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La greffe de rein qu’attend avec impatience Marie-Claude Camirand a de nouveau été reportée indéfiniment, ce qui la force à garder sa vie professionnelle sur pause.
La greffe de rein qu’attend avec impatience Marie-Claude Camirand a de nouveau été reportée indéfiniment, ce qui la force à garder sa vie professionnelle sur pause.

Sa greffe encore reportée: «Je ne vois pas la lumière au bout du tunnel»

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — «J’ai l’impression d’être dans quelque chose qui ne finit jamais. Je ne vois pas la lumière au bout du tunnel.» C’est dans ces mots que l’ancienne conseillère municipale trifluvienne Marie-Claude Camirand résume la situation qu’elle vit, alors que sa greffe de rein a été reportée aux calendes grecques, pour une deuxième fois en moins d’un an.

Pourtant, elle arrivait, cette lumière. Le donneur, un ami, était trouvé, et pour Mme Camirand l’obtention d’une date pour subir l’opération tant attendue arrivait. Il a malheureusement fallu que le ministre de la Santé, Christian Dubé, annonce le 6 janvier que les greffes de rein sont de nouveau suspendues, en raison du nombre élevé de cas de COVID-19 dans la province.

Or, selon Mme Camirand, le temps presse. Chaque jour qui passe avant qu’elle puisse avoir son nouveau rein augmente les risques de complication, voire que la greffe ne prenne pas. L’attente risque également de diminuer son espérance de vie. Sans compter que si son donneur est en état de lui donner son rein maintenant, ce ne sera peut-être pas le cas indéfiniment.

«Mon donneur est là en ce moment, mais si on attend, est-ce que ce sera encore possible dans des semaines, des mois? Est-ce qu’il va attraper la COVID? Est-ce qu’il va tomber malade ou avoir un accident? On ne le sait pas. C’est stressant, on a l’impression d’être au bord d’un précipice», s’inquiète-t-elle.

Cinq dialyses par jour

L’attente de sa greffe force également Mme Camirand à mettre sa vie sur pause, puisqu’elle doit faire de la dialyse cinq fois par jour. Elle peut heureusement le faire depuis chez elle au lieu d’aller à l’hôpital, ce qui entraîne moins d’inconvénients. Elle doit tout de même vivre avec les effets secondaires que cela entraîne.

«J’ai des troubles digestifs, des maux de tête et beaucoup de fatigue. Il y a aussi une panoplie de médicaments qui viennent avec: je prends 25 comprimés par jour», mentionne-t-elle.

Parmi les projets qu’elle doit mettre sur pause, il y a un éventuel retour à la politique municipale. Celle qui a été conseillère pendant deux mandats ne cache pas qu’elle garde un intérêt pour ce domaine. Mais tant qu’elle ne sera pas en meilleure santé, un retour au conseil municipal est hors de question.

«Je ne peux même pas me permettre d’y penser. Je sais que je veux faire cette réflexion-là, mais je n’ai même pas l’énergie de l’entamer en ce moment. S’il devait y avoir des élections le mois prochain, c’est sûr que je ne pourrais pas me présenter», souligne-t-elle.

La vie dure pour les politiciens municipaux?

À savoir si cette «réflexion» ne serait qu’une formalité, avec une réponse déjà trouvée, Mme Camirand répond par la négative. Demeurée attentive aux hauts et aux bas de la scène municipale, l’ancienne conseillère estime que les membres du conseil municipal l’ont beaucoup moins facile aujourd’hui.

«Dans les quatre dernières années, j’ai trouvé ça ‘‘rough’’ pour ceux qui sont là. Plus le temps passe, plus c’est difficile de naviguer en politique municipale. Je trouve que dans le dernier mandat, ils (les conseillers) ne l’ont pas eu facile. Dès qu’une décision se prend, il y a une coalition de gens qui vont s’y opposer, quitte à insulter les élus. Ils ont plus de tribunes qu’avant, j’ai l’impression», mentionne Mme Camirand, qui reconnaît avoir reçu son lot d’insultes et de messages hargneux par texto ou par messagerie privée alors qu’elle était conseillère du district Chavigny, de 2009 à 2017.

Ce facteur pèserait donc lourd dans la balance avant qu’elle décide de retourner au conseil municipal.

«Je sais que j’ai encore la passion de développer des secteurs à Trois-Rivières, mais de là à dire ‘‘oui, j’ai envie d’y retourner’’, je ne le sais pas encore», confirme-t-elle.