Emilie Bavenga-Muanda a tenté de vendre un appareil à 2000 $ à une patiente de l’Hôpital de Hull.

Une infirmière auxiliaire radiée pour avoir voulu vendre un appareil à une patiente

Une infirmière auxiliaire de l’Hôpital de Hull doit purger trois mois de radiation pour avoir utilisé la base de données de son employeur afin de trouver les coordonnées d’une patiente dans le but d’essayer de lui vendre un appareil à 2000 $ censé atténuer ses difficultés respiratoires.

Infirmière auxiliaire à l’unité d’hémodialyse de l’Hôpital de Hull depuis 2002, Emilie Bavenga-Muanda a été dénoncée, en 2016, par une patiente qu’elle connaissait depuis plusieurs années. La patiente en question « souffrait de problèmes de respiration », ce que savait Mme Bavenga-Muanada, précise-t-on dans la décision rendue à la fin septembre par le conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ).

Selon ce qui est rapporté dans cette décision, Mme Bavenga-Muanda a consulté un logiciel sans que cela ne soit « nécessaire à l’exercice de ses fonctions », afin de trouver les coordonnées de la patiente à qui elle prodiguait « régulièrement » des soins. Elle a utilisé ces informations pour appeler la patiente à son domicile.

« Lors de son appel, l’intimée affirme qu’elle a observé chez la patiente une difficulté respiratoire appelée wheezing, lit-on dans la décision. Elle prétend avoir une solution à lui présenter. »

Une rencontre a lieu le lendemain, au domicile de la patiente. Pendant « deux ou trois heures », l’infirmière auxiliaire, son conjoint et une représentante de la compagnie GreatVacs parlent de l’appareil Rainbow « servant à la désinfection, la purification de l’air et pouvant servir d’humidificateur ou d’aspirateur selon les accessoires choisis ».

Divers prix sont présentés, « jusqu’à une somme finale d’environ 2000 $ ». La tentative de vente est allée encore plus loin lorsqu’il a été « proposé à la patiente de fournir les noms et les coordonnées d’autres personnes » demeurant dans la même résidence pour retraités où elle habite. Dès la réception de la plainte, Mme Bavenga-Muanda a reconnu les faits, tout en admettant qu’elle aurait pu « bénéficier d’un appareil Rainbow gratuitement si elle arrivait à en vendre un certain nombre (environ cinq) ». Elle n’avait jusque là aucun antécédent disciplinaire en 22 ans de pratique.

Son employeur, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), lui a imposé une suspension sans solde de trois jours. Elle est retournée travailler au même département, mais la patiente qui avait porté plainte a été transférée d’unité d’hémodialyse. L’infirmière auxiliaire a exprimé « des regrets profonds et sincères » devant le conseil de discipline, qui estime que bien qu’il s’agisse « d’un cas isolé », « la confiance de la cliente et du public est minée par la conduite de l’intimée ». Le risque de récidive a été jugé « faible » dans ce dossier.

Les deux parties s’entendaient sur une radiation de deux mois pour le premier chef, lié à la « recherche illégale » des coordonnées. Pour le chef lié à la tentative de vente de l’appareil « à des fins lucratives et sans justifications médicales », le syndic adjoint de l’OIIAQ réclamait une radiation de six mois alors que Mme Bavenga-Muanda proposait une radiation de deux mois.

Le conseil a finalement accepté la suggestion commune de deux mois pour le premier chef, tout en imposant une radiation de trois mois pour l’autre, le tout à purger de façon concurrente.