Thomas Harding

Tragédie de Lac-Mégantic: le recours collectif ne vise plus Tom Harding

Le Farnhamien Thomas Harding, l’opérateur du train ayant déraillé, puis explosé à Lac-Mégantic dans la nuit du 6 juillet 2013, ne sera pas visé par la poursuite civile intentée par les victimes de la tragédie ferroviaire, a appris Radio-Canada Estrie, vendredi.

Selon la société d’État, l’avocat représentant les quelque 5000 demandeurs du recours collectif, Me Daniel Larochelle, a déposé une requête pour faire exclure M. Harding de la procédure au palais de justice de Lac-Mégantic, vendredi après-midi. La Cour devrait rendre sa décision vendredi prochain, rapporte-t-on.

En excluant M. Harding des défendeurs du litige, Me Larochelle compte appeler le mécanicien à titre de témoin lors du procès, qui est prévu l’an prochain, rapporte l’antenne sherbrookoise de Radio-Canada.

Les demandeurs réclament une somme située entre 100 et 200 millions de dollars aux compagnies ferroviaires Montreal Maine & Atlantic Railway (MMA) — désormais connue sous le nom de Central Maine & Quebec Railway (CMQR), après avoir fait faillite et été vendue — et Canadien Pacifique.

Accusé de négligence criminelle causant la mort des 47 victimes de la tragédie, M. Harding avait été acquitté en janvier 2018, tout comme deux de ses anciens collègues de la MMA, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur de l’exploitation Jean Demaître.

En février 2018, Thomas Harding avait par ailleurs reconnu des accusations pénales en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire du Canada « d’avoir omis de serrer les freins à main, de vérifier la résistance au déplacement pour s’assurer que les freins serrés produisaient un effort de freinage suffisant pour immobiliser le matériel en question ». Il avait écopé d’une peine de six mois de détention dans la collectivité et 240 heures de travaux communautaires.

En juin de la même année, soit quelques jours avant de reprendre le travail pour le compte de la CMQR au terme d’un congé de maladie, il avait été congédié sous prétexte que son implication dans la tragédie ferroviaire avait brisé le lien de confiance qui le liait à son employeur.

En janvier dernier, un arbitre du travail avait annulé le congédiement de M. Harding par la CMQR et condamné son ancien employeur à le compenser financièrement. Entre temps, le chef de locomotive a été embauché par la municipalité de Farnham pour un contrat de 20 semaines à son service des travaux publics.