Kaven Sirois
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Triple meurtre: Kaven Sirois transféré plus tôt que prévu au pénitencier

TROIS-RIVIÈRES — Kaven Sirois, l’un des deux auteurs du triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières, quittera d’ici la fin janvier l’Institut Philippe-Pinel afin de continuer à purger sa sentence dans un pénitencier.

À sa demande, il sera en effet transféré plus tôt que prévu dans un pénitencier. Au départ, il devait demeurer en placement sous garde à Pinel jusqu’au 30 septembre 2020 mais le jeune homme, maintenant âgé de 22 ans, aurait bénéficié à ce jour de tous les services et programmes offerts par l’institut psychiatrique. Un rapport de son psychiatre traitant, le Dr Louis Morissette, recommande d’ailleurs son transfert.

Rappelons que Kaven Sirois avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans pour avoir tué de sang-froid trois jeunes le 11 février 2014 et comploté pour tuer d’autres personnes. Il était mineur à l’époque des meurtres mais avait été assujetti à une peine pour adultes.

En février 2016, le juge Bruno Langelier avait entériné une suggestion commune des avocats dans laquelle le jeune homme de 18 ans devait donc demeurer en garde fermée à l’Institut Philippe-Pinel, et ce, jusqu’au 30 septembre 2020 avant d’être transféré dans un pénitencier. De toute façon, il ne pouvait pas demeurer incarcéré à Pinel au-delà de ses 22 ans en vertu des règles de l’établissement.

Comme l’a précisé son avocat, Me David Guévin de l’aide juridique à Trois-Rivières, sa requête tient compte du fait que «le jeune homme a bien cheminé et évolué sur un plan physique et psychique». Il a notamment terminé son cinquième secondaire, sauf le français. Qui plus est, il lui était devenu plus difficile de cohabiter avec la clientèle de son unité de garde, âgée de 13-14 ans environ. Et ce, c’est sans compter qu’au fil des années, l’alliance thérapeutique avec ses intervenants s’était estompée en raison du roulement de personnel. Toujours selon son avocat, il avait maintenant l’impression de devoir laisser sa place à quelqu’un d’autre. «En fait, il se sentait prêt à aller au pénitencier», a-t-il ajouté.

Depuis novembre, des démarches ont donc été entreprises à ce sujet. Des discussions ont notamment eu lieu avec le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, sur les façons de faire.

C’est cette requête qui a été soumise, mercredi, au juge Bruno Langelier. Me Hippolite Brin a indiqué au tribunal en avoir discuté avec les familles des victimes, présentes dans la salle d’audience. Il n’a fait mention d’aucune opposition à la requête mais il a pris soin de réclamer une interdiction de contact entre Kaven Sirois et son complice, Cédric Bouchard, dans l’éventualité où ils se retrouveraient tous les deux dans le même pénitencier.

Le tribunal a donc ordonné le transfert de Kaven Sirois d’ici le 31 janvier et prononcé une ordonnance empêchant les deux hommes de communiquer et se trouver en présence l’un de l’autre. Notons par ailleurs que Kaven Sirois n’était pas présent au palais de justice de Trois-Rivières, mercredi, ni des membres de sa famille.

Par ailleurs, Kaven Sirois sera admissible à une libération conditionnelle à partir de 2024. Son transfert plus rapide dans un pénitencier n’est pas non plus étranger à cette possibilité, compte tenu de l’analyse qui devra être faite à ce sujet.

Au même titre que son complice Kaven Sirois, Cédric Bouchard s’est vu imposer la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans. Il est pour sa part demeuré détenu dans un centre jeunesse jusqu’en juin 2016 avant d’être envoyé dans un pénitencier pour y purger sa peine.