Un acupuncteur gatinois a été radié cinq ans pour avoir entretenu des relations en dehors du cadre professionnel avec trois de ses patientes

Un acupuncteur gatinois radié pour cinq ans

Un acupuncteur qui pratiquait à Gatineau vient d’écoper d’une radiation de cinq ans pour avoir entretenu des relations en dehors du cadre professionnel avec trois de ses patientes, dont une avec qui il a eu une relation sexuelle complète.

Dans une décision rendue le 28 décembre dernier, le conseil de discipline de l’Ordre des acupuncteurs du Québec (OAQ) se penche sur le dossier de René Veillette, qui pratiquait au 10, rue Lois, dans le secteur Hull. Détenteur d’un permis de l’OAQ depuis 2011, M. Veillette était visé par trois chefs, auxquels il a reconnu sa culpabilité.

Le premier chef concernait une patiente avec laquelle l’acupuncteur a entretenu, entre novembre 2017 et février 2018, « une relation personnelle, intime et sexuelle » par le biais de messages textes et de sorties, le tout culminant avec une relation sexuelle complète.

Après quelques rendez-nous sans aucun lien avec l’acupuncture pendant la période où la patiente était traitée à sa clinique, M. Veillette s’est rendu chez elle pour partager un repas, incluant la consommation d’alcool. C’est ce jour-là qu’a eu lieu la relation sexuelle.

La patiente informe René Veillette dès le lendemain qu’elle « n’a pas apprécié l’événement » et qu’elle avait « trop bu ». Elle relate aussi « avoir éprouvé des douleurs à la suite de cette relation sexuelle », au point où elle a dû consulter un professionnel de la santé. 

Elle a confié au syndic de l’OAQ que M. Veillette « cherchait à la contrôler » et qu’elle éprouve « de la honte et se sent coupable ».

Le deuxième chef concernait une patiente ayant obtenu des traitements d’acupuncture pendant la même période, de novembre 2017 à février 2018. Encore une fois, des messages textes sont échangés. M. Veillette a notamment invité la patiente à recevoir un traitement chez lui. Un souper accompagné d’une bouteille de vin a ensuite eu lieu, soirée au cours de laquelle « des caresses et des baisers » ont été échangés.

Le troisième chef concernait une patiente que M. Veillette avait vue pour la première fois en janvier 2018. Les premiers échanges de messages textes « sont de nature professionnelle et concernent la prise de rendez-vous », mais M. Veillette a fini pour proposer une « sortie-café » à sa patiente. Cette dernière a refusé, en affirmant qu’elle ne se sentait pas à l’aise de « changer la nature de leurs rencontres ».

M. Veillette, qui n’avait aucun antécédent disciplinaire, a fermé sa clinique gatinoise en septembre 2018.

Le conseil de discipline souligne, dans sa décision, que la sanction « doit être significative » pour « décourager ou empêcher les autres membres de la profession de se livrer aux mêmes gestes ». Le conseil note également que les gestes commis « sont abusifs du seul fait que ceux-ci ont été posés alors que les patientes étaient suivies professionnellement par [René Veillette] ».

Un risque de récidive est par ailleurs présent, estime le conseil, car outre la fermeture de sa clinique, M. Veillette n’a fait part d’« aucune autre démarche » pour assurer « que le public est protégé ».

Le conseil a donc imposé trois périodes de radiation temporaire à purger de manière concurrente — deux de cinq ans et une de 18 mois — à M. Veillette, de même que deux amendes de 2500 $.