La mère de la petite Miliange, Martine Soucy

Sept ans et demi de prison pour une Gatinoise qui a martyrisé son bébé

Le dernier chapitre d’une histoire judiciaire, qui secoue l’Outaouais depuis 2014, a été écrit vendredi, au palais de justice de Gatineau. Martine Soucie a reçu une sentence de sept ans et demi de pénitencier pour l’homicide involontaire de sa file d’à peine six mois.

La petite Miliange est décédée d’une embolie pulmonaire découlant de la fracture de son fémur droit.

Une forte pression a cassé le plus long os du corps humain, une fracture qui a entraîné un saignement des tissus musculaires. Ce saignement est à l’origine de l’embolie, selon les expertises médico-légales présentées pendant le procès.

Outre le fémur, on compte des côtes et une clavicule cassées. Certaines de ces blessures sont survenues plus tôt dans la trop courte vie de Miliange.

« Seule l’accusée sait précisément comment elle a cassé le fémur », a mentionné la juge Anouk Desaulniers, vendredi.

Martine Soucie est également reconnue coupable de voie de fait grave, puisque le bébé a souffert de lésions cérébrales (moelle épinière et bulbe rachidien).

Elle a été victime du « syndrome du bébé secoué ».

« Il n’y a pas de doute, a dit la juge, que l’enfant pleurait souvent et qu’elle n’aimait pas se faire prendre. »

La mère monoparentale avait 22 ans le jour du décès, constaté le 16 novembre 2014. Elle avait deux autres enfants à ce moment.

La mère, privée de la garde de ses autres enfants, a accouché d’un quatrième bébé, pendant les procédures judiciaires pour homicide, en 2016.

La juge Anouk Desaulniers a laissé entendre qu’il était bien difficile de concevoir que la mère ait accouché de l’enfant, à Ottawa, dans le but de cacher cette naissance aux services sociaux québécois.

La Direction de la protection de la jeunesse en Outaouais a été rapidement avertie par les services hospitaliers ontariens.

Tous les enfants sont de pères différents.

La juge a rappelé que les capacités mentales limitées, le jeune âge de la mère au moment des faits, et sa détresse de mère monoparentale de trois enfants ont pu jouer en sa défaveur, à l’époque.

D’autres facteurs atténuants, comme le manque de ressources financières et son absence d’antécédents judiciaires, ont été retenus par la juge pour ne pas imposer la peine de 12 ans demandée par la Couronne.

« Son apathie, son apparente absence de remords, son évitement devant les défis, ainsi que son identité fragile la poussant à devenir une mère pour combler ses difficultés à tisser des liens (sociaux) », sont autant de facteurs aggravants, qui, accolés au fait de s’en prendre aussi brutalement à une petite personne vulnérable, lui méritent une peine de sept ans et demi.

De nombreuses sentences entérinées par les cours d’appel du Québec et de l’Ontario attribuent des sentences semblables, pour des cas similaires, a rappelé la magistrate.

Pour une personne sans antécédent, une peine de sept ans et demi se retrouve « en haut de la fourchette » des sentences pour un tel crime, a fait remarquer la juge.

La jeune femme avait été reconnue coupable d'homicide involontaire de son enfant en avril dernier au Palais de justice de Gatineau.