Pour le spectacle Julie Daraîche et David Bernatchez, la situation est nébuleuse. La réservation de salle a été faite à La Saguenéenne, mais par le même individu que pour les autres spectacles. Voici la publicité qui a été préparée par Le Quotidien à la demande du présumé fraudeur.

Un faux promoteur de spectacles démasqué

EXCLUSIF / Un fraudeur déjà connu des milieux policiers de la province sévirait présentement au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En agissant sous un faux nom, il ferait la promotion de spectacles qui n’existent pas réellement et vendrait des billets via le site Internet Eventbrite.

Les concerts chrétiens de Sébastien Demrey et de Jimmy Lahaie, le 6 octobre, et de Stéphane Quéry, le 12 octobre, à La Pulperie de Chicoutimi, et de Nicola Ciccone, le 1er novembre, à l’auditorium de l’école Charles-Gravel, ne seraient pas fondés. Celui de Julie Daraîche et de David Bernatchez, prévu le 26 octobre, à La Saguenéenne, est nébuleux.

Le directeur général de La Pulperie, Jacques Fortin, confirme qu’aucun spectacle n’est prévu à ces dates dans le grand hall. Pour Nicola Ciccone, une source proche du dossier confirme que l’auditorium de Charles-Gravel n’a pas été réservé pour le 1er novembre. Des démarches « vraiment bizarres » ont par contre été faites. À La Saguenéenne, on confirme que le cabaret a été réservé pour le spectacle de Julie Daraîche et de David Bernatchez, mais sous le nom du présumé fraudeur dont il est question.

Selon nos informations, l’individu en question est un homme, mais utiliserait le nom d’une femme pour sévir. Il a communiqué avec le département de la publicité du Quotidien et du Progrès, au cours des dernières semaines, pour faire la promotion des quatre événements mentionnés plus haut. Cependant, les publications ont toujours été reportées et n’ont pas encore paru dans l’édition papier ni dans les versions numériques.

Quant à Nicola Ciccone, selon les informations obtenues par Le Progrès, il y aurait eu des négociations, mais aucun contrat n’a été signé. L’agence Pierre Gravel International, qui produit habituellement le spectacle, n’a pas voulu commenter le dossier, étant donné qu’une plainte a été déposée à la Sûreté du Québec (SQ). Nous avons choisi de ne pas divulguer l’identité de l’individu ni le nom qu’il utiliserait dans l’attente des suites du dossier. Il n’a pas été possible de faire confirmer par la SQ qu’une plainte avait été reçue.

Au Service de police de Saguenay, aucun signalement n’a encore été fait, mais le corps policier invite les citoyens à le faire s’ils sont touchés par la situation.

En faisant une recherche sur Internet, on peut toutefois acheter des billets pour ces quatre spectacles sur le site Eventbrite, une plateforme de gestion d’événements et de billetterie qui permet de parcourir, de créer et de promouvoir des événements locaux. Selon ce qu’il a été possible de lire, le site Web serait basé aux États-Unis.

Quand il a approché Le Progrès pour les quatre publicités, l’individu a mentionné faire partie du Centre évangélique de Jonquière et agir en son nom. Cependant, le centre dit être au courant des agissements de la personne en question, mais s’en dissocie totalement. « Monsieur est venu à nos assemblées d’avril à juillet », a-t-on cependant confirmé, lorsque questionné à ce sujet. La personne interviewée semblait également être au courant que l’individu agit avec le nom d’une femme.

Pas une première

En décembre dernier, le journal L’Express de Drummondville faisait état d’une situation semblable. L’individu, qui se présentait comme un membre de l’Église vie abondante de Québec, cherchait à promouvoir un spectacle de William Deslauriers à l’auditorium de La Poudrière, prévu le 2 février. Il s’agissait alors d’un faux événement qui n’avait pas été planifié par l’équipe du chanteur. Quant aux publicités, « après avoir procédé à un versement bancaire, le fraudeur a fait annuler le chèque et il a fermé le compte de banque », peut-on lire dans l’article.

Au Quotidien et au Progrès, les publicités ont été préparées, et non publiées, mais aucun paiement n’a encore été fait.

Nous avons fait entendre au journaliste et au représentant de L’Express la conversation que nous avons eue avec l’individu et ils ont affirmé qu’il s’agissait de la même voix.

L’individu en question a déjà écopé d’une peine de quatre mois de prison en lien avec des propos tenus au sujet d’Alexandre Bissonnette et de la tuerie de la Mosquée de Québec. Il est encore sous le coup d’une probation de trois ans qui débutait à la fin de sa peine d’emprisonnement.

Il nie tout

Lors d’un entretien avec Le Progrès, vendredi matin, l’individu en question, utilisant alors la voix d’une femme, a complètement nié les allégations, mais a été sur la défensive pendant les 15 minutes de l’appel. Il a refusé de nous rencontrer en personne pour discuter de la situation.

Il a commencé par nier sa véritable identité. Confronté à plusieurs reprises, il a maintenu sa version en disant que ce n’était « pas de vos affaires ».

« Je ne sais pas du tout qui c’est », a-t-il dit, avant d’ajouter, quelques minutes plus tard, que « ça fait plus de six mois que je n’ai pas entendu parler de lui ».

Selon ses dernières publications sur sa page Facebook, l’individu semble maintenant habiter à Chicoutimi. Sur les vidéos qu’il a publiées au cours des derniers mois, et dans lesquelles on peut le voir et l’entendre, on reconnaît la même voix que lors de notre entretien téléphonique.

Des vérifications faites auprès du propriétaire de l’immeuble où il prétend habiter lorsqu’il négocie ses contrats n’a pas de bail à son nom ou à celui de la femme qu’il affirme être.

Producteurs prudents

Le producteur de Québec Issime, Robert Doré, connaît des gens de l’industrie qui ont déjà été bernés par l’individu. Il invite la population à la prudence quand elle achète des billets sur Internet.

Selon lui, les producteurs ont peur que de faux billets de leurs spectacles soient vendus en ligne. « Il faut que cette situation soit déclarée, parce que ça peut nous arriver », a-t-il mentionné, lors d’un entretien avec Le Progrès.

M. Doré est au fait de la situation dont il est question. Un de ces musiciens se serait déjà « fait faire la passe » par le présumé fraudeur. Des chanteurs de la région auraient aussi été touchés. « C’est vraiment nébuleux. Les artistes se font ‘‘booker’’ et il n’y a rien. »

Quant au spectacle de Nicola Ciccone, il confirme qu’une personne de son entourage a été approchée pour le spectacle à Charles-Gravel, mais que la salle n’est pas réservée.