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Une semaine cruciale pour Trump selon Guillaume Lavoie

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
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Les prochains jours seront cruciaux pour le président américain sortant, Donald Trump, selon l’expert en politique américaine Guillaume Lavoie, alors qu’il a été mis en accusation par la chambre des représentants des États-Unis pour incitation à l’insurrection.

Ce sera maintenant au Sénat de voter afin de décider si l’homme de 74 ans est coupable ou non. Cependant, les travaux du Sénat doivent reprendre le 19 janvier, soit la veille de l’entrée en fonction de Joe Biden à la présidence. Il serait donc surprenant de voir Donald Trump être destitué une journée avant de quitter la Maison-Blanche.

Cette mise en accusation, aussi appelée impeachment, pourrait cependant mener à son inéligibilité future, ce qui veut dire qu’il ne pourrait pas se représenter pour un rôle au sein de l’État américain, et il devrait donc faire une croix sur une possible candidature à la présidence en 2024.

Cette procédure n’est pas chose courante chez nos voisins du Sud. « C’était seulement arrivé trois fois dans toute l’histoire des États-Unis jusqu’à celle-ci, la deuxième pour Trump. De toutes les mises en accusation formelles faites à un président, Trump en a 50% à lui seul. Il est le premier à l’être deux fois. C’est un moment aussi rare qu’historique », explique Guillaume Lavoie.

Pour condamner le président, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire, 67% des membres du Sénat devront voter en ce sens. Au 20 janvier, les 100 sénateurs seront séparés à égalité entre les républicains et les démocrates.

« Si on présume que tous les élus démocrates vont voter en faveur de la condamnation, il faudra 17 sénateurs républicains qui votent en ce sens. C’est une barrière très élevée. Déjà deux ont dit être en faveur de la destitution, mais ce n’est pas encore fait », explique M. Lavoie.

Cependant, M. Lavoie croit que l’appui des républicains envers Trump n’est pas à son point culminant et que les décisions qu’il prendra au cours des prochains jours auront un impact significatif sur le vote.

« Le fait que Mitch McConnell, le leader des républicains au Sénat, hésite, ça en dit beaucoup. On n’est pas encore en mesure d’en juger, mais ce qui pourrait donner plus de force à ceux qui veulent condamner Trump, c’est s’il va se donner le pardon présidentiel, à lui et aux membres de sa famille. C’est tout à fait possible. Il a jusqu’au 20 janvier, 11h59, pour le faire. »

Par contre, même pardonné, Trump ne pourrait pas se représenter à la présidence, car le pardon ne couvre pas l’impeachment. Guillaume Lavoie ne serait pas surpris de voir Trump prendre cette décision. « Rien ne l’interdit formellement et on a dépassé la limite plusieurs fois avec M. Trump. Ces agissements des prochains jours vont déterminer si oui ou non il sera condamné par le Sénat. Est-ce que Trump deviendra le principal promoteur de sa condamnation ? C’est son comportement qui fera foi de tout », conclut M. Lavoie.