Savvas Kalymialaris respecte les critères lui permettant de retrouver sa liberté en attendant la décision de la Cour d’appel, a statué ce tribunal.
Savvas Kalymialaris respecte les critères lui permettant de retrouver sa liberté en attendant la décision de la Cour d’appel, a statué ce tribunal.

Un agresseur sexuel relâché durant son appel

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Malgré les réticences de la Couronne, la Cour d’appel a accepté de remettre en liberté provisoire un homme de Stanbridge Station, en Montérégie, qui conteste son verdict de culpabilité pour l’agression sexuelle d’une adolescente.

Le plus haut tribunal du Québec a convenu, le 19 mai, de relâcher Savvas Kalymialaris durant sa procédure d’appel. Trois semaines plus tôt, le restaurateur de 42 ans avait été condamné à cinq ans de prison pour les crimes qu’il est réputé avoir commis en 2016 et 2017.

Un jury réuni au palais de justice de Granby l’avait trouvé coupable d’agression sexuelle, d’attouchements et d’incitations à le toucher faites à une mineure alors qu’il était en situation d’autorité.

La loi prévoit qu’un condamné peut retrouver sa liberté s’il répond à trois critères: sa demande d’appel n’est pas futile, il respectera les conditions émises par la cour et sa détention n’est pas nécessaire dans l’intérêt public.

Seul ce dernier critère était contesté par la Couronne, représentée par Me Valérie Simard-Croteau, bien qu’elle juge «faibles» les arguments présentés en appel.

Père de cinq enfants, M. Kalymialaris a respecté toutes les conditions de liberté provisoire émises par la cour, dont celle de ne pas communiquer avec la victime ou ses proches, durant les trois ans qu’ont duré ses procédures judiciaires.

Gravité des crimes

En ce qui concerne le critère d’intérêt public, Me Simard-Croteau a souligné «la gravité des crimes desquels l’appelant n’est plus présumé innocent» ainsi que son intérêt sexuel «de longue date» envers les adolescentes.

Bien que la Cour d’appel reconnaisse que l’agression sexuelle est un crime grave, elle rappelle que les jugements ont «un caractère révisable». Elle n’est pas non plus convaincue de l’intérêt sexuel manifeste de l’appelant envers les adolescentes.

«Je conclus que l’appelant ne présente pas de risques pour la sécurité publique», indique le juge Michel Beaupré.

Quant aux arguments d’appel, tous liés aux directives émises par le juge au jury avant leurs délibérations, il souligne qu’ils semblent effectivement «d’inégales valeurs», mais qu’il ne lui appartient pas, à ce stade-ci, «de décider de façon concluante du bien-fondé des moyens d’appels soulevés».

C’est Me Maxime Hébert Lafontaine qui représente M. Kalymialaris dans la procédure d’appel, qui peut prendre plusieurs mois. Durant sa liberté provisoire, il reste interdit au condamné de quitter le pays, de déménager sans en aviser la cour, d’approcher la victime ou sa famille et de côtoyer des mineurs sans la présence d’un autre adulte.