Andréanne Larouche, députée bloquiste de Shefford
Andréanne Larouche, députée bloquiste de Shefford

Sauver les fonds de pension : «une préoccupation importante», dit Andréanne Larouche

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
L’incertitude économique entraînée par la pandémie de la COVID-19 fait en sorte qu’il faut plus que jamais conserver les acquis des travailleurs et des retraités. En ce sens, le Bloc québécois a déposé cette semaine un projet de loi visant à protéger les fonds de pension des travailleurs en cas de faillite d’entreprise.

Un projet de loi similaire avait été déposé il y a trois ans par la députée Marilène Gill, mais n’a pu être débattu ou adopté en raison des élections. C’est pourquoi le parti revient à la charge, indique Andréanne Larouche, députée bloquiste de Shefford.

«Je m’en faisais déjà parler pendant ma campagne électorale. C’est une préoccupation importante des groupes d’ainés, souligne l’élue. On a beau avoir un supplément de revenu garanti et le régime de sécurité de vieillesse, quand on se fait amputer une partie de son fonds de pension tout près de la retraite ou après l’avoir prise, ça peut être difficile de budgéter une telle perte.»

Des milliers de travailleurs et des retraités souffrent aujourd’hui de l’amputation imprévue de leur fonds de pension, et ce, bien avant la pandémie. On pense entre autres aux travailleurs de Sears, de Groupe Capitales Médias incluant les retraités de La Voix de l’Est, et de Papiers White Birch, qui ont dû composer avec une coupure importante de leur rente à la suite de la terminaison de leur régime de retraite à prestations déterminées.

Le projet de loi vise à faire des travailleurs et des retraités les créanciers prioritaires d’une entreprise faisant faillite, forçant celle-ci à honorer ses engagements envers eux avant que ses actifs ne soient liquidés envers d’autres débiteurs.

«Qu’est-ce qu’un fonds de retraite, sinon du salaire différé issu d’une entente entre des travailleurs et une entreprise? Si, malgré cela, celle-ci décide de rompre ce contrat et d’éponger ses dettes en touchant cet argent, comment y voir autre chose que du vol ? Comment, en tant que parlementaires élus par ces mêmes travailleurs, pouvons-nous laisser aller une telle injustice ? C’est un véritable scandale qui brise des vies», estime la députée.

«C’est un premier pas vers la sécurité financière que nous devons aux travailleurs de chez nous. Imaginez un instant que votre oncle, votre mère ou votre frère, qui ont cotisé toute leur vie, voient disparaître leurs fonds de pension aux mains de leur employeur en faillite. Imaginez un instant le désespoir ressenti. En cas de faillite d’entreprise, c’est simple : le vrai monde doit passer avant les banques et les municipalités à titre de premier créancier», poursuit la députée de Shefford.

Protéger les acquis

Mme Larouche mentionne qu’en raison du ralentissement économique provoqué par la pandémie et les restrictions sanitaires, plusieurs autres fonds de retraite à prestations déterminées pourraient fondre, privant leurs bénéficiaires actuels et éventuels de rentes pourtant promises.

«On veut protéger les acquis des travailleurs, dit-elle. Plusieurs entreprises ont fait faillite ou pourraient faire faillite au cours des prochains mois et des prochaines années. Ce n’est pas terminé.»

La députée souhaite que le projet de loi déposé cette semaine soit adopté rapidement par la Chambre des communes et que son étude se fasse en collaboration avec tous les partis. Ce projet de loi s’accompagne d’une demande du Bloc québécois de bonifier la prestation de la sécurité de la vieillesse de même que le supplément de revenu garanti pour les aînés.

«Les gens vivent de plus en plus longtemps, donc ils ont besoin de plus d’argent pour vivre confortablement, rappelle Mme Larouche. Les aînés ont plus que le droit de survivre, ils ont le droit de vivre un peu aussi.»

«Quand tu prépares ta retraite en fonction de la rente qui t’est promise, un changement aussi important peut avoir un grand impact, ajoute-t-elle. Il y a des aînés qui épuisent leurs économies jusqu’au dernier sou simplement pour payer leur loyer.»

D’autres pourraient être forcés de repousser leur retraite ou de retourner sur le marché du travail pour arrondir les fins de mois, renchérit-elle. «C’est une insécurité qu’on ne devrait pas avoir à vivre après avoir travaillé toute sa vie», dit l’élue.