Le chef libéral Philippe Couillard affirme que les 49 supercliniques en service dans la province ont eu un impact positif sur la fréquentation des urgences dans la dernière année. À Sherbrooke, la clinique des médecins d’urgence fonctionne selon ce modèle sur la rue King Est alors que celle du Plateau Marquette (notre photo) est toujours en attente de sa désignation.

Supercliniques: Couillard pointe les médecins

Le premier ministre sortant Philippe Couillard pointe les médecins pour expliquer les lenteurs à mettre en place le réseau de supercliniques imaginé par son ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Il entend même durcir le ton au cours d’un prochain mandat et brandit à nouveau la loi 20 pour obliger les omnipraticiens à se conformer aux exigences de ce modèle d’accès aux soins de première ligne ouvert 12 heures par jour, 7 jours par semaine.

« La solution ne peut pas être de diluer le modèle. La solution ne peut pas être de dire vous ouvrez juste la moitié du temps », a prévenu M. Couillard en table éditoriale à La Tribune, mercredi matin, accompagné de quatre candidats de la région, Guy Madore (Orford), Annie Godbout (Richmond), Robert G. Roy (Mégantic) et Charles Poulin (Saint-François).

« On finance beaucoup la santé au Québec. On a ajouté 6 milliards dans la santé au cours du dernier mandat. La population est en droit d’avoir des résultats, insiste M. Couillard, autant dans la couverture par les médecins de famille, que dans la capacité d’obtenir des consultations en dehors des heures régulières ailleurs qu’à la salle d’urgence, que dans la capacité de s’occuper de nos personnes âgées et nos malades chroniques. »

Rappelons qu’au jour 3 de la campagne électorale, M. Couillard s’est engagé à ouvrir 25 supercliniques supplémentaires dans un prochain mandat. Il y en aurait actuellement 49 en service, sur un premier objectif de 50.

La candidate Annie Godbout et le chef libéral Philippe Couillard.

Déjà un impact

À Sherbrooke, une superclinique a ouvert ses portes dans l’est de la ville il y a presque un an alors que la deuxième, celle du Plateau Marquette sur la rue King Ouest, est toujours sans désignation.

« Je ne peux pas vous dire où va être la 50e! » a lancé M. Couillard en souriant.

« La désignation ne se fait pas automatiquement, reprend-il plus sérieusement. Ce n’est pas parce qu’il existe une clinique avec des médecins dedans que ça va être une superclinique. Il faut qu’ils s’engagent. L’avantage du système — et sans ça ça n’apporte aucune valeur ajoutée —, c’est d’être ouvert 7 jours par semaine, 12 heures par jour. Il faut que les médecins s’engagent à ça. En retour, ils ont des avantages. »

Philippe Couillard assure que les supercliniques en service ont déjà un impact sur le réseau. Il affirme que pour la première fois cette année, le nombre de visites pour des cas légers et moyens-faibles dans les urgences de la province a diminué de 75 000.

Fort de ces résultats, il n’hésite donc pas à brandir la loi 20 pour forcer la collaboration des omnipraticiens. Cette loi prévoit que les médecins de famille se conforment aux normes établies par le ministère en terme de quotas de patients entre autres, sous peine de voir leur rémunération réduite jusqu’à un maximum de 30 %.

« On a accepté de suspendre un article de la loi 20 parce que les médecins nous ont dit qu’ils allaient atteindre les objectifs, rappelle-t-il. On n’a pas annulé la loi, on a suspendu son application et qu’est-ce qu’on a vu après? Alors que le taux d’inscription (à un médecin de famille) augmentait sans arrêt, il s’est mis à plafonner. On s’est donné un nouvel échéancier au 31 décembre et s’ils (les médecins) n’ont pas de bonnes raisons, on va appliquer la loi. »

Frais de déplacement

Par ailleurs, invité à commenter le fait que les frais de déplacement des cadres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ont bondi de presque 50 % depuis la fusion de 2015, comme l’écrivait La Tribune à la fin d’août, M. Couillard s’est montré peu supris. Sa solution?

« Je leur demande d’utiliser davantage les technologies. On peut faire de très bonnes réunions par vidéoconférences. C’est sûr que ça ne remplace pas toujours une réunion en personnes, parfois il faut se voir en personne, mais il y a peut-être moyen de diminuer les déplacements avec les technologies et c’est ce qu’on leur a demandé de faire. »

Le chef libéral convient du même souffle qu’il y a toutefois un équilibre à préserver dans la décentralisation de la gestion quotidienne.

« Personne dans cette campagne électorale remet en question la réforme du Dr Barrette, note-t-il. Personne dit qu’il faut reculer, parce que personne veut d’autres débats de structure. Mais on peut améliorer des choses, notamment l’implication des petits milieux par rapport à ces grands établissements et d’autres éléments de sélection de personnel. Ça, ça se fait bien et c’est ce que Gertrude Bourdon veut faire. »