est donc dans cette optique d’urgence et du délai qui s’écoule avec les restrictions sanitaires que le juge David Bouchard a voulu évaluer la faisabilité de ce type d’audiences pour l’ensemble des parties et non seulement d’un témoin comme cela se produit occasionnellement. Aux dires de Me Beauchamp-Laliberté, les tests se sont avérés concluants. Le juge devrait se prononcer mercredi matin après avoir entendu la position de la défense.

À ce sujet, l’avocat de Normand Trahan, Me Michel Lebrun, qui est également le président de l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense, s’est dit agréablement surpris. «On souhaite l’installation de ces moyens technologiques pour essayer de désengorger le système. La balance des avantages dépasse celle des inconvénients à mon avis, surtout dans le cas d’une enquête préliminaire. Pour un procès, il faudrait par contre évaluer la faisabilité au cas par cas. Il est surtout important qu’on tienne compte des préoccupations des avocats de la défense», a-t-il indiqué.

Il a notamment parlé de l’importance pour les avocats de la défense de pouvoir s’adresser à leur client en toute confidentialité lors des audiences. «On parle ici de nouvelles façons de procéder qui nécessitent une adaptation. Par contre, nous voulons collaborer et faire partie de la solution et non du problème», a-t-il conclu.

Rappelons que cette enquête préliminaire est frappée d’une ordonnance de non-publication. Cependant, il est possible de mentionner que parmi les témoins entendus à ce jour, on retrouve les vétérinaires Édouard Maccolini, Marion Desmarchelier et Shannon Ferrel de même que Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal.

Les prochains témoins pourraient être Philip Éthier et Alessandra Magini, les deux promoteurs qui avaient tenté d’acheter le Zoo de Saint-Édouard et des constables.