Une équipe de déneigeurs de Toiture Mauricie SG s’affairait à dégager une toiture à Shawinigan lundi dernier.

Votre toit en a-t-il plein le dos de l’hiver?

TROIS-RIVIÈRES — Avec les épisodes successifs de neige et de verglas que nous vivons cet hiver, l’accumulation de neige sur les toitures est source de préoccupation pour certains propriétaires — et d’activités abondantes chez les déneigeurs professionnels. A-t-on raison de s’en faire?

Le téléphone ne dérougit pas chez Sylvain Garceau, propriétaire de Toiture Mauricie SG à Trois-Rivières, en cette veille de tempête. «Avec la neige qu’on annonce mardi, les gens sont en train de prendre panique», relate-t-il. L’entrepreneur convient que cet hiver contraste avec ce qu’on avait observé l’hiver dernier en terme d’accumulation. «Quand il pleut, avec l’épaisseur de neige qu’il y a là, ça devient dangereux», prévient M. Garceau.

Des propos qui trouvent écho à la Société d’habitation du Québec où on indique que «les accumulations de neige exceptionnelles, les redoux et la pluie verglaçante peuvent contribuer à alourdir dangereusement le couvert de neige».

Quelle quantité de neige votre toit peut-il supporter?

Pas de réponse courte à cette question pourtant toute simple.

Il faut cependant savoir que les maisons d’ici sont soumises à un code du bâtiment qui prend en compte la localisation géographique de ladite maison et l’historique de précipitations dans la région. Elles sont ainsi conçues «pour résister à une charge due à la neige susceptible d’être égalée ou dépassée 1 fois en 50 ans», selon le Conseil national de recherche du Canada (CNRC).

On fait également valoir qu’une maison de 40 ans ne devrait pas être source de préoccupations particulières, celle-ci ayant notamment prouvée «son rendement pendant 40 hivers».

Au CNRC, tout comme à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), on suggère toutefois de porter attention aux signes que «lance» la maison. Des fissures sur les murs intérieurs, des portes intérieures qui se coincent, des craquements et des bruits inhabituels qui se font entendre ou des plafonds qui se déforment sont autant d’indicateurs que votre toiture en a peut-être un peu trop lourd à porter.

Le directeur du Service incendie de Shawinigan, François Lelièvre, s’en remet lui aussi au code du bâtiment. «Quand un bâtiment a été conçu selon les normes, on n’a jamais vraiment de problèmes», indique-t-il. «Là où on a des problèmes, c’est quand des rénovations ont été faites sans respecter les normes», prévient-il toutefois. «Des fois, on va dire “c’est à cause de la neige”, alors que c’est plus à cause du poteau qu’on a déplacé parce qu’on pensait qu’il ne servait à rien», illustre-t-il.

Pour M. Lelièvre, les problèmes constatés proviennent plus souvent des appendices, des bâtiments secondaires ou des galeries. Il met également en garde contre les structures vieillissantes ou ayant subi des dommages ou des infiltrations d’eau.

Du côté de Trois-Rivières, on indique avoir un seul incident relié à un effondrement dû à une accumulation de neige à rapporter cet hiver. Un abri d’auto attenant à une résidence serait en cause.

Le CNRC conclut quant à elle qu’en cas de doute, la meilleure façon de répondre à la question consiste à demander l’avis d’un expert, soit-il architecte ou inspecteur en bâtiment.

À qui confier le travail?

Quand vient le temps de grimper pour déneiger, la SHQ suggère fortement de faire affaire avec un professionnel. Elle souligne que bon an mal an, beaucoup plus d’accidents graves ou de décès sont causés par des chutes de toit que par des effondrements.

La question des assurances est aussi à prendre en compte. L’entrepreneur Sylvain Garceau fait valoir que le «petit gars du coin» ne dispose pas nécessairement d’assurances protégeant la maison s’il l’endommage. Pas plus que le propriétaire n’est à l’abri d’une poursuite civile, en cas d’accident. Le détenteur d’une licence de la RBQ dispose, lui, de telles assurances.

Pour ceux qui seraient tentés de faire eux-mêmes le travail, la Société d’habitation du Québec recommande un minimum de précautions. On suggère ainsi de porter un harnais, de solidement ancrer son échelle et d’ériger un périmètre de sécurité.

Quant à la toiture, il faut garder en tête que les pelles métalliques peuvent endommager les revêtements et qu’il convient de maintenir un couvert de neige d’une dizaine de centimètres d’épaisseur.

Les accumulations à venir

Chez Environnement Canada, on prévoit que la tempête à venir devrait laisser une quinzaine de centimètres sur la région, entre mardi et mercredi matin. On avertit toutefois que la situation évolue d’heure en heure puisqu’il s’agirait d’un croisement de deux systèmes, un en essoufflement, l’autre gagnant en force.

Quant aux accumulations reçues jusqu’à ce jour, on indique être légèrement au-dessus des moyennes historiques. Après un mois de novembre au-dessus des moyennes et un mois de décembre en baisse, janvier a laissé 80 à 90 cm de neige sur son passage – on parle habituellement de 60 à 70 cm. Simon Legault, météorologue, précise toutefois que la mesure de la neige tombée ne reflète pas nécessairement la neige accumulée au sol. La pluie et le vent font en effet varier cette dernière donnée.

DES RECOMMANDATIONS

Par mesure de prévention, la Régie du bâtiment du Québec recommande aux propriétaires de :

Retirer la neige accumulée sur leur propriété pour éviter les risques d’effondrement

Prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes qui circulent près du bâtiment

Porter une attention particulière aux charges de neige sur les toitures voûtées ou arrondies, surtout si ces charges ne sont pas réparties uniformément

Confier le déneigement à des entreprises qui ont l’expérience et l’équipement appropriés.

Source:

https://www.rbq.gouv.qc.ca/vous-etes/citoyen/penser-securite-a-la-maison/deneiger-et-deglacer.html