Viols collectifs d'ados: «Il faut cesser de culpabiliser les filles»

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (Agression Estrie-CALACS) estime qu’il faut travailler en amont auprès des agresseurs potentiels notamment sur la notion de consentement pour limiter les viols collectifs par des adolescents sur des adolescents.

Invitée à commenter les arrestations et la mise en accusation de quatre adolescents à Sherbrooke pour des agressions sexuelles en groupe, la porte-parole du CALACS-Agression Estrie estime qu’il faut travailler sur les rapports égalitaires entre les hommes et les femmes.

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« Il faut cesser de culpabiliser les filles en disant sans cesse de se surveiller ou surveiller leurs verres. Elles doivent apprendre à s’écouter. Il faut cependant agir auprès des garçons sur les notions de consentement, de rapport égalitaire et de respect des limites de l’autre. Il faut leur faire prendre conscience des conséquences des gestes qu’ils peuvent poser », estime Maggie Fredette.
Elle explique que plus de 105 ateliers ont été donnés par Agression Estrie-CALACS au cours de la dernière année scolaire.
« Nous travaillons sur la notion d’âge du consentement. Il faut aussi s’assurer de bien connaître l’autre et prendre la décision de retourner chez soi lorsqu’il y a consommation d’alcool », mentionne Maggie Fredette.
L’organisme n’a pas accueilli d’adolescentes qui ont fait des liens directs avec ce type d’événement.
« Ce n’est pas un phénomène qui est fréquent. Nous étions au fait que cette méthode est utilisée comme moyen de désensibilisation pour l’exploitation sexuelle. Cependant, nous n’avons pas rencontré de jeunes qui font un lien direct », explique Maggie Fredette.
Le CALACS-Agression Estrie se dit préoccupé par ces soirées qui servent de lieux de rencontre où ont culminé les rencontres menant à ces agressions sexuelles en groupe.


« Pour l’instant, les élèves ont été retirés de l’école dès leur arrestation. »
CSRS

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a réitéré aux parents des écoles secondaires qu’elle condamnait les gestes dont sont accusés trois élèves qui fréquentent leurs établissements.
« Pour l’instant, les élèves ont été retirés de l’école dès leur arrestation. Pour la suite des actions à prendre, nous analysons la situation avec le premier souci d’assurer la sécurité des élèves et de protéger le milieu », explique la lettre de la CSRS envoyée aux parents par dont La Tribune a obtenu copie.
La CSRS rappelle que les événements ne sont ni passé dans les écoles ni à l’intérieur des heures de classe. Elle rappelle l’avis émis par le Service de police de Sherbrooke relativement à ces événements.
« Soyez assurés que nous mettons tout en œuvre pour maintenir un environnement de vie propice aux apprentissages et le déroulement normal des activités éducatives. Nous assurons la Sûreté du Québec de notre peine collaboration à l’enquête policière en cours », stipule la lettre de la CSRS.