Ruben Dario Meza Lazaro a subi son procès pour l’agression d’un arbitre de soccer.

Un procès pour agression armée au soccer

La frustration d’un joueur de soccer lors d’un match senior récréatif à Sherbrooke, qui aurait lancé un ballon derrière la tête d’un arbitre, prive ce dernier de son gagne-pain depuis maintenant près d’une année.

L’action d’un match de soccer houleux du 26 juin 2017 au parc Bureau de Sherbrooke s’est transportée devant les tribunaux, lundi, au palais de justice de Sherbrooke. « C’est un geste impardonnable, inexcusable, encore moins dans un sport où l’on est là pour s’amuser. On n’y gagne pas des millions. Je perds de l’argent en n’étant pas au travail. Les organisateurs de la ligue, les gens de la Fédération de soccer du Québec et Soccer Estrie ne sont pas présents pour moi », a signalé la victime alléguée dans cette affaire qui touchait 50 $ par match de ce calibre.

Ruben Dario Meza Lazaro a subi son procès pour des voies de fait armées, soit un ballon de soccer, et voies de fait causant des lésions devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec.

Deux joueurs avaient été expulsés en première demie et les joueurs avaient résisté à quitter le terrain.

« Tous les facteurs étaient réunis ce jour-là. Il y avait une certaine animosité. Il y a eu une escalade lors du match envers l’ensemble des joueurs, mais elle était aussi tournée vers moi. Tout le chialage et l’animosité tombaient sur moi. On me traitait d’arbitre vendu et de pas bon dans les estrades » a expliqué l’arbitre qui est devenu la victime du joueur accusé.

À la demie, l’arbitre a rencontré les deux capitaines pour discuter de la situation d’animosité dans l’espoir de calmer les choses. L’arbitre avait ainsi servi un troisième avertissement.

À la reprise du jeu, un joueur déjà expulsé a invectivé l’arbitre à partir des gradins. L’arbitre a alors choisi d’arrêter le match avec 38 minutes à jouer.

« Il y a eu un attroupement autour de moi au centre du terrain. De 10 à 15 joueurs des deux équipes m’ont entouré. Je me suis mis à marcher, puis j’ai reçu un ballon derrière la tête », a relaté l’arbitre victime dans cette affaire.

Ce dernier mentionne qu’il n’a rien vu du lancer qui l’a touché.

« Je suis sorti du terrain en courant. Je cherchais mon téléphone. Je voyais l’agressivité monter. Certains joueurs s’en venaient vers moi. J’allais me faire battre. Le surveillant de parc et son superviseur avaient appelé la police. Je suis resté avec eux avec mon téléphone dans les mains », a témoigné l’arbitre.

La victime alléguée dans cette affaire a expliqué avoir subi des conséquences de ce violent choc à la tête.


« Je me suis retourné et il y avait tellement de mouvement. Je suis sorti en courant. »
La victime présumée

Témoignage en Défense

Ruben Dario Meza Lazaro a témoigné pour sa défense en mentionnant qu’il y joue pour le plaisir.

« Deux de mes joueurs ont été expulsés. Ils étaient agressifs envers l’arbitre », a témoigné l’accusé qui a mentionné avoir été frustré de la situation.

Il a admis avoir sacré envers l’arbitre concernant la situation de match, ce qu’il a considéré comme normal.

L’arbitre avait alors menacé de l’expulser.

L’accusé témoigne avoir ramassé le ballon après le match. Il soutient avoir lancé le ballon en touche en criant « aie » comme avertissement. Il témoigne que l’arbitre se serait protégé du lancer.

« Je ne visais personne. Je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé après les événements. J’ai vu que le ballon l’avait touché, mais pas à la tête. Il continuait à marcher », a expliqué l’accusé.

Meza Lazaro se décrit comme un joueur passionné mais pas agressif.

« Pour moi, c’était juste un ballon de soccer. Il y avait des joueurs de mon équipe autour. Je n’ai jamais visé personne. Je n’avais aucune intention », a répété l’accusé lors de son témoignage.

Il affirme avoir su que l’arbitre avait été blessé seulement après avoir avisé par les enquêteurs du Service de police de Sherbrooke en octobre 2017.

Arrestation

La victime n’a jamais vu l’accusé lancer le ballon vers lui. Ce sont des témoins de l’incident qui l’ont signalé, dont certaines sont venues témoigner lors du procès.

« Je ne peux qualifier la force du lancer, mais c’était dirigé vers l’arbitre. L’arbitre ne se doutait de rien. Il était de dos », a expliqué le témoin Gabriel Gallant-Lemay qui a mentionné que le ballon a été lancé comme une touche de soccer alors que Meza Lazaro était à une vingtaine de mètres de l’arbitre.

« On trouvait que la réaction était exagérée. Ce n’était pas la finale de la Coupe du monde », ajoute un autre témoin de l’incident qui estime la distance entre le joueur qui a lancé le ballon et l’arbitre de six à sept mètres.  

C’est Me Audrey Parizeau de l’aide juridique qui défend l’accusé, alors que Me Isabelle Dorion représente le ministère public.

La juge Fabi a pris la cause en délibéré.

L’arbitre victime entame un procès au civil

Une poursuite civile a été intentée par l’arbitre qui a été victime d’un joueur à l’été 2017 à Sherbrooke.

La victime réclame 112 000 $ à l’accusé, Ruben Dario Meza Lazaro, à Soccer Estrie et à la Fédération de soccer du Québec.

Lors du procès criminel de Meza Lazaro qui se déroulait lundi, la victime alléguée a décrit les conséquences de ce geste sur sa vie personnelle et professionnelle.

L’arbitre s’est retrouvé en arrêt de travail pour une entorse cervicale et la commotion cérébrale causées par ce choc. Il est suivi par divers spécialistes depuis ces événements et n’a pas recommencé à travailler. Il doit aussi prendre de la médication.

« Je n’étais pas capable de me concentrer à mon travail de planificateur financier. J’avais des maux de tête, des nausées, des difficultés de concentration, des douleurs au cou et des étourdissements. La lumière de l’ordinateur me dérangeait », a expliqué la victime.

Après quelques jours, il a consulté un médecin.

« Tout cet événement-là pour une niaiserie. C’est insensé que l’on se rende là. J’ai une rage à l’intérieur. J’ai trois enfants à la maison. Je me sens impuissant que tout ça se produise et que ni la Fédération de soccer du Québec, ni Soccer Estrie ne fassent quelque chose pour m’appuyer. Soccer Estrie n’a pas respecté son propre règlement. Le cas aurait dû être soumis à la Fédération de soccer du Québec étant donné que c’était une agression sur un arbitre. Il n’y a eu aucune sanction contre le joueur. Agresser un arbitre, c’est impardonnable », estime l’arbitre.