Le président du comité sur la forêt et maire de Val d’Or Pierre Corbeil serre la main du maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay. Ils sont entourés des maires Jean-Maurice Matte (Senneterre), Benoit Lauzon (Thurso), Marc Asselin (Alma), Roch Audet (Bonaventure), Daniel Bourdon (Mont-Laurier), Luc Gibbons, (Saint-Félicien), Steve Gamache (Chapais), Rénald Bernier (Saint-Pascal), Maurice Plouffe (La Conception).

UMQ: le bois d’œuvre et le caribou forestier au sommet des priorités

La Tuque — Les membres du Comité sur la forêt de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), se sont réunis à La Tuque, mercredi, pour faire le point sur les dossiers prioritaires des communautés forestières. Deux enjeux ont été au cœur des échanges: les négociations entre le Canada et les États-Unis sur le bois d’œuvre et l’élaboration de la Stratégie pour les caribous forestiers et montagnards.

Alors que l’accord Canada – États-Unis sur le bois d’œuvre est échu depuis 2015 et que les négociations entourant une nouvelle entente sont toujours sur la glace, les élus membres du comité de la forêt ont demandé aux chefs des partis politiques de clarifier leurs intentions sur ce dossier, à l’approche de la campagne électorale fédérale.

«Il est impératif de régler, une fois pour toutes, le dossier du bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis. Cette situation n’a que trop duré et le statu quo n’est plus acceptable. […] Ça fait longtemps qu’on en parle et qu’on subit», note le président du Comité sur la forêt de l’UMQ et maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil.

«Les chefs fédéraux doivent expliquer ce qu’ils entendent faire à cet égard, de même que le soutien qu’ils entendent offrir aux entreprises et aux communautés impactées par ce conflit commercial qui affecte l’ensemble de l’économie du Québec», a-t-il ajouté.

Le régime forestier mis en place en 2013 a aussi fait l’objet de discussions. Le Comité sur la forêt va exiger des changements.

«On va demander bien sûr au gouvernement de revoir le régime forestier, pas en entier, mais dans différents secteurs», souligne le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

«L’effet combiné du régime forestier, la hausse du coût de la fibre et de la surtaxe amènent une pression indue sur l’industrie forestière», assure M. Corbeil.

Ce dernier n’est pas sans rappeler que l’industrie forestière est très interdépendante et que si un secteur est menacé, ça peut mettre en péril toute la structure.

«Il faut rappeler aux gens que la forêt, on n’en vit et on y vit aussi. Il y a de la villégiature, de la pêche, de la chasse. C’est un écosystème complexe qui commande des efforts d’harmonisation dans l’usage. Il faut se rendre à l’évidence que dans les régions forestières, on est les premiers concernés. S’il y avait des fermetures à un endroit, on devrait composer avec les conséquences sociales, humaines, familiales... On ne peut pas se permettre de laisser planer des menaces indues sur l’activité humaine dans nos région forestières.»

Caribou forestier et montagnard

Dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie pour les caribous forestiers et montagnards, les différents maires ont réitéré l’importance de concentrer la majeure partie des efforts de protection du caribou sur les éléments-clés de l’habitat en minimisant les impacts socioéconomiques. Les élus martèlent que l’objectif est de trouver un point d’équilibre, avec un impact quasi nul sur les emplois directs et indirects.

«Le défi est grand», avoue M. Corbeil.

«La fermeture d’entreprises, l’annulation de volumes de bois et la fermeture de chemins auraient des impacts majeurs pour l’industrie et les communautés. Il ne faut pas oublier les activités de divertissement, dont les pourvoiries, les droits de chasse et de pêche et les droits d’exploration, ainsi que les travaux sylvicoles, dont le reboisement et la remise en production de territoires qui ont été dévastés par des feux de forêts. La forêt, c’est du multiusage», ajoute-t-il.

À ce sujet, les membres du Comité sur la forêt de l’UMQ feront valoir les intérêts de leurs communautés, au cours des prochains mois, aux groupes opérationnels régionaux, à la Table des partenaires ainsi qu’à la Table locale de gestion intégrée des ressources et du territoire.

Visite chez Rémabec

Les membres du comité sur la forêt ont également profité de leur passage en Haute-Mauricie pour visiter Industries John Lewis, une usine de fabrication de bâtonnets en bois pour l’industrie alimentaire. Une visite et une rencontre avec la direction de Rémabec qui ont permis de constater qu’il y a des similitudes et des particularités à chacune des régions.

«Il y a des dénominateurs communs qui font que notre préoccupation première, ce sont nos gens», affirme le président du Comité sur la forêt de l’UMQ et maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil.

«Il y a un message aussi qui nous vient du groupe Rémabec: bon bois, bonne usine, bon usage. C’est le message que je voudrais laisser à mes confrères», ajoute le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Pénurie de main-d’oeuvre

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, était de passage à La Tuque en début de semaine. Il est venu constater, entre autres, la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur forestier. À cet effet, le Comité sur la forêt soutient qu’il s’agit effectivement d’un autre enjeu.

«C’est une industrie verte et il faut la vendre. On ne devrait pas avoir autant à le justifier», lance le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

«C’est aussi une question d’image. Il faut inverser la vapeur. Il y a eu un grand discours pour démolir la forêt qui a fait craindre les jeunes. Il faut ramener l’image. […] La jeunesse a des missions environnementales et pour l’instant elle pense que la forêt n’est pas bonne pour eux alors que c’est tout le contraire», a souligné Marc Asselin, maire d’Alma.