Jessica Néron pose en compagnie de son conjoint Mickaël Fortin et de leur fille Amanda.

Une greffe du coeur en vue

Alors que la venue d’un nouvel enfant devrait être symbole de bonheur pour une famille, l’histoire de Jessica Néron a pris une tournure bien différente. La mère d’un quatrième enfant de quatre mois apprend maintenant à vivre avec l’idée qu’elle devra subir une transplantation cardiaque à la suite d’un diagnostic de cardiomyopathie du péripartum.

En pleine préparation du réveillon de Noël, la femme de 32 ans se sentait fatiguée. Avec des enfants de 11, 10, 8 ans et 4 mois, elle attribua cela au stress et à la dernière grossesse. Le 23 décembre, alors qu’elle était couchée, l’Almatoise eut l’impression de manquer d’air. Devant des symptômes persistants, elle se présenta à l’hôpital d’Alma le 26 décembre. Après une batterie de tests, on lui diagnostiqua une insuffisance cardiaque. 

À la suite d’un transfert dans un hôpital de Québec, Jessica Néron obtint le diagnostic final de cardiomyopathie du péripartum. Cette insuffisance cardiaque touche la femme enceinte, un mois avant l’accouchement et jusqu’à cinq mois après. « J’avais conscience de ce qui se passait autour de moi. Je me concentrais à ne pas mourir », témoigne celle qui fut hospitalisée aux soins intensifs de l’unité coronarienne. Après neuf jours d’hospitalisation à Québec, la maman de quatre enfants était de retour à Alma avec un défibrillateur implantable.

Nouveau mode de vie

De retour à la maison depuis le début du mois de janvier, Jessica Néron s’habitue à cette nouvelle vie. En plus de l’insuffisance cardiaque chronique, la maladie a laissé des traces irréversibles à son cœur. Une valve fuit en plus de nombreuses cicatrices. Chaque jour, elle doit se soumettre à une pesée en plus de surveiller son alimentation et son absorption de liquides. La fatigue est plus présente en après-midi pour celle qui est accompagnée de son conjoint à la maison. « Ça va bien. Je ne peux pas dire comment j’irai dans un mois. C’est au jour le jour ! », affirme celle qui est soulagée d’être de retour avec les siens. À court terme, des essais sont faits avec un médicament d’exception de la RAMQ afin d’atténuer les symptômes d’insuffisance cardiaque. 

Des tests sont faits afin d’évaluer l’impact sur les autres organes. Le potentiel de greffe pour la maman d’Alma est aussi validé. Avec un cœur qui ne fonctionne qu’à 15 % de ses capacités, la greffe de cœur sera inévitable au courant des prochaines années. Heureusement, une bonne médication pourra retarder le moment de la transplantation. Si jamais son état de santé se dégrade rapidement, un cœur mécanique pourra permettre à la jeune femme de patienter jusqu’à la transplantation cardiaque. 

Cas d’exception

Jessica Néron accepte de parler de cette histoire parce qu’elle espère pouvoir éviter cela à d’autres femmes. En deux ans, seulement deux cas du genre ont été répertoriés à l’Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec. « Les symptômes à ne pas négliger sont ceux lorsque nous sommes allongés », explique celle qui espère voir plus de prévention. « On banalise toujours les symptômes quand on est malade », ajoute-t-elle.

Jessica Néron devra subir éventuellement une greffe cardiaque.

Vivre un jour à la fois

Elle apprend à vivre avec ce diagnostic sans savoir ce qui l’attend pour la suite. La greffe cardiaque pourrait avoir lieu l’an prochain ou dans 10 ans. Celle qui occupait un poste d’animatrice en loisir au Groupe Centre-Lac d’Alma ne sait pas si elle pourra regagner le marché du travail. « J’aimais beaucoup mon travail. Je ne peux me permettre d’attraper un rhume ou autre chose. Mon cœur est trop faible pour combattre les microbes » précise-t-elle. 

Mouvement de solidarité

Plusieurs dépenses attendent la famille qui devra multiplier les allers-retours à Québec. Une campagne est en cours via le site onedollargift. « Je pensais surtout à mes enfants. On devra couper à certains endroits. Ce sont eux qui vont en souffrir », témoigne la maman gênée d’une telle démarche. L’objectif de la campagne de sociofinancement est d’amasser 5000 $. Outre les dépenses reliées au transport et à l’hébergement à Québec, Jessica Néron devra visiter le dentiste à plusieurs reprises, puisque sa santé bucco-dentaire doit être parfaite pendant l’évaluation prégreffe et lors de l’opération. À l’approche de la greffe, Jessica Néron devra habiter Québec pendant plusieurs semaines puisqu’elle devra se présenter à l’hôpital en moins de deux heures lors de l’appel tant attendu. Ensuite, elle devra se rendre à des rendez-vous plusieurs fois par semaine. Heureusement, les semaines à venir seront plus faciles pour la famille grâce à l’aide d’un généreux donateur. En mai, une activité-bénéfice sera organisée au Groupe Centre-Lac.