Saguenay donnera 300 000$ de moins au Spectacle aérien de Bagotville

Après le Grand prix cycliste, Saguenay met la hache dans le Spectacle aérien international de Bagotville (SAIB). L’événement, qui a attiré une foule record de 143 000 personnes en 2019, ne pourra pas compter sur l’aide de 300 000 $ de la ville. Une aide qui permet, depuis 2013, d’offrir gratuitement le spectacle à tous les visiteurs.

Saguenay continuera toutefois d’assurer le service de navettes d’autobus et de sécurité dans les rues de la ville, ce qui représente près de 150 000 $ en ressources humaines et matérielles.

« Je n’appelle pas ça une coupe. Car une aide financière n’est jamais récurrente. On a fait une grille d’analyse et l’événement n’a pas besoin de notre soutien. Ils ont atteint la capacité maximale du site l’an dernier », rappelle Marc Bouchard, en parlant de l’achalandage record de 2019.

L’accès au spectacle aérien devrait être payant en 2021. Michel Aubin, directeur général du SAIB, et le commandant de la base, le colonel Normand Gagné, ne peuvent toutefois confirmer un montant précis.

Les organisateurs du SAIB confirment que l’événement se tiendra tout de même en 2021, mais la formule gratuite deviendra chose du passé. Et peut-être aussi les foules monstres qui prennent d’assaut les lieux depuis 2013, année du 175e et du début de la gratuité.

« Quand on regarde les statistiques, on voit un bond de géant en terme d’achalandage depuis 2013. Les années où l’événement était payant, on enregistrait des foules d’environ 30 000 personnes. On a rapidement doublé avec la gratuité et il faut le dire, l’an dernier, c’était une année particulière. La gratuité, ça amène les familles. Lorsque c’est payant, on attire davantage les fanatiques », constate Michel Aubin, le directeur général du SAIB.

La fin de cette enveloppe ne changera rien au spectacle, qui nécessite un budget de 1,8 million $. Une diminution de l’achalandage aura cependant des conséquences sur les retombées économiques. Selon des estimations très prudentes, les retombées du SAIB 2019 dépassent les 10 millions $. Plus de 55 000 spectateurs provenaient de l’extérieur de la région.

« S’il y a moins de monde, c’est moins de retombées. Mais pour nous, ça ne change rien à la tenue du spectacle, qu’il y ait 30 000 ou 100 000 personnes », ajoute M. Aubin.

Commandant de la base depuis cet été, le Colonel Normand Gagné refuse de blâmer la Ville pour cette décision et se considère même chanceux d’avoir pu compter, dans le passé, sur cette aide financière.

« La Ville fait des coupes et je comprends que ça doit se faire. Que notre spectacle soit plus petit ou plus gros (en terme d’achalandage), ça ne change rien pour nous. C’est le même travail et nous n’avons pas de but de faire de l’argent. Il faut par contre que notre événement ne coûte rien. Il faut donc regarder et analyser comment on va y arriver, notamment avec la possibilité de faire payer le spectateur », répond le commandant, qui souhaite visiblement garder de bons liens avec la Ville.

Lorsque le spectacle engendre des surplus, tout l’argent est remis au programme Bien-être et moral des Forces canadiennes, un programme qui vient en aide aux proches des militaires qui sont en déploiement.