Des sauveteurs et des plongeurs de la Sûreté du Québec ont ratissé la rivière du Loup, mardi, dans la réserve faunique Mastigouche, dans l’espoir de retrouver le corps d’une touriste française qui a sombré sous la glace, dimanche.

Tragédie à Saint-Alexis-des-Monts: la dame est toujours introuvable

SAINT-ALEXIS-DES-MONTS — Avant de sombrer dans la rivière du Loup, la touriste française de 55 ans, qui a perdu la vie avec son garçon de 11 ans, dimanche soir, dans la réserve Mastigouche, à Saint-Alexis-des-Monts, a désespérément tenté d’échapper aux rapides en s’agrippant à sa motoneige. Malgré l’envoi de cordes, elle a disparu sous la glace, sous les yeux de son conjoint et de son autre fils. Son corps n’a toujours pas été retrouvé.

«La mère s’est accrochée à la motoneige et à la petite banquise», explique Raymond Beaudoin, directeur du Service des incendies de Saint-Alexis-des-Monts. «Ils ont essayé de tirer la motoneige. Je pense qu’un travailleur s’est arrêté pour aider. Ils ont attaché des cordages, mais en vain. Ça a lâché et la dame est passée sous la glace.»

Les pompiers n’étaient pas sur les lieux à ce moment-là. Ce sont des témoins qui ont raconté à M. Beaudoin leurs efforts désespérés pour venir en aide à la quinquagénaire. La Sûreté du Québec confirme d’ailleurs que des gens ont tenté de secourir la dame.

À l’arrivée des pompiers, la motoneige était visible, mais aucune trace des deux victimes. «On est arrivé pour un sauvetage, mais finalement, c’était de la recherche. On ne voyait rien. Les deux personnes avaient été emportées», déplore le chef pompier.

Pour le père et son fils survivant, c’était l’horreur totale. «Ce n’était pas vivable. On est humain même si on fait des services d’urgence. C’était émouvant de voir le petit garçon qui venait de perdre son frère et sa mère», confie
M. Beaudoin.

Les pompiers ont vérifié les berges, mais la rivière avait déjà fait son œuvre. 

«On s’est occupé des personnes qui étaient là. C’était la seule chose qu’on pouvait faire.»

Le réseau cellulaire ne fonctionne pas à cet endroit. Les gens impliqués dans cette tragédie ont dû se rendre à la maison la plus proche pour contacter les secours, située à environ un à deux kilomètres de la tragédie.

Rappelons que les plongeurs de la Sûreté du Québec ont retrouvé le corps du garçon, lundi en fin d’avant-midi. Les recherches se sont poursuivies, mardi, pour trouver sa mère. Tôt mardi matin, l’hélicoptère de la Sûreté du Québec a survolé les lieux de la tragédie. 

«L’hélicoptère de la Sûreté du Québec a fait des vols de reconnaissance. Un plongeur était dans l’hélicoptère pour vraiment orienter le travail de recherche au bon endroit», explique la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec.

C’est de ce pont à gauche qu’une motoneige est tombée dans la rivière du Loup. Les garde-fous du pont étaient alors enneigés.

Une bonne portion de la rivière avait commencé à être scrutée par les plongeurs de la Sûreté du Québec, lundi. Le travail s’est poursuivi mardi. «Les plongeurs de la Sûreté du Québec ainsi que des policiers spécialisés en sauvetage travaillent au niveau de la rivière avec une embarcation pneumatique. Les plongeurs vont bien sûr à l’eau en étant attachés.» 

«Avec l’hélicoptère, des endroits de recherche ont été identifiés. On a d’ailleurs élargi notre secteur de recherche. Nous ne sommes pas au même endroit qu’hier [lundi], poursuit la porte-parole. Avec le travail que l’hélicoptère a fait, les plongeurs sur le terrain ont découvert un bassin où il y avait de bonnes profondeurs et où ils vont fouiller et s’attarder.»

Les conditions de travail étaient toutefois difficiles. «Il y a beaucoup de courant, il y a beaucoup de glace, il y a de la glace qui se détache. C’est très périlleux.»

Malgré tous ces efforts, le corps de la motoneigiste n’avait toujours pas été repéré mardi soir.

Pour ce qui est des causes de l’accident, la vitesse n’est pas en cause. Les trois motoneiges se suivaient. Sur la première se trouvait une guide expérimentée, selon ce qu’on a pu apprendre. Les victimes prenaient place sur la deuxième. Le garde-fou du pont était enneigé. La motoneige s’est manifestement retrouvée sur cet amoncellement de neige avant d’être projetée dans la rivière plusieurs mètres plus bas. «L’endroit où ça s’est produit, il y a une courbe à 90 degrés avec un pont à négocier. Ça semble être une fausse manœuvre qui est en cause. La conductrice de la motoneige a perdu le contrôle au moment de négocier le pont, et à ce moment-là, la motoneige s’est retrouvée complètement à l’eau. Il n’est pas question de vitesse ou d’alcool», mentionne la sergente Cossette.

L’hélicoptère de la Sûreté du Québec a survolé les lieux de la tragédie, mardi.