Pour une troisième fois ce mois-ci, des poissons morts ont été retrouvés au confluent de la rivière des Outaouais et de la rivière du Lièvre.

Rivière des Outaouais: encore des centaines de poissons morts

Des centaines de poissons morts ont encore une fois été retrouvés aux abords de la rivière des Outaouais, depuis le début de la semaine.

Il s’agit du troisième épisode du genre depuis le début de l’été. Chaque fois, des poissons de plusieurs espèces différentes ont été retrouvés sur la rive, soit de la rivière du Lièvre ou de la rivière des Outaouais, à l’est de l’endroit où la Lièvre coule dans la rivière des Outaouais.

La directrice des sciences et des politiques de Garde-Rivière des Outaouais, Larissa Holman, a indiqué au Droit s’être rendue sur les lieux lundi et avoir constaté la présence de dizaines de poissons morts d’espèces différentes dans le secteur de Masson-Angers.

« C’est encore une mauvaise nouvelle, se désole Mme Holman. Trois épisodes de poissons morts dans la même région, c’est vraiment trop. Dès que nous avons reçu l’appel lundi matin, nous avons contacté les autorités et nous nous sommes déplacés sur les lieux. Sur place, on a pris des photos et des échantillons de l’eau pour mieux comprendre la qualité de l’eau à ce moment-là. »

Ce qui est inquiétant, selon elle, « c’est que ce ne sont pas une ou deux espèces, mais bien plusieurs espèces différentes qui sont touchées chaque fois ».

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Selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), plus d’un millier de poissons ont cette fois été retrouvés aux abords de la rivière du Lièvre. Une équipe du ministère s’est d’ailleurs rendue sur les lieux après le signalement de Garde-Rivière des Outaouais.

Des biologistes du ministère de l’Environnement du Canada ont également été dépêchés sur les lieux pour prélever de nouveaux échantillons d’eau et tenter de découvrir la cause de cette mortalité de poissons.

« Environnement et Changement climatique Canada continuera de travailler en collaboration avec les autorités provinciales de l’Ontario et du Québec, avec des ONG et des groupes d’intérêt afin de recueillir le plus d’information possible pour déterminer si des infractions à la loi ont été commises », indique par courriel Veronica Petrò, porte-parole du ministère fédéral.

Après le premier épisode, le 9 juillet, une analyse a été conduite sur la carcasse de dizaines de poissons au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, ce qui avait permis d’éliminer la thèse d’une maladie infectieuse pour expliquer la mort subite d’un aussi grand nombre d’animaux aquatiques.

D’autres carcasses et échantillons ont été transmis au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages lundi, affirme le MFFP.

« Nous n’avons pas obtenu le rapport final de la deuxième analyse, mais l’hypothèse de l’intoxication est soupçonnée, à l’instar des deux premiers épisodes », indique un porte-parole du MFFP, dans un courriel.

Cause inconnue

Par ailleurs, la cause de ce troisième épisode de mortalité de la faune aquatique dans le secteur demeure inconnue, selon le MFFP.

« On veut vraiment que la cause soit trouvée et que ça arrête, indique Mme Holman. On veut savoir pourquoi ça se produit et ce qu’on doit faire pour que la situation cesse. On veut que les autorités partagent ces informations avec nous pour qu’on puisse mettre un terme à tout ça. »

Questionnée à savoir si les citoyens devaient s’attendre à revivre un quatrième épisode du genre, Mme Holman soutient qu’elle n’en a « aucune idée ».

« Les trois épisodes qu’on a vécus étaient tous des surprises, dit-elle. Tant qu’on ne connaît pas la cause de ces vagues de poissons morts, c’est difficile de prédire si la situation va se reproduire. »

Quant à un possible impact de ces vagues de poissons morts sur la santé humaine, la porte-parole de Garde-Rivière des Outaouais souligne qu’aucun avis provenant du ministère n’a été reçu à ce sujet pour le moment.

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Trois événements inexpliqués :

9 juillet 

Une première vague de poissons morts a lieu dans la région de l’Outaouais. Plusieurs centaines carcasses et animaux aquatiques décédés sont observés aux abords de la rivière des Outaouais. Des équipes du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs (MFFP) ont été dépêchées au sud-ouest du site des Traversiers Bourbonnais, dans le secteur de Masson-Angers, ainsi que sur le rivage de la rivière du Lièvre. Un scénario semblable avait également été observé sur la rive ontarienne, à Rockland. Bien que la cause soit inconnue, l’hypothèse d’un déversement se veut la plus plausible.

20 juillet 

Une centaine de poissons morts sont découverts en bordure de la rivière du Lièvre. Il s’agit d’une deuxième vague de poissons morts dans la région en moins de deux semaines. Selon le MFFP, il s’agit d’un « événement subit et circonstanciel ».

29 juillet 

En l’espace d’un mois, une troisième vague de poissons morts survient en Outaouais. Tout comme lors de l’épisode du 20 juillet, les carcasses sont découvertes aux abords de la rivière du Lièvre. Cependant, le MFFP parle cette fois-ci de plus d’un millier de poissons morts qui ont été observés. La cause de troisième épisode demeure inconnue, mais le MFFP soupçonne une intoxication.