Cette photographie éclatante n’est qu’une des innombrables œuvres de Sonya Messier.
Cette photographie éclatante n’est qu’une des innombrables œuvres de Sonya Messier.

Une poids lourd de la photo !

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Sonya Messier, ça vous dit quelque chose ? Dans l’industrie nord-américaine de la photographie de véhicules lourds, la renommée de la Suttonnaise n’est plus à faire.

Camions, semi-remorques, déneigeuses, remorqueuses, « flat beds »... Sans charme pour certains, cette imposante machinerie devient spectaculaire — et belle ! — à travers la lentille de la photographe. À tel point qu’on jurerait que ses clichés ont été abondamment retouchés.

« En fait, je suis probablement l’une des photographes commerciales qui utilisent le moins d’équipement. J’ai un boîtier et un objectif, c’est tout. Je n’ai pas le choix, dans les conditions particulières dans lesquelles je travaille. Je dois limiter mon matériel », explique la dame.

Oubliez le douillet studio. En consacrant 95 % de sa carrière à la photo de véhicules lourds, c’est sur des routes enneigées, en pleine forêt, dans des champs d’éoliennes, dans des carrières de sable ou carrément en pleine tempête que Sonya Messier exerce son art. Partout au Canada et aux États-Unis, ce qui l’amène à beaucoup voyager.

« Sur le bord d’une autoroute, quand le camion roule vers moi, je n’ai pas le temps de changer de matériel », illustre-t-elle. Même chose lorsqu’elle doit devancer un chasse-neige en mouvement pour avoir la meilleure prise de vue possible !

La photographe en pleine séance de travail

Au milieu de tous ces mastodontes, Sonya Messier se sent comme un poisson dans l’eau. 


« C’est un milieu d’hommes, le camionnage. Moi, j’ai 44 ans, je suis grand-maman et j’arrive sur les lieux en pick-up. Je travaille très bien dans cet univers. J’aime les gens que j’y rencontre. Je suis traitée comme une reine ! »
Sonya Messier

Pour cette fille de camionneur, il s’agit d’un amusant clin d’œil à son enfance. Elle adore les « gros » camions, les belles rencontres et le « vroum vroum » des moteurs.

« J’aime savoir que c’est à mon tour de faire de la magie, de surprendre les gens avec des œuvres de leur camion et de les voir heureux. »

Emploi de rêve

Depuis 12 ans qu’elle se spécialise dans ce créneau, et on devine qu’elle ne changerait de métier pour rien au monde. « J’ai un emploi de rêve. Faire de la photo, c’est déjà extraordinaire, être capable d’en vivre à temps plein, c’est encore mieux. »

En consacrant 95 % de sa carrière à la photo de véhicules lourds, c’est sur des routes enneigées, en pleine forêt, dans des champs d’éoliennes, dans des carrières de sable ou carrément en pleine tempête que Sonya Messier exerce son art.

D’abord recrutée par le fabricant de camions Western Star Trucks, elle a élargi son réseau et sa réputation.

D’autres fabricants, des concessionnaires (dont Tardif Diesel en Estrie, qui lui a donné sa première chance) et des propriétaires exploitants font aujourd’hui appel à ses services : Wajax, NRC, Allison Transmission, Total, Shell Rotella, Kenworth Maska...

Sonya Messier avoue avoir atteint un niveau élevé de reconnaissance. « Et c’est très valorisant. »

Ses honoraires, dit l’artiste, sont d’ordre « corporatif » et se justifient notamment par le coût de ses équipements.

« Dans ce métier, il faut constamment être à jour. L’an dernier, je me suis rééquipée pour 20 000 $. Les photos sont de plus en plus lourdes et l’ordinateur doit être capable de supporter tout ça. »

Ses images illustrent des brochures promotionnelles, des catalogues, des sites Web, des calendriers et même, parfois, des panneaux autoroutiers.

Ses forces ? Sa créativité, dit-on, et sa facilité à « mettre les camions dans leur contexte ». « Je suis tout le temps en repérage de sites pour les séances photo. Je me sers de Google Maps et j’ai plein de petits cœurs partout sur la carte ! »

Sa façon d’exploiter la lumière naturelle fait également partie de sa signature distinctive.

Il n’est pas rare de la voir au travail juste avant le lever du jour ou avant le coucher du soleil, alors que « la lumière est la plus belle ».

« Mon objectif, c’est de faire une œuvre d’art à partir d’un outil de travail montré dans ses conditions réelles. Faire du beau avec quelque chose qui ne l’est pas nécessairement. C’est là, ma fierté ! »