Me Michel Lebrun et Normand Trahan

Zoo de Saint-Édouard: l’avocat de Normand Trahan fait appel à la Cour supérieure

Saint-Édouard-de-Maskinongé — La même journée que des animaux ont été retirés du Zoo de Saint-Édouard, Normand Trahan tente de pouvoir y retourner dans les plus brefs délais malgré la présence de la SPCA de Montréal.

Me Michel Lebrun, l’avocat du propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, a déposé jeudi en Cour supérieure une requête demandant de constater une violation des droits constitutionnels de son client et pour demande de réparation. Me Lebrun veut avoir accès aux documents des deux mandats de perquisition imposés à son client afin d’en connaître le contenu. La requête vise aussi à permettre à Normand Trahan d’accéder aux lieux perquisitionnés et de faire examiner les animaux par un vétérinaire de son choix. La requête demande à la cour d’accorder la permission de filmer les activités reliées à la perquisition et de réserver les droits de M. Trahan de faire valoir la nullité des autorisations judiciaires en cause et de réclamer les réparations appropriées.

Le document soumis par Me Lebrun soutient que la perquisition de la SPCA de Montréal a été menée de façon abusive et qu’il ne saurait y avoir de motifs raisonnables qu’il a commis les infractions criminelles qui lui sont reprochées. La position de M. Trahan s’appuie sur le fait que son entreprise a été visitée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et qu’ils ont délivré les autorisations nécessaires à l’exploitation du zoo.

Selon la SPCA de Montréal, son mandat empêche Normand Trahan d’entrer sur les lieux. C’est un des aspects que veut faire casser Me Lebrun par sa requête.

«Je demande à pouvoir me défendre. C’est la propriété de mon client. Il veut toujours opérer, on lui interdit l’accès et on ne lui dit pas pourquoi. Le minimum est d’être entendu dans cette cause et de savoir ce qui se passe. La SPCA veut anéantir son commerce. Ils font ce qu’ils veulent et on ne sait pas pourquoi. Monsieur devrait avoir le droit de se défendre, un peu», déclare Me Lebrun.

Jeudi a été la première journée durant laquelle des animaux ont été retirés du Zoo de Saint-Édouard pour être déplacés dans un refuge québécois. Quelque 61 animaux de ferme, mais aussi des lamas et des alpagas, ont pris la route en direction de la Montégérie afin d’être hébergés par une famille d’accueil.

Quelque 61 animaux ont quitté Saint-Édouard-de-Maskinongé, jeudi.

Avec le début du retrait d’animaux, Me Lebrun est très conscient que sa demande doit être entendue le plus rapidement possible.

«Me Gaillard (Sophie) dit qu’ils n’ont pas de politique contre les zoos (dans l’édition de jeudi du Nouvelliste). Mais sur le site de la SPCA, c’est écrit. Elle est contre les zoos. La SPCA fermerait tous les zoos si elle avait les coudées franches. Ce n’est pas très rassurant.»

Vérification faite auprès du site Internet, voici ce qui est écrit: «La SPCA de Montréal s’oppose à l’utilisation d’animaux à des fins de divertissement dans des milieux ou des conditions qui compromettent leur bien-être, comme les zoos, les aquariums, les delphinariums, les cirques, les rodéos, les courses ou les combats de chiens et les corridas».

Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA de Montréal, affirme que le libellé de cette politique ne correspond pas nécessairement à son esprit.

«On s’oppose lorsque les conditions compromettent le bien-être des animaux. La corrida, c’est difficile de faire ça dans le respect du bien-être animal. Pour nous, c’est le bien-être animal. Si c’est respecté, on n’a pas de problème. Je sais que la rédaction de cette politique laisse à désirer, ce n’est pas très clair», admet Me Gaillard, qui ne commente pas la requête déposée en Cour supérieure.

Selon Me Gaillard, aucun transport d’animaux n’est prévu vendredi. La SPCA de Montréal a commencé son opération de déplacement par des animaux de ferme, qui sont plus faciles à relocaliser que le déménagement d’animaux exotiques et sauvages, une étape qui requiert l’obtention de permis particuliers et qui est du ressort de la Humane Society International.

Concernant le transport d’animaux de ferme, Me Gaillard reconnaît qu’une telle opération peut représenter une certaine source de stress, mais cela en vaut la peine, estime-t-elle.

«Ces animaux seront gardés dans de meilleures conditions et auront de meilleurs soins. C’est dans leur intérêt.»