Un homme trouvé sans vie à Milan : la thèse du meurtre confirmée

Un homme de 72 ans de Milan a été victime d’un meurtre au début du mois de juin.

À la suite du retour du rapport préliminaire d’autopsie et d’autres analyses, le coroner affecté au dossier a confirmé que Héliodore Dulac avait été victime d’un homicide.

Le septuagénaire a été retrouvé sans vie dans sa résidence du chemin Yard à Milan dans la MRC du Granit le 3 juin dernier. Le décès était considéré au départ comme une mort suspecte. Des analyses plus poussées ont permis de confirmer la thèse du meurtre.

« Nous ne pouvons pas donner des détails sur les circonstances entourant cet homicide. La seule chose que nous pouvons dire demeure que l’homme a été retrouvé sans vie dans sa résidence », explique la porte-parole de la Sûreté du Québec en Estrie, la sergente Aurélie Guindon.

Toute information concernant cet homicide peut être transmise à la centrale d’informations criminelle de la SQ au 1 800 659-4264 ou à Échec au crime au 1-800-711-1800.

Héliodore Dulac

Cinquième meurtre en sept mois

Habituellement calme en matière d’homicide, l’Estrie en a vécu cinq au cours des sept derniers mois.
Pascal Gagnon, un homme de 49 ans, a été accusé d’un meurtre prémédité commis en décembre. Il aurait abattu son ancien partenaire d’affaires à l’aide d’une arme à feu Érick Lavoie dans le secteur de Rock Forest.

En janvier, Arlène Girard, une dame de 52 ans, a été tuée dans le secteur de Rock Forest. Son fils Tom Néron a été accusé du meurtre.

Le corps de Jean-François Henri a été retrouvé tôt au matin du 19 mars en bordure de la halte du Moulin à Ulverton sur l’autoroute 55.

Jean-François Henri, 41 ans, de Magog a été retrouvé sans vie vers 7 h par un passant. L’homme de 41 ans était connu pour sa feuille de route criminelle. Personne n’a encore été arrêté dans cette affaire.

En mai dernier, c’est un déménageur de Trois-Rivières, François Lefebvre, qui a été tué lors de son passage dans la région. Son corps a été retrouvé dans le parc industriel de Sherbrooke le 17 mai.

Son collègue de travail François Asselin est accusé du meurtre au deuxième degré et d’outrage à un cadavre.

« Il n’aurait jamais fait de mal à une mouche », témoigne son fils

Le meurtre d’Héliodore Dulac, 72 ans, trouvé dans sa résidence du chemin de la Yard, à Milan, le 3 juin vers 18 h, suscite bien des interrogations chez les policiers et la population de ce village de la région de Mégantic.

Héliodore Dulac était un homme pratiquement sans histoire. « C’était un homme ordinaire. Il n’aurait jamais fait de mal à une mouche. Il n’avait pas d’ennemis. Il était à sa place, ne faisait de mal à personne et n’aimait pas faire parler de lui », a transmis son fils Mario, très ému et au bord d’éclater, des mots exprimés au journaliste de La Tribune avec l’aide de sa conjointe, Lise Campeau.

Natif de Saint-Gédéon-de-Beauce, il avait déménagé à Sainte-Thérèse-de-Blainville, près de Boisbriand, où il a travaillé 16 ans à l’usine General Motors. Mais désirant revenir à la campagne, il avait acheté une propriété du rang de la Yard en 1980, où il avait élu domicile. Il avait alors travaillé dans le bois pour plusieurs compagnies forestières, comme débroussailleur, entre autres, et pour une entreprise de plantations de sapins de Noël.

« En état de choc »

« C’était un retraité qu’on appelait familièrement Héli, très réservé, que je voyais régulièrement, mais dont je ne sais pas grand-chose. Il marchait avec une canne, car il avait, je crois, une maladie dégénérative. Je ne comprends pas pourquoi on se serait attaqué à lui aussi sauvagement. C’était une bonne personne qui ne voulait de mal à personne. C’est épouvantable, nous sommes tous en état de choc à Milan », a dit de M. Dulac une femme au service du public et ne voulant pas être identifiée, car tenue au secret professionnel.

Au nouveau Resto du Bon Temps, ouvert récemment au centre du village, les personnes présentes savaient à peu près rien sur la victime. « Il ne sortait pas beaucoup, on le connaissait de vue seulement. On sait qu’il vivait à Saint-Gédéon, quand il était jeune », a dit un homme, résidant de Milan.

Une connaissance, Lucette Morin, passait chez Héliodore Dulac pratiquement chaque année, en tant que bénévole, pour la Contribution volontaire annuelle de la paroisse, la CVA. « Cette année, je n’y suis pas allé, c’est un autre bénévole qui est passé pour la CVA et c’est lui qui l’a trouvé mort dans sa maison. C’est bien pour dire… Je ne le connaissais pas plus que ça, il semblait être un bon gars, bien smatte, c’est incompréhensible ce qui a pu se passer! »  -  Ronald Martel