Guy Lapointe est l’un des voleurs les plus connus au Saguenay-Lac-Saint-Jean. ­­­
Guy Lapointe est l’un des voleurs les plus connus au Saguenay-Lac-Saint-Jean. ­­­

Un voleur libéré une cinquième fois en un an et demi

Le voleur notoire Guy Lapointe, arrêté le 22 juillet dernier pour un crime qu’il aurait commis en novembre 2018, a été libéré en attente de procès par le juge de la Cour du Québec, Jean Hudon.

Malgré l’objection ferme de la Couronne et le fait que le fardeau reposait sur les épaules de la défense, le magistrat a conclu qu’il ne pouvait ordonner la détention du Chicoutimien pour une infraction datant de plus d’un an et demi, alors qu’il semble respecter ses conditions et se tenir tranquille depuis 15 mois.

«Je ne vois pas comment je pourrais dire que, tout à coup, monsieur représente un danger public», a noté le juge. C’est la cinquième fois en un an et demi que l’accusé recouvre sa liberté en attente de procès.

Guy Lapointe est sans doute le voleur le plus prolifique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le quinquagénaire a plus de 200 vols à son actif et possède un casier garni de 90 pages d’antécédents judiciaires. Il a jadis écopé de lourdes peines pour des vols de coffre-fort dans des banques, notamment, et pour des introductions par effraction.

À l’heure actuelle, il est en attente de procès pour 13 dossiers de vols et de non-respect d’engagement.

Le 13 octobre 2018, le client de Me Charles Cantin aurait dérobé des barres électriques dans une quincaillerie d’une valeur de 500$. Le lendemain, il aurait volé deux boîtes de blocs Lego dans une épicerie d’une valeur de 60$. Le 6 novembre, toujours en 2018, il aurait volé un miniprojecteur d’une valeur de 800$ dans un commerce d’électronique. Deux jours plus tard, soit le 8 novembre, il aurait dérobé trois paires de lunettes dans une clinique d’optométrie. Le 13 novembre, il aurait volé cette fois des bouteilles d’alcool dans une SAQ.

Il est également accusé de nombreux non-respect d’engagement, notamment de ne pas avoir respecté son couvre-feu. Lors des vols décrits plus haut, la Couronne détient des preuves vidéo.


« Monsieur a un dossier épais de même et personne n’a fait le lien avant ça? Ses empreintes doivent être dans tous les postes de police. Pourquoi y a-t-il un délai aussi long avant qu’on l’arrête? Pourquoi tout à coup, il devient un danger public et qu’il faut le garder détenu? »
Le juge Jean Hudon

Guy Lapointe a été libéré sous caution à quatre reprises en un an, par quatre juges différents. Il a également été admis en thérapie et il était en attente de procès dans l’ensemble de ses dossiers.

Selon toute vraisemblance, l’homme respecte ses conditions depuis 15 mois, mais il y a quelques jours, soit le 22 juillet, il a été arrêté pour un crime qu’il aurait commis en novembre 2018. Il a été accusé d’introduction par effraction et de vols de narcotiques à la pharmacie Jean-Coutu de la rue Racine de Chicoutimi. Il aurait été trahi par son ADN, découvert sur le tournevis ayant servi à l’introduction par effraction. Cela aura pris plus d’un an et demi avant de faire le lien ADN, ce qui a d’ailleurs fait sourciller le juge, Jean Hudon.

«Monsieur a un dossier épais de même et personne n’a fait le lien avant ça? Ses empreintes doivent être dans tous les postes de police. Pourquoi y a-t-il un délai aussi long avant qu’on l’arrête? Pourquoi tout à coup, il devient un danger public et qu’il faut le garder détenu?», s’est questionné le magistrat.

La défense, représentée par Me Charles Cantin, s’oppose à la preuve ADN, estimant que les empreintes de son client peuvent être sur ledit tournevis pour d’autres raisons. Quoi qu’il en soit, cette question sera débattue en procès à une date ultérieure.

Guy Lapointe a dû être ramené à l’ordre plus d’une fois durant son enquête sur remise en liberté, autant par le magistrat que par les procureurs de la défense et de la Couronne. Guy Lapointe est en effet bien connu comme étant un individu particulièrement bavard. Il coupait d’ailleurs la parole autant à son procureur qu’à celui de la poursuite, Me William Lacombe, pour rectifier des explications. «Ce sera votre tour tantôt», a affirmé le juge Hudon.

L’accusé de 56 ans a assuré, durant son témoignage, qu’il se comportait très bien depuis les 15 derniers mois et qu’il avait réglé ses problèmes de santé et «travaillé sur lui» durant sa thérapie. Sa conjointe a témoigné devant le juge qu’elle était prête à le surveiller, si le juge consentait à le libérer. «Je suis pire qu’un agent de libération», a-t-elle affirmé.

Finalement, après deux heures d’enquête caution, le juge Hudon était prêt à rendre sa décision.

Guy Lapointe a pu quitter le centre de détention de Roberval et attendra son procès en liberté. Il a promis de continuer à respecter ses conditions.