Au son du violoncelle, la Montréalaise Rose Bouche a introduit sa chanson Je croyais à l’amour, sur laquelle on a découvert son timbre de voix particulier.

Un début prometteur au Festival de la chanson de Granby

C’était soir de première, mercredi, au 51e Festival international de la chanson de Granby. On ne sait jamais à quoi s’attendre dans un concours de chanson, mais la première des quatre demi-finales a offert aux spectateurs un bien beau voyage musical.

Première à casser la glace, la formation manitobaine Jérémie & The Delicious Hounds a rapidement plongé la foule dans une ambiance « lounge » pas piquée des vers. Avec force, percussions et saxophone, le groupe a mis la table avec sa chanson Allez-y.

Jérémie & The Delicious Hounds, c’est quatre musiciens qui entourent l’auteur-compositeur-interprète Jérémie Brémault, dans un mélange de soul, de funk, de reggae et de blues-rock. Leurs deux dernières pièces, Je suis perdu et Pas facile, avaient d’ailleurs une saveur un peu plus rythmée. Une belle gang dynamique.

Au son du violoncelle, la Montréalaise Rose Bouche a ensuite introduit sa chanson Je croyais à l’amour, sur laquelle on a découvert son timbre de voix particulier. Le souffle court dans les premières notes, la jeune femme s’est joliment ressaisie. Elle a ensuite déposé sa guitare pour entonner la douce ballade Auroville, du nom du second EP qu’elle lancera le mois prochain. Les arrangements planants et les chœurs « angéliques » qui accompagnaient ses mots nous ont donné quelques frissons.

Dans un style qui lui colle moins à la peau, Rose Bouche a ensuite changé de registre avec Cocus sont nos coquelicots, sur laquelle elle s’est déchaînée.

Hommage à la vieille chanson française

Oh qu’il a du bagout ce Georges Ouel. Avec son style vieille chanson française, il grasseye joliment en grattant sa guitare. C’est comme si le résidant de Saint-Hyacinthe nous avait pris par la main et emmenés prendre un verre sur une terrasse de Paris.

De Psyché en obsolescence à l’amusante 12 canettes, en passant par Les tomates de la honte, la musique — et surtout les mots — de Ouel ont semblé ravir le public.

Avec son style vieille chanson française, Georges Ouel grasseye joliment en grattant sa guitare.

Pour animer les demi-finales et la grande finale du Festival, on a fait appel pour la première fois à l’excellent conteur Cédric Landry. Avec son accent caractéristique des Îles-de-la-Madeleine, il a promis qu’à la fin de cette intense semaine chez nous, il deviendrait un fier « Madeli-Granbyen ». En sortant à l’occasion de ses cartons, Landry a pu montrer un échantillon de son talent, lui qui roule déjà sa bosse dans la Francophonie depuis un moment.

Au retour de l’entracte, l’intensité s’est invitée dans la salle du Palace, sous forme d’une certaine Félixe de Sherbrooke. Qu’on se le dise, Félixe avec un « e » prend les choses au sérieux. Si sa première pièce, La vérité, n’a rien bousculé, la jeune femme s’est animée en interprétant la très à propos Réveille-moi. Avec 4 heures moins quart, on a pu mieux saisir l’univers de l’auteure-compositeure-interprète.

Petit bémol cependant : quand la musique prend toute la place, la voix en prend parfois pour son rhume… On aurait aimé que Félixe projette la sienne davantage, dans ses chansons comme dans ses interventions.

Le ton a radicalement changé avec l’arrivée sur scène du rappeur de Boucherville Jamil Assoun, mieux connu comme J.A.M. Ce « tripeux d’art » charismatique, tout de jaune vêtu, a frappé dans le mille avec l’engagée La vérité fait mal. Comment peut-il aligner autant de mots en maintenant le rythme, sans perdre haleine? Tout le monde se l’est certainement demandé !

Mettant en musique ses préoccupations et ses plaisirs de gars de 21 ans, J.A.M. a fait craquer l’auditoire au son de Conséquences, puis de Nuit d’été. On soupçonne que même ceux qui ne sont pas friands de rap ont dodeliné de la tête en l’entendant. Chapeau !

Arrivée de Tracadie au Nouveau-Brunswick, la chanteuse Odré a mis un terme de gracieuse façon à ce rendez-vous. Sa composition Seule a su mettre en valeur sa voix et son talent de pianiste.

Invitant le public à claquer des doigts avec elle, Odré a ensuite offert un Babe bien «bluesé», puis Ça joue à deux. Elle a beau être toute jeune, Odré fait montre d’une grande maturité musicale. Ses textes empreints d’émotion sont à la fois intenses, rigolos et un brin naïfs. Intéressant !

Sous la nouvelle direction musicale d’André Papanicolaou et la direction artistique de Robert Bellefeuille, la soirée a été un véritable trésor de diversité. On a déjà hâte à la prochaine demi-finale.

Au Festival aujourd’hui

Au Palace de Granby

19h30 : Demi-finale no 2

- Mélanie Venditti

- Guillaume Aubertin

- Isabelle Hébert

- Double Magnum

- Renelle Ray

- Ray Marcianno