Mathias Corriveau-Dubois

Une année de prison pour un amour interdit

Une autre histoire d’amour impossible entre un homme dans la jeune vingtaine et une adolescente s’est terminée, lundi, par l’imposition d’une peine de détention à Sherbrooke.

Pour avoir communiqué avec une adolescente du Wisconsin aux États-Unis dans le but de commettre des gestes à caractère sexuel, Mathias Corriveau-Dubois purgera une année de prison.

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L’individu de 23 ans a été condamné par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec à la peine minimale de prison ferme pour l’accusation de leurre informatique qu’il a reconnue.

« J’aimerais juste ajouter que malgré tout ce qui s’est passé et ce qui s’est produit, il faut que je paye le prix de ce que j’ai fait. Je vais y faire face », a indiqué l’accusé avant de se diriger vers la détention.

Une trame factuelle exposant les faits reconnus par Corriveau-Dubois a été déposée, mais placée sous scellé, car certaines descriptions constituent de la pornographie juvénile.

Corriveau-Dubois a reconnu le crime de leurre informatique entre mars 2016 et mai 2017 relativement à des gestes qui ont été perpétrés avec une adolescente qui vit dans le Midwest américain.

L’accusé avait 21 ans lorsque les gestes ont commencé avec l’adolescente de 14 ans.

Au fil des mois, plus de 72 000 messages ont été échangés entre les deux.

La mère de l’adolescente a découvert des photos compromettantes sur l’ordinateur de sa fille. Confronté par cette dernière, Mathias Corriveau-Dubois a reconnu que c’était illégal.

Les enquêteurs ont retrouvé les conversations sur plusieurs plateformes de médias sociaux avec l’adolescente qui demeure dans l’État situé au sud du lac Supérieur.

La procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre a expliqué que la jeune fille était vulnérable au moment des faits et qu’elle vivait des moments familiaux difficiles.

« L’enquête a mené jusqu’à l’accusé. Il a fait des aveux complets sur la relation. Il a donné beaucoup de détails aux policiers. Il s’est attaché à la victime au fil des conversations quotidiennes. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun contact entre les deux personnes », indique Me Saint-Pierre.

L’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique a expliqué que son client avait repris un suivi psychologique depuis son arrestation. 

« Il a pu conserver son emploi au cours du processus judiciaire. Il a le soutien de sa famille. Il n’est plus amoureux de la jeune fille. La relation est terminée », assure Me Lamarre-Leroux.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre et de Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique.

« Vous êtes jeune. Vous avez commis un geste que vous regrettez. Je tiens compte du fait que vous avez collaboré avec les policiers. Je tiens compte que vous n’avez aucun antécédent judiciaire et que vous avez entrepris un suivi psychologique », a signalé la juge Fabi.

Le nom de l’accusé sera inscrit pour 20 ans au registre des délinquants sexuels. Une probation de trois ans lui a été imposée.

« C’est une peine très individualisée à la situation de l’accusé. L’immaturité de monsieur a été tenue en compte. Il n’y a pas eu de rencontre ou de tentative de rencontre avec la victime. J’ai discuté avec la mère de la jeune fille. L’adolescente était amoureuse de monsieur, mais elle n’était pas en âge de consentir. Il y a eu des conséquences pour la jeune fille, mais elle va maintenant mieux. La mère de la victime souhaite que l’accusé comprenne que son comportement était inacceptable », explique Me Saint-Pierre.