Vol dans le porte-monnaie d'une juge: la huissière plaide coupable

Sabrina Desbiens, l’ancienne huissière-audiencière qui avait volé dans le porte-monnaie d’une juge au Palais de justice de Chicoutimi, devra effectuer 180 heures de travaux communautaires en plus de rembourser la juge à qui elle a volé 130 $ et faire un don de 1000 $.

L’huissière a plaidé coupable, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec. Me Pascal Lévesque, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Charles Cantin, en défense, ont soumis une suggestion commune au magistrat.

Après que des soupçons aient été soulevés sur des vols d’argent dans les bureaux des juges, un endroit où la circulation est restreinte et surveillée, les autorités de la maison de la justice et des juges avaient autorisé l’installation d’une caméra de surveillance dans un bureau. 

Et le 29 avril 2018, Desbiens a été prise à commettre ses gestes. Les responsables ont pu l’accuser après avoir visionné les images captées dans le bureau de la juge de la Cour supérieure du Québec. 

L’accusation de vol de moins de 5000 $ a été portée après que le DPCP ait pu démontrer qu’une somme de 130 $ avait été dérobée dans le porte-monnaie de la juge alors que celle-ci se trouvait sur le banc pour entendre une cause.

Aucun autre vol n’a pu être prouvé et aucune autre accusation n’a donc été déposée.

« Il n’y a pas deux justices. Vous n’êtes pas accusée parce que vous avez volé une juge, mais bien parce que vous avez commis un vol », a mentionné le juge Hudon.

Avant de quitter la salle d’audience, Desbiens a mentionné au juge qu’elle regrettait ce qu’elle avait fait, elle qui a tout perdu, notamment son emploi au sein de l’appareil gouvernemental.

Me Cantin a laissé voir au magistrat qu’il lui avait été impossible de trouver de la jurisprudence afin d’étayer sa première intention de demander une absolution inconditionnelle à sa cliente, malgré toutes les recherches effectuées.

« Il fallait cibler la bonne sentence dans un dossier semblable. Avec les travaux communautaires, nous allons occuper madame pour les prochains mois. J’ai aussi fait des vérifications pour une absolution, mais ça s’est avoué difficile considérant le côté particulier de cette affaire. Le juge a tenu compte de nos représentations et je crois qu’il s’orientait dans le même créneau ou dans la même fourchette jurisprudentielle », a mentionné Me Cantin.

« Ma cliente est très ostracisée par ce passage devant la Cour. Madame a perdu beaucoup, notamment son emploi », a ajouté le criminaliste, en souhaitant bonne chance à sa cliente pour la suite des choses.

Le juge Hudon a confirmé avoir analysé ce dossier et a cherché à savoir si une absolution était possible.

« Moi aussi j’ai fait des recherches, car je me doutais bien que votre avocat serait tenté de me plaider une absolution. Je n’ai rien trouvé de mon côté et je ne vous aurais pas accordé une absolution. Vous avez commis un vol et je me dois de sanctionner le crime que vous avez fait. Mais ça ne mérite pas la prison non plus, d’où ma décision d’entériner la suggestion commune », a mentionné je juge Hudon.

Me Lévesque, de la Couronne, a abondé dans le même sens, en précisant que personne n’est au-dessus des lois et que tous les accusés ont les mêmes droits devant le tribunal.

Sabrina Desbiens aura 15 mois pour réaliser les travaux communautaires. Quant au don et au remboursement, ils seront puisés à même la somme de 1951,55 $, somme qui avait saisie dans l’enquête (mais cela ne signifie pas qu’elle a volé ce montant). D’ailleurs, le résiduel de 821,55 $ lui sera remis.