La mère de Riley Fairholm, Tracy Wing (à l'avant) a organisé une vigile samedi soir en mémoire de son fils décédé il y a 2 ans.
La mère de Riley Fairholm, Tracy Wing (à l'avant) a organisé une vigile samedi soir en mémoire de son fils décédé il y a 2 ans.

Vigile pour Riley Fairholm: «Je ne sens pas qu’il y a eu justice pour mon garçon»

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Une vigile a eu lieu samedi soir devant le poste de la Sûreté du Québec de Dunham, en mémoire de Riley Fairholm, un adolescent de Lac-Brome décédé sous les balles des policiers, le 25 juillet 2018.

Organisé par sa mère, Tracy Wing, l’événement a rassemblé une vingtaine de personnes arborant bracelets, chandelles et pancartes demandant justice pour Riley Fairholm.

«On veut leur rappeler qu’un de leur policiers a tué mon garçon. Puis, c’est aussi pour demander qu’il y ait plus de formation sur comment intervenir auprès d’une personne en crise. Je ne sens pas qu’il y a eu justice pour mon garçon», dit la résidente de Lac-Brome qui n’a toujours pas eu accès au rapport du coroner.

Rappelons que Riley Fairholm, 17 ans, a été abattu d’une balle dans la tête par un policier de la Sûreté du Québec, dans la nuit du 25 au 25 juillet 2018. Le jeune homme était armé et agité. Le rapport balistique a ensuite démontré que l’arme de la victime était un pistolet à CO2.

«Le policier a pris 61 secondes pour le tirer à la tête. Mon garçon n’était pas une personne menaçante. Il était en crise.»

Réforme et formation

D’où l’importance, poursuit Mme Wing, qu’il y ait une réforme dans le système et des solutions mises en place par le gouvernement afin d’offrir davantage de formation en santé mentale dès les premières années d’études pour les policiers. «Au lieu de faire des simulations extrêmes et dangereuses qui arrivent très rarement, ils pourraient faire plus d’interventions pour désamorcer des situations et apprendre à négocier.»

Mme Wing indique que cette année, trois personnes ont été tuées sous les balles de policiers de la Sûreté du Québec. Elle veut ainsi marteler son message, non seulement pour les victimes, mais aussi pour les policiers, «car un policier ne peut pas vivre avec la vie d’un adolescent sur la conscience».

Celle-ci déplore également la surcharge de travail des agents.

«On est toujours en train de donner aux policiers plus de travail. Ce ne sont pas des experts en port du masque, par exemple. Le gouvernement pitche beaucoup de choses dans leur cour.»

Depuis la mort de son fils, Tracy Wing se bat pour avoir accès aux informations entourant le décès de son fils. En octobre 2019, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé qu’il n’y aurait pas d’accusations criminelles déposées contre les policiers impliqués dans l’intervention.

À LIRE AUSSI : Mort de Riley Fairholm: pas d’accusation criminelle contre les policiers

À LIRE AUSSI : Une pétition pour équiper les policiers de caméras

«Quand je me bats pour mon garçon, que je parle pour lui, ça me fait du bien. Je veux éviter que ça arrive à un autre parent. Je veux que les gens sachent que ça peut arriver à eux aussi. Que ça peut arriver à leur garçon, à leur frère.»