Nicole Bergeron

Sherbrooke choisit le web pour diffuser ses avis publics

Les avis publics faisant état des demandes de changement de zonage et des dates de consultations publiques, entre autres, seront publiés directement sur le site internet de la Ville de Sherbrooke à partir du 1er novembre. Les élus ont voté pour une forme simplifiée qui, elle, continuera d’être imprimée dans les journaux le mercredi.

La forme succincte des avis publics contiendra une mention à l’effet qu’un avis public a été publié sur le site internet de la Ville de Sherbrooke, l’adresse du site internet de la Ville, l’objet de l’avis, la date de l’événement auquel il se rattache, le ou les sites visés par le projet et les coordonnées de la Division du greffe.

« Si les gens n’ont pas accès à internet, ils pourront communiquer avec le greffe pour obtenir ces documents », précise la greffière Line Chabot.

Les conseillers Pierre Tremblay et Pierre Avard ont inscrit leur dissidence en déplorant entre autres les revenus qu’on retire ainsi aux journaux.

« La Tribune a toujours été là au fil des ans. Au-delà des montants d’argent, on semble oublier la couverture qu’ils nous offrent. C’est un des médias qui n’est pas là tout le temps pour le sensationnalisme. Il y aura une baisse de budget important à La Tribune et on ne publiera l’information qu’une fois alors qu’on la mettait trois fois auparavant. On dit qu’on veut offrir des services aux citoyens. Dans ce cas-ci, ça ne correspond pas du tout à ce que je considère comme un service aux citoyens », dit M. Tremblay.

Selon lui, l’économie générée à la Ville atteindrait 40 000 $. « On a l’air de s’en vanter. Pourtant, depuis l’automne dernier, je propose des millions d’économies dans les organismes paramunicipaux et nous ne sommes même pas capables d’en discuter une fois. Je suis fort déçu. »

Pierre Avard n’est pas contre le modèle parce que les avis publics n’étaient pas toujours faciles à comprendre pour les citoyens. « J’aurais espéré une période de transition. On aurait au moins dû publier deux fois, soit le mercredi et le samedi. Je sais pertinemment pour l’avoir vécu que les gens veulent l’information et pas juste sur une tablette parce qu’ils n’ont pas les moyens d’avoir une tablette. On aurait dû penser à y aller progressivement. »

Pour Nicole Bergeron, il faut retenir l’amélioration de la communication avec les citoyens. « Combien d’entre nous avons entendu que les avis publics étaient du charabia? Continuer à communiquer d’une façon qui n’est pas simple à comprendre, ce n’est pas sain. On ne le fait pas pour une économie d’argent, mais pour mieux communiquer. Nous aurons aussi des publicités sur les plateformes électroniques de La Tribune, qui s’ajoutent à ce que nous avons décidé. »

Pierre Tremblay, qui a eu l’impression de se faire reprendre par Mme Bergeron, a déploré l’intervention de la présidente du conseil. « Je trouve que ça manque de respect pour ceux qui ne sont pas d’accord avec votre position à vous. »

Évelyne Beaudin a appuyé la résolution, mais a précisé que « quand on vise à encourager la participation citoyenne, on ne devrait pas trop regarder à la dépense, d’autant qu’on supporte plusieurs entreprises privées ou sociales. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas supporter des médias locaux ».

Elle ajoute que les messages seront néanmoins plus clairs désormais et propose d’envoyer l’information directement aux portes des gens avec des envois groupés.

Vincent Boutin rapporte que les citoyens demandant des changements de zonage économiseront eux aussi puisque le coût pour un avis public réclamé par la Ville passe de 1000 $ à 250 $. 

Le maire Steve Lussier qualifie cette décision comme une « excellente nouvelle ».