Carol Pelletier a admis devant le tribunal que pendant trois ans, entre l'âge de 9 à 12 ans, l'enfant était utilisée comme partenaire sexuelle.

Une fillette comme «blonde» pour un sexagénaire

Carol Pelletier, 61 ans, s’avance en s’appuyant sur sa canne. L’homme vient admettre devant le tribunal que pendant trois ans, il a utilisé une enfant comme partenaire sexuelle.

Pelletier a rencontré Noémie*, 9 ans, en juillet 2015 à Shawinigan. L’enfant vit avec sa mère et sa jeune sœur dans le logement voisin de celui de Pelletier. La famille de Noémie vit pauvrement. Le père des filles a levé les voiles.

Une relation d’amitié se tisse rapidement. Noémie va prendre ses repas chez Carol Pelletier et passe ses soirées avec lui. L’homme lui achète des vêtements et fait son lavage.

Quatre mois après la rencontre, Carol Pelletier touche Noémie une première fois.

L’enfant est nue dans son lit. Il caresse sa vulve durant de longues minutes.

Au fil des mois, les contacts sexuels se répètent, passant des gestes de masturbation mutuelle, à la fellation, au cunnilingus jusqu’à la relation sexuelle complète.

Carol Pelletier a admis une dizaine de relations sexuelles avec pénétration. Certaines avec une pénétration partielle, a-t-il tenu à faire préciser.

Interdiction de contact

En 2016, un signalement est fait à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Une audience se tiendra en novembre et, le 5 avril 2017, une interdiction de contact entre Pelletier et Noémie est émise par le tribunal.

Selon nos informations, la DPJ n’a pas avisé les corps policiers de la situation à ce moment.

Durant la même période, la mère de Noémie déménage sa famille dans Lotbinière. Elle demande à Carol Pelletier de les rejoindre. Il est ni plus ni moins qu’un pourvoyeur pour la famille et dira aux policiers qu’il considère Noémie «comme sa blonde».

La relation entre l’enfant et le sexagénaire se poursuit, malgré l’interdiction de contact.

Selon la poursuite, la mère est parfaitement au courant des gestes de Carol Pelletier.

Elle va elle-même reconduire sa fille sur le stationnement d’une meunerie ou dans un champ de pommes de terre où Pelletier vient la chercher. La dernière relation sexuelle entre Noémie et Carol Pelletier a eu lieu dans la maison de la mère.

Attouchements sur vidéo

La relation va cesser seulement en avril 2018, grâce à l’intervention de la jeune sœur de Noémie.

Un matin, l’enfant filme avec un téléphone cellulaire Pelletier en train de toucher l’entrejambe de sa sœur, maintenant âgée de 12 ans.

Ces images seront remises à la Sûreté du Québec. Une enquête policière s’amorce et Pelletier est bientôt arrêté.

L’homme, sans antécédent pour des crimes sexuels, a choisi jeudi de plaider coupable à des accusations de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels.

Après avoir entendu le récit des faits, le juge Mario Tremblay a demandé à la représentante du ministère public si la mère de Noémie avait aussi été accusée. «Une enquête policière est en cours», a répondu Me Mélanie Dufour.

Carol Pelletier a accepté de se soumettre à une évaluation sexologique. Il reviendra à la cour en janvier pour l’étape des représentations sur la peine et demeure en liberté d’ici là. L’homme est assigné à domicile 24 heures sur 24 sauf pour rencontrer son avocate.

* Prénom fictif