L’Italien Luca Tacchetto et la Sherbrookoise Édith Blais sont disparus au Burkina Faso depuis la mi-décembre. En voiture, ils devaient se rendre dans la capitale, Ouagadougou, avant de traverser au Ghana et au Togo.

Une Sherbrookoise portée disparue au Burkina Faso

La Sherbrookoise Édith Blais, 34 ans, est portée disparue dans le nord-ouest de l’Afrique, au Burkina Faso, en compagnie de son copain, Luca Tacchetto, un Italien de 30 ans. La famille de la Sherbrookoise est sans nouvelles depuis le 15 décembre, quand la jeune femme a publié pour la dernière fois des photos de son périple africain sur Facebook.

Édith Blais et Luca Tacchetto voyageaient en voiture depuis septembre. Ils avaient quitté l’Italie, traversé le détroit de Gibraltar, et se trouvaient à Bobo-Dioulasso, la deuxième plus grande ville du Burkina Faso, quand ils ont été vus la dernière fois. Ils devaient prendre la route pour la capitale Ouagadougou avant de partir pour le Togo afin d’y faire du volontourisme.

« Je suis sans nouvelles depuis le 13 décembre, mais son copain a appelé sa famille le 15 », explique Jocelyne Bergeron, la mère de la disparue. Lors des dernières communications, rien ne laissait présager que les deux voyageurs couraient le moindre danger. Ils n’avaient manifesté aucune inquiétude particulière.

Le gouvernement canadien a été avisé et Interpol serait impliqué dans le dossier.

« C’est déjà arrivé dans le passé qu’Édith ne donne pas de nouvelles pendant quelques jours, mais ce n’était jamais dans un milieu aussi dangereux ou imprévisible », poursuit Mme Bergeron. Ce n’est toutefois pas dans les habitudes de Luca Tacchetto de ne pas communiquer avec sa famille.

Sur son site destiné aux voyageurs, le Gouvernement du Canada recommande d’éviter tout voyage non essentiel au Burkina Faso en raison de la menace terroriste. Il recommande aussi d’éviter tout voyage près des frontières avec le Mali, le Bénin et le Togo, à nouveau à cause du terrorisme et des risques d’enlèvement.

« On sait depuis le 29 décembre qu’Édith est disparue, mais on ne sait toujours pas si elle a traversé la frontière. Ça ne devrait pas être si difficile à vérifier », dit Jocelyne Bergeron, étonnée par la lenteur des démarches du gouvernement canadien.

Pour éviter les frontières à risque, le couple avait planifié de passer par le Ghana avant d’atteindre le Togo.

« J’ai parlé avec l’homme qui devait les accueillir au Togo. Il m’a raconté que, dans le passé, un de ses bénévoles avait été arrêté et séquestré par la police du Burkina Faso, sans moyen de contact avec l’extérieur. Comment on fait pour vérifier ce genre d’information? » s’interroge la mère inquiète.

Selon Mme Bergeron, le bénévole en question aurait finalement été relâché pour être expulsé du pays.

Édith Blais et Luca Tacchetto pourraient-ils avoir été arrêtés? « Je sais qu’ils avaient eu de la misère à obtenir leur visa pour entrer au pays. Ont-ils eu un problème de visa? Je m’accroche un peu à cette explication... »

Quelques jours avant leur disparition, les deux voyageurs auraient fait monter un homme qui faisait de l’autostop. « Est-ce qu’il y a un lien? Est-ce qu’ils ont eu des problèmes avec la police à cause de lui? On est un peu dans le néant. »

Édith Blais et Luca Tacchetto se connaissent depuis plusieurs années et voyagent souvent ensemble. La Sherbrookoise bourlingue pour sa part depuis ses 18 ans et connaît les rouages du voyage. Une page Facebook a été créée dans l'espoir de les retrouver. 

Jocelyne Bergeron n’avait pas encore parlé à la famille de Luca Tacchetto, vendredi. Le jeune homme, originaire de Vigonza, près de Venise, est le fils de l’ancien maire de la ville. Selon plusieurs articles publiés dans les médias italiens, l’ambassade italienne d’Abidjan suit la situation de près et le ministère des Affaires étrangères italien garde des liens serrés avec la famille.

Au Canada, Mme Bergeron confirme être en contact avec le ministère des Affaires étrangères. Celui-ci a pu confirmer à La Tribune qu’une Canadienne manquait à l’appel au Burkina Faso vendredi.

« Les agents consulaires canadiens au Burkina Faso sont en contact avec les autorités locales pour recueillir de l’information. Des services consulaires sont fournis aux membres de la famille au Canada », a partagé le porte-parole des Affaires mondiales Canada Guillaume Bérubé.

Le Canada dispose d’une ambassade à Ouagadougou.

Il n’a pas été possible de parler à quelqu’un au bureau de la députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau.

Le Burkina Faso est aux prises avec des organisations terroristes depuis quelques années. Le président a décrété l’état d’urgence dans plusieurs provinces la semaine dernière dans l’objectif d’endiguer les menaces terroristes. Selon un article publié dans Jeune Afrique, l’état d’urgence accorde aux forces de sécurité le pouvoir d’ordonner des perquisitions jour et nuit. Des libertés fondamentales pourraient être restreintes, comme la liberté de circulation, lit-on dans l’article.  

Une attaque survenue le 1er janvier a fait près d’une cinquantaine de morts dans le village de Yirgou, dans le centre-nord du pays, alors que dix gendarmes ont été tués dans une embuscade à la fin décembre dans le nord-ouest du pays. Ouagadougou a aussi été la cible d’attaques terroristes en janvier 2016, alors que six Québécois avaient perdu la vie, et, en août 2017, emportant deux Canadiens. L’état-major des forces armées, toujours dans la capitale, avait été visé au début de l’année 2018. 

Édith Blais et Luca Tacchetto