Le rodéo d’Ayer’s Cliff a attiré l’attention pour les mauvaises raisons, la fin de semaine dernière.

Une ado amenée à faire de la danse poteau

Le rodéo d’Ayer’s Cliff a attiré l’attention pour les mauvaises raisons, la fin de semaine dernière. Lors d’un concours pour gagner deux trousses de maquillage, l’animateur de la journée a décidé de déterminer la gagnante... par une danse de poteau. Une adolescente de 14 ans a participé à ce concours malgré son malaise.

Une témoin a raconté ce qu’elle a vu à la communauté Facebook Elle n’a pas dit oui, qui dénonce les situations de non-consentement.

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« Deux femmes sont montées sur scène pour participer, ainsi qu’à la dernière minute, une jeune fille d’environ 10 ans [elle en avait 14]. Comme elles étaient trois participantes, l’animateur a demandé ce qu’il pourrait faire pour déterminer qui sera la gagnante. Il a eu l’idée de sortir un poteau et de faire danser les participantes autour. La jeune fille s’apprêtait à quitter, car elle ne voulait visiblement pas. C’est alors qu’il l’a nommé par son prénom et lui a dit : Audrey (nom fictif), tu ne vas pas perdre la face devant tous les spectateurs? C’est juste danser autour d’un poteau. Il y avait des milliers de spectateurs et spectatrices. Elle a pris le poteau et a tourné autour comme l’enfant qu’elle est. C’est alors qu’il lui a montré comment faire de façon sexy en se déhanchant. La jeune fille était visiblement très mal à l’aise », peut-on lire sur la page Facebook d’Elle n’a pas dit oui.

L’organisation n’avait pas approuvé

Jointe par téléphone, l’organisatrice du rodéo, Katrine Lafaille, n’avait pas approuvé ce concours. « L’animateur est engagé par contrat. Ce n’est pas mon employé. On lui avait demandé de faire un jeu dans l’entracte. C’était supposé d’être un jeu avec des cerceaux et ça a fini en pôle dancing. Je n’aurais jamais autorisé ça. Il a décidé qu’il voulait faire ce jeu-là. Je ne suis pas en accord, l’avoir su, on aurait dit non. Je ne sais pas pourquoi ça a viré comme ça », assure-t-elle, ajoutant que ce « clown de rodéo » participe au festival depuis cinq ans.

Pour l’instant, l’organisation ne sait pas si l’animateur sera réengagé l’an prochain. « Ça a été discuté avec lui. L’animation sera encore plus contrôlée, ça, c’est certain. Pour l’instant, on voit si on est obligé d’avoir un animateur. On évalue la situation », commente Mme Lafaille.

En commentaire à la publication d’Elle n’a pas dit oui, l’organisation s’est excusée. « Ce n’est pas quelque chose qu’on approuve. Notre comité est composé de beaucoup de femmes », rappelle la dame.

Mme Lefaille a recontacté La Tribune en fin de journée afin d’ajouter que l’animateur a rencontré les parents de l’adolescente après l’événement et que « tout était OK avec eux » et que les parents connaissaient l’animateur. « Si d’autres gens ont été offusqués par la situation, et bien, il s’en excuse vraiment, ce n’était pas dans ses intentions. »

Festival

À l’aube de la saison des festivals, ce que la jeune fille a vécu n’arrive pas souvent, selon Malilyn Ouellet d’Elle n’a pas dit oui. Les femmes sont plus souvent victimes de harcèlement individuel. « Ce que l’on voit le plus souvent, c’est du harcèlement dans la foule. Par exemple, quelqu’un peut prendre une fesse à une femme ou dire des choses déplacées à propos de son habillement », explique-t-elle.

« Dans les gros festivals à Montréal, ils ont fait des safe spaces. C’est une place sécuritaire. Quand une personne vit une situation de harcèlement, elle peut se présenter là, dénoncer et être en sécurité avec des intervenants qui peuvent l’écouter. C’est la chose qui peut être mise en place », conseille-t-elle.