Ses pompes ont pu fausser les résultats de l’ivressomètre, tranche le juge

Un homme de Saguenay accusé de conduite avec les facultés affaiblies a été acquitté, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Les pompes qu’il utilise pour ses problèmes respiratoires ont pu fausser les résultats de l’ivressomètre, puisqu’elles contiennent un médicament à base d’alcool.

L’événement pour lequel l’homme de 40 ans était accusé remonte au 3 décembre 2017. Ce soir-là, celui qui était représenté par le criminaliste Jean-Marc Fradette quitte le party de Noël du bureau de sa conjointe. Il est alors certain de ne pas avoir les capacités affaiblies par l’alcool et prend le volant de son véhicule. Il attire toutefois l’attention des policiers lorsqu’il emprunte un sens unique (la rue Riverin à Chicoutimi) à l’envers. Le véhicule est également mal déneigé.

Les policiers l’interpellent et ne constatent pas de symptômes importants d’ébriété, mais le soumettent à l’ivressomètre en raison d’un doute. L’individu n’arrive pas à souffler dans l’appareil et il est amené au poste. Il est coopératif, certain de n’avoir rien à se reprocher. Entre temps, il inhale une bouffée de sa pompe pour ses problèmes respiratoires. Au poste de police, il échoue l’ivressomètre avec un taux de 123 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang. Il est mis en état d’arrestation. Il se rend à la salle de bain et il inhale une seconde bouffée de sa pompe, se disant stressé par la situation. Le deuxième test est ensuite administré. Il souffle un taux de 108. Les policiers n’ont pas surveillé l’individu concernant l’inhalation de sa pompe, qui est composé d’un médicament comportant de l’éthanol, contenant lui-même de l’alcool, ce qui a été reproché par le juge de la Cour du Québec, Richard P. Daoust, dans son jugement prononcé vendredi. Le temps d’attente nécessaire entre l’inhalation des pompes et le test d’ivressomètre n’a pas été prouvé par la poursuite, a ajouté le magistrat.

«Le tribunal conclut que l’inhalation à deux reprises d’un produit qui contient de l’alcool avant chacun des tests sans preuve d’attente suivant les directives de l’École nationale de police établit que ce vice tend à mettre en doute la fiabilité des résultats», a déclaré le juge Daoust, acquittant donc le client de Me Jean-Marc Fradette des accusations qui pesaient contre lui.