Richard Dubé a pris l’initiative d’organiser un sit-in samedi devant les locaux de La Voix de l’Est afin d’inciter la population à s’engager à soutenir le journal, entre autres en s’abonnant, en conservant son abonnement ou en achetant de la publicité.

Un lecteur organise un sit-in en soutien à La Voix de l'Est

Parce qu’il se considère comme un « citoyen engagé » et qu’il est un fidèle lecteur de La Voix de l’Est, le Granbyen Richard Dubé a décidé de son propre chef d’organiser un sit-in ce samedi devant les locaux du quotidien de la rue Dufferin afin d’inciter la population à s’engager à soutenir le journal.

« On voit que tous ceux qui gravitent autour des médias sont sensibilisés. Les élus aussi. Mais je trouvais que, pour une crise aussi importante, la mobilisation citoyenne n’était pas à la hauteur », fait valoir M. Dubé.

Selon lui, les témoignages d’appui n’ont certes pas manqué, après que Groupe Capitales Médias, propriétaire de six journaux régionaux, dont La Voix de l’Est, se soit placé à l’abri de ses créanciers, le 19 août, en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Mais Richard Dubé veut inciter les citoyens à aller un peu plus loin.

Samedi, de 9 h à 16 h, il les invitera ainsi à signer un formulaire qui fera en quelque sorte office d’engagement. « Je m’engage à conserver mon abonnement, à m’abonner, à payer pour avoir accès au journal sur le web, à acheter ma publicité ou à faire partie d’une coop, s’il y a lieu », peut-on lire sur le formulaire qu’il a rédigé.

« Ce n’est pas une pétition. Ce n’est pas un formulaire qu’on signe par sympathie. C’est plus que ça. C’est un engagement ferme et symbolique. Je ne cherche pas à tout prix à avoir un nombre élevé de signatures. Je cherche des gens qui y croient pour envoyer un message clair à de possibles investisseurs », souligne M. Dubé.

Lui-même pourrait être prêt à investir pour devenir membre d’une éventuelle coop qui pourrait être mise sur pied pour assurer l’avenir du journal, avance-t-il.

Initiative

Pour Richard Dubé, il n’est pas question de faire sa démarche par le biais du web. La symbolique est plus forte, estime-t-il, si les citoyens acceptent de se déplacer jusqu’à la rue Dufferin pour signer son formulaire d’engagement.

Lui-même est très attaché au papier. Il a découpé au fil des ans des centaines de copies d’articles portant sur la politique municipale de Granby pour documenter ses interventions régulières aux périodes de questions des séances du conseil municipal, dit-il.

« Égoïstement, ne voulant pas perdre une source d’information essentielle, j’ai décidé spontanément, sans aucune préparation, d’appuyer les gens de La Voix de l’Est en faisant un sit-in », a-t-il d’ailleurs annoncé lors de la dernière séance du conseil, en début de semaine.

Richard Dubé affirme ne s’être fixé aucun objectif pour le nombre de signatures à atteindre. Mais il apprécierait un peu de compagnie, si d’autres citoyens veulent se joindre à lui durant la journée pour lui donner un coup de main dans sa démarche et accueillir d’autres supporteurs attachés au journal.

Au terme de l’exercice, il souhaite par ailleurs remettre des copies des signatures d’engagement obtenues aux députés François Bonnardel et Pierre Breton. Car les chefs de leur parti respectif, également premiers ministres du Québec et du Canada, sont interpellés dans le libellé du formulaire de Richard Dubé. « J’exige que MM. Trudeau et Legault aillent chercher notre dû auprès des GAFA (NDLR : Google, Amazon, Facebook et Apple) », est-il écrit.

Celui qui s’intéresse de près aux questions financières souhaite que les géants du web, qui se sont accaparé une part grandissante des revenus publicitaires au détriment des entreprises de presse, soient taxés. « Mais c’est une autre affaire. C’est un débat en soi », dit-il.