Susan Kuplu, âgée de 37 ans, était portée disparue depuis le 10 janvier dernier.

Une femme de 18 ans accusée du meurtre de Susan Kuplu

Une jeune femme de 18 ans est formellement accusée du meurtre de Susan Kuplu qui était portée disparue depuis le 10 janvier dernier.

Lennese Kuplu est accusée de meurtre non prémédité et d’outrage à un cadavre. Elle a comparu brièvement samedi matin au palais de justice d’Ottawa et doit revenir devant la cour mercredi après-midi.

Le Service de police d’Ottawa a annoncé vendredi soir l’arrestation d’une personne après la disparition de Susan Kuplu, ajoutant que l’enquête en était désormais une pour meurtre.

L’aide du public avait été initialement demandée le 17 janvier dernier, une semaine après la disparition de la femme de 37 ans. Sa famille était inquiète pour sa sécurité, disaient alors les policiers.

Jeudi soir, nous apprenions que l’unité des crimes majeurs était désormais responsable de cette enquête à la lumière de nouvelles informations.

Pour l’instant, nous n’avons toujours pas la confirmation que le corps de Susan Kuplu a été retrouvé et, si c’est bien le cas, dans quelles circonstances.

Le Service de police d’Ottawa n’a donné aucun détail pour expliquer ce qui a mené au dépôt d’accusations contre Lennese Kuplu.

Bien qu’elle porte le même nom de famille que la victime, on ne sait pas si l’accusée est liée à Susan Kuplu. Son avocate, Marie-Josée Lafleur, était fraîchement affectée à cette affaire samedi matin et a admis ne pas avoir beaucoup d’information au sujet de sa cliente.

Me Lafleur a souligné avec ironie qu’il y avait plus d’information dans le reportage d’un média de la région que dans les documents qu’elle a reçus de la cour, samedi matin. Elle a toutefois soutenu que Lennese Kuplu n’a pas d’antécédent judiciaire.

Vendredi soir, le Ottawa Citizen dévoilait que l’accusée serait la fille de la victime. Selon le quotidien, Lennese Kuplu aurait avoué aux policiers avoir tué sa mère et laissé son corps dans une benne à ordures. Les enquêteurs seraient à la recherche du cadavre dans un dépotoir de la capitale.

Problèmes dans le Nord canadien

Bien que Marie-Josée Lafleur dispose de peu d’information sur l’affaire, elle avait tout de même des choses à dire samedi matin, puisque la victime et l’accusée sont d’origine inuite. Elle pratique le droit en Ontario, au Québec et au Nunavut et veut attirer l’attention sur les taux astronomiques de crimes violents dans les territoires du Nord canadien.

«Ce qui s’est produit ici survient régulièrement dans les territoires», souligne Me Lafleur.

L’avocate de la défense souligne que le nombre de victimes d’homicide par 100 000 personnes en 2017, selon les données de Statistique Canada, est de 4,5 dans les Territoire du Nord-Ouest, de 16 au Nunavut et de 20,8 au Yukon. De toutes les provinces, c’est au Manitoba que ce taux est le plus à 3,51 victimes d’homicide par 100 000 personnes, beaucoup moins que dans les territoires.

«Il y a un problème flagrant et inacceptable dans nos territoires et ça passe complètement inaperçu dans le reste du Canada, dénonce Marie-Josée Lafleur. Quand je travaille dans le Nord et que je souhaite envoyer mes clients en thérapie, je ne peux pas, il n’y a pas de ressources au Nunavut.»