La construction de la voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic doit commencer en 2020, selon les échéanciers annoncés par les gouvernements.

Voie de contournement à Lac-Mégantic : Des travaux visibles cet automne

SHERBROOKE — Même si le processus d’acquisition de 82 terrains pour la construction de la voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic ne s’enclenchera réellement qu’en 2019, des travaux de forage et d’arpentage seront visibles sur le tracé cet automne.

Ces relevés géotechniques auront lieu dans un premier temps sur une vingtaine de lots qui appartiennent à la Ville de Lac-Mégantic ou à la Central Maine and Quebec railway.

Les travaux vont également se faire sur les propriétés privées au fur et à mesure que Transports Canada obtiendra les autorisations d’accès.

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Le Syndicat des producteurs forestiers du Sud du Québec et l’Union des producteurs agricoles de l’Estrie, qui négocient avec les gouvernements pour une trentaine de propriétaires forestiers et agricoles concernés par le nouveau tracé, avaient d’abord recommandé à ces gens de ne pas signer les autorisations d’accès.

Ils vont toutefois lever ce mot d’ordre cette semaine après avoir obtenu du gouvernement fédéral les garanties qu’ils jugeaient nécessaires au niveau des indemnités d’accès et de la responsabilité pour d’éventuels dommages, annonce le président du SPFSQ André Roy.

« On a aussi obtenu en engagement écrit que le fait de donner accès ne constitue pas pour nos membres une acceptation de la construction de la voie ni un engagement à céder leur bande de terrain », précise-t-il.

La mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin explique pour sa part que les relevés géotechniques sont nécessaires à l’organisme fédéral chargé de négocier les acquisitions de terrains pour bien évaluer les indemnités à offrir. 

« Tant qu’on n’est pas allé sur le terrain, c’est difficile de négocier. Si le tracé bouge de quelques mètres, ça peut changer la donne pour certains propriétaires. On est à l’étape de recevoir les autorisations d’accès pour franchir cette étape. »

« Il y a déjà des propriétaires qui ont signé des autorisations d’accès », informe Conrad Lebrun, ingénieur en chef à la Ville. « Ce qui ne les oblige nullement à vendre leur terrain par la suite », confirme-t-il.

L’avocat Daniel Larochelle, qui a organisé une rencontre d’information à la mi-septembre pour les citoyens touchés par le processus d’acquisition, recommande quant à lui une certaine prudence avec ces autorisations.

« Le fait d’aller sur les terrains pour faire des forages, ça vaut une compensation, estime-t-il, et en dehors des ententes d’expropriation. De toute façon, avec tous les outils qu’ils ont déjà à leurs dispositions, ce n’est pas vrai qu’ils doivent aller sur tous les terrains pour documenter le tracé. Ceux qui autorisent l’accès vont déjà se sentir expropriés. »

Tracé et BAPE

Cinq mois après la confirmation du projet par les gouvernements fédéral et provincial, le dossier suit donc son cours, même si des citoyens touchés par le tracé retenu protestent encore.

« Déjà quand on a commencé la phase 2 (en juillet dernier), on savait qu’on travaillait avec le tracé retenu », réagit la mairesse Morin en rappelant que ce choix relève des gouvernements supérieurs, qui ont opposé une fin de non-recevoir au tracé alternatif proposé conjointement par les trois municipalités de Lac-Mégantic, Frontenac et Nantes en raison des coûts supplémentaires importants qu’il entraînait.

« Il y a quelques citoyens qui continuent de poser des questions et de s’opposer parce qu’ils sont directement “impactés” et c’est normal, constate Mme Morin. Mais le tracé ne relève pas de la Ville et ce n’est pas non plus la Ville qui va négocier les ententes. Nous, notre travail sera de s’assurer que les négociations soient justes et équitables pour tous. »

Techniquement, les acquisitions de terrains incombent au gouvernement fédéral et Transports Canada a mandaté Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) pour négocier de gré à gré. S’il n’y a pas d’entente, le fédéral pourra aller en expropriation.

SPAC a tenu une séance d’information à Lac-Mégantic en août dernier pour les propriétaires concernés et doit ouvrir un bureau sur place cet hiver. 

« On ne sait pas encore où sera situé le bureau, mais c’était important pour nous que nos citoyens incluant ceux de Nantes et de Frontenac aient accès aux fonctionnaires et à toutes les informations nécessaires », dit Mme Morin.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement devrait également tenir cet hiver des audiences spécifiques sur le projet. 

« Ça va être intéressant ce qui va sortir du BAPE, commente André Roy. Ce n’est pas rien la construction d’une voie ferrée dans ces milieux-là. Il va y avoir des conséquences environnementales importantes et le BAPE devra se prononcer. »

La voie de contournement en quelques chiffres

Un projet de 133 millions $

Un trajet de 12,8 km

82 propriétés à acquérir, principalement des parcelles de lot

44 propriétaires concernés, soit 6 à Nantes, 26 à Lac-Mégantic et 12 à Frontenac

1,9 M$ budgété pour les indemnisations

Construction 2020 à 2022

Source : Transports Canada