Le journaliste Julien Fébreau était l’éclaireur de Jacques Villeneuve à Trois-Rivières. C’est lui qui lui a fait découvrir le rallycross.

Villeneuve, le bourreau de travail

Trois-Rivières — Julien Fébreau et Jacques Villeneuve commentent et analysent ensemble, depuis 2013, les courses du championnat de Formule 1 pour la chaîne Canal+ en France. Ces derniers jours à Trois-Rivières, les deux amis ont délaissé leur micro pour faire équipe au GP3R, où Fébreau a joué le rôle d’éclaireur pour Villeneuve.

Fébreau, un journaliste de 35 ans également pilote spécialisé en rallycross, est donc un proche du célèbre Québécois.

«Travailler avec Jacques, c’est exceptionnel. C’est quelqu’un d’entier, pas quelqu’un de politique. S’il a quelque chose à dire, il va te le dire en te regardant dans les yeux. On ne se sent jamais trahis avec lui», explique Fébreau, impressionné par les aptitudes de communicateur développées par son complice en cinq ans.

«Il n’arrive pas les mains dans les poches. Jacques est au courant de tout et il suit tout. Je trouve qu’il devient de plus en plus un journaliste. Il a l’attitude en tout cas! Le matin dans la voiture, entre l’hôtel et le circuit, s’il y a un quart d’heure de disponible, il va me poser de 40 à 50 questions sur la F1, mais aussi sur la géopolitique, la science, les jeux vidéos. Il a soif de tout savoir. Et puis on s’amuse!»

Parfois mal cité, souvent mal compris, Jacques Villeneuve fait encore parler de lui pour les mauvaises raisons de temps en temps. On l’a vu avec les cas de Lance Stroll ou Lewis Hamilton, plus récemment.

«Je ne crois pas que Jacques soit insultant et chaque fois, ça porte à réflexion. Si tu analyses sa réflexion, il se peut que tu comprennes qu’il a pensé de la même façon que toi. Il a simplement pris un chemin différent.»

Jacques Villeneuve a participé à l’enregistrement de l’émission Les Beaux dimanches, jeudi à Radio-Canada. Cet épisode a été transmis dimanche soir. Le DG du GP3R, Dominic Fugère, assistait à l’enregistrement.

«Le niveau de réflexion qu’il met dans ses réponses, ça m’impressionne. Il a appris ça de Julien», sourit Fuègre, un bon ami de Villeneuve. «Avant, ses commentaires sortaient n’importe comment.»

«Il est en mesure de tenir l’antenne si je dois gérer autre chose durant nos reportages. Il comprend beaucoup mieux le sens de la télévision maintenant», ajoute Fébreau.

Les éloges de Jacques
L’ex-pilote de F1 renvoie les compliments à son collègue de Canal+. «Il est génial comme spotter! J’ai l’habitude de l’entendre alors la communication est facile. Julien est positif, je pense qu’il est meilleur comme éclaireur que dans tout le reste», sourit Villeneuve.

La vérité c’est que Julien Fébreau est un habile communicateur, mais aussi un pilote aguerri. Il participe aux épreuves du Championnat de France de rallycross quand le temps lui permet.

«C’est dans le rallycross que j’ai commencé et j’ai donné la piqûre à Jacques. Il m’a demandé d’être son éclaireur ici quand on a couvert le Grand Prix de Hongrie. On ne peut rien refuser à un ami!»

Circuit amélioré
Fébreau avait pris part à la première édition du rallycross au GP3R, en 2014. Dans la classe des RX Lites, il s’était classé troisième.

«Dominic Fugère m’avait prévenu que je ne serais jamais un vrai pilote si je ne roulais pas à Trois-Rivières, donc j’ai dit oui! Le circuit a des zones à très hautes vitesses, il faut que tu trouves ta confiance entre les murs. C’est un tracé que les pilotes aiment, mais qu’ils redoutent aussi. Ils le tiennent en respect, car ils le craignent, un peu comme à Monaco.»

Fébreau remarque que le circuit du GP3R s’est grandement amélioré depuis 2014. «C’est bien d’avoir enlevé le gros saut au milieu de l’hippodrome. Il ne servait pas à grand-chose, mis à part d’être cassant pour les voitures. Heureusement les gènes de la piste sont demeurés les mêmes. C’est très difficile physiquement ici. Il y a quatre ans, je n’étais pas capable de couper ma viande au restaurant, j’étais crevé!»

Le journaliste se montre confiant par rapport à l’avenir de la discipline. «On apporte le même soin sur les détails que du côté de la Formule 1. J’ai hâte de voir quelle tendance prendra la FIA avec les voitures électriques. J’espère que ça ne changera pas l’identité du rallycross.»